La femme au sein de l’entreprise, la lente évolution

A l’occasion de la 9ème Semaine pour la qualité de vie au travail, l’Aract a organisé une rencontre autour de l’égalité professionnelle entre hommes et femmes. Même si cette problématique fait partie d’un objectif en entreprise, le sujet intéresse peu.

Un récapitulatif de la situation au niveau national et au niveau régional a été présenté.
Un récapitulatif de la situation au niveau national et au niveau régional a été présenté.

 

Un récapitulatif de la situation au niveau national et au niveau régional a été présenté.
Un récapitulatif de la situation au niveau national et au niveau régional a été présenté.

Si aujourd’hui un ministère est entièrement dédié à la cause des femmes, le sujet touchant à l’égalité professionnelle ne semble toujours pas mobiliser les foules. A l’heure des révolutions technologiques ou encore de la prise en compte de la pénibilité, la différence de traitement, de salaire et même d’accès à l’emploi entre hommes et femmes reste obstinément ancré dans le paysage… Parce qu’« on y peut rien ».
Autour de Nadia Castain, déléguée régionale aux droits des femmes et à l’égalité (DRDFE) en Picardie, Elise Effantin, chargée de mission à l’Aract, et Laurence Théry, présidente de l’Aract, un récapitulatif de la situation au niveau national et au niveau régional a été présenté.

Mixité, parité, égalité
Souvent interchangeables, mixité, parité et égalité ne désignent pourtant pas les mêmes problématiques. La première évoque la présence d’hommes et de femmes mais également la mise en avant de différentes populations au sein de l’entreprise. La parité n’évalue que le nombre, pas la répartition des tâches entre hommes et femmes. Enfin, l’égalité professionnelle se concentre sur l’égalité de traitement entre les sexes sur des sujets comme l’accès à l’emploi, à la formation…
Développée dans les années soixante, la mixité des emplois a beaucoup évolué. Il n’est plus rare de voir une conductrice de bus ou un homme sage-femme. Si le degré de mixité devient très variable selon le secteur d’activité, la distribution des tâches est encore, elle, très sexuée. Une femme travaillant au sein d’un bureau d’études, par exemple, est plus susceptible d’être chargée des dessins industriels que des visites de chantiers.
Si la pénibilité au travail est un vecteur de plus en plus pris en compte, les conditions, et donc les sources de pénibilité, sont très différentes entre les hommes et les femmes. Par exemple, en 2010, les femmes (+162,5) ont été plus touchées par les troubles musculo- squelettiques (TMS) que les hommes (+73,1). Les femmes occupant majoritairement des emplois dits de bureau (une femme sur deux est employée) souffrent également de l’invisibilité de cette pénibilité.

La Picardie en chiffres
Si la situation sur un plan national n’est pas brillante, elle l’est encore moins au niveau régional. En Picardie, une femme a, par exemple, 40 fois moins de chance qu’un homme d’atteindre un poste de cadre, alors que la population féminine représente 46 % des actifs dans la région.
Autre phénomène, les Picardes se concentrent sur dix familles de métiers (sur 87 existantes), moins rémunératrices que la moyenne. Elles sont par exemple 96 % à occuper un emploi dans le secteur des services (service à la personne, industrie textile, habillement, coiffure, esthétique…). Selon l’Insee Picardie, près de 93 600 femmes (contre 25 000 hommes) occupent des emplois à temps partiel avec des contrats de type «qualification» ou «emploi solidarité» et sont deux fois plus souvent titulaires d’un CDD. Ces situations précaires rejaillissent obligatoirement sur les salaires. En 2010, 27 % des salariées ont perçu un revenu mensuel inférieur à 794 euros contre 15 % chez les hommes. Concernant les différences de salaire, on estime qu’à situation égale, le salaire horaire net d’une femme est un euro plus bas, quel que soit le secteur d’activité ou le poste occupé. Seul, l’écart de salaire «global» en Picardie (17 %) est inférieur à la moyenne nationale (27 %).