La VAE, enjeux partagés

Le 25 octobre, pendant la semaine des dix ans de la VAE, la Direccte organisait au cinéma le Gaumont une table ronde sur le thème « La validation des acquis et de l’expérience en entreprise : un intérêt partagé, une convergence des enjeux ».

Philippe Bailly, chef de service, Michel Boufflers, bénéficiaire VAE, et Nicolas Bordet, directeur du travail protégé et adapté Epsoms Nicolas- Roussel & Georges-Couthon.
Philippe Bailly, chef de service, Michel Boufflers, bénéficiaire VAE, et Nicolas Bordet, directeur du travail protégé et adapté Epsoms Nicolas- Roussel & Georges-Couthon.

 

Philippe Bailly, chef de service, Michel Boufflers, bénéficiaire VAE, et Nicolas Bordet, directeur du travail protégé et adapté Epsoms Nicolas- Roussel & Georges-Couthon.
Philippe Bailly, chef de service, Michel Boufflers, bénéficiaire VAE, et Nicolas Bordet, directeur du travail protégé et adapté Epsoms Nicolas- Roussel & Georges-Couthon.

La VAE ou validation des acquis de l’expérience permet d’obtenir la totalité d’un diplôme, d’un titre à finalité professionnelle ou d’un certificat de qualification professionnelle à partir des seules expériences professionnelles et extraprofessionnelles. Un dispositif institué par la loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002. Son principe est inscrit dans le code du travail et le code de l’éducation comme « un droit individuel à la reconnaissance de l’expérience ». La loi établit que l’expérience acquise tout au long de la vie professionnelle et extraprofessionnelle possède la même valeur que la formation et reconnaît que les savoirs et les compétences peuvent s’obtenir autrement que par la voie traditionnelle des systèmes d’enseignement. « La loi ouvre l’accès par la VAE à tous les types de certification professionnelle : diplômes, titres à finalité professionnelle délivrés par l’Etat, diplômes ou titres professionnels délivrés par le réseau consulaire ou par les organismes privés et certificats de qualification des branches professionnelles (CQP). Une seule condition : justifier d’une expérience professionnelle cumulée d’au moins trois ans en rapport avec le diplôme ou le titre visé », détaillait en introduction Thibaut Vilbert, inspecteur du travail chargé de mission politique du titre et VAE à la Direccte, qui fusionne depuis le 15 février 2010 les services des DDTEFP, de la DRTEFP, de la DRCCRF, de la DRCE, de la DRT, de la DRCA et des services de métrologie et du développement industriel de la Drire.

Intérêt partagé
En résumé, la VAE est un droit pour tous, doté de dix années de réussite et d’une forte coopération autour de lui. En Picardie, 70 % des diplômes obtenus par VAE concernent le secteur sanitaire. Pour développer ce dispositif, le conseil régional a mis en place 60 points relais Conseil au sein de Pôle emploi, des CIO ou des Missions locales. Lors de l’événement au Gaumont, les membres de la Direccte ont même diffusé un film retraçant le parcours de candidats à la VAE et les témoignages d’entreprises picardes qui ont ensuite participé à une table ronde. Il s’agissait de RS Components de Beauvais dans l’Oise et de l’entreprise adaptée Epsoms Georges-Couthon à Amiens. Ses représentants ont bien compris que dans le contexte économique actuel, la VAE permet la reconnaissance de l’expérience acquise par le salarié. « Ce dispositif favorise réellement la mobilité et la promotion internes, mais aussi la sauvegarde des compétences au sein de l’entreprise et un dialogue social de qualité », argumentait Nicolas Bordet, directeur du pôle travail adapté de l’Epsoms Georges-Couthon. De son côté, René Desselles, salarié chez RS, société de fournitures par correspondance, revenait sur son projet en tant que candidat à la VAE : « Je vise une licence pro dans le but de me mettre au niveau de mes compétences. Pour moi, l’estime de soi et la valorisation personnelle sont les objectifs principaux que je vise. Nullement l’appât du gain. » Face à lui, Michel Boufflers, bénéficiaire de la VAE fraîchement diplômé, a ému l’ensemble de l’auditoire en racontant son parcours et surtout la fierté qu’il en retire : « J’invite tout le monde à se lancer. Je n’aurais pas cru y arriver. Mais, accompagné par mes moniteurs, je me suis rendu compte qu’il ne faut jamais baisser les bras et qu’on a plus de capacités qu’on ne pense. C’était un rêve pour moi de recevoir ce diplôme, le premier de ma vie ! »