Decelect raccorde la télécommunication

Decelect est une entreprise du Soissonnais, installée à Crouy dans l’ancienne friche Jacob Delafon réaménagée en hôtel d’entreprises. Decelect, qui emploie 35 salariés sur place, est le spécialiste français des composants et des raccordements électroniques et de télécommunication. L’entreprise s’est lancée sur un marché d’avenir : la conception et la fabrication complète de data centers.

Philippe Bonduelle, le président de Decelect, présente un coffret de communication domestique.
Philippe Bonduelle, le président de Decelect, présente un coffret de communication domestique.

 

Philippe Bonduelle, le président de Decelect, présente un coffret de communication domestique.
Philippe Bonduelle, le président de Decelect, présente un coffret de communication domestique.

Decelect signifie décolletage pour l’électronique. L’entreprise est née à Paris en 1969. Elle s’est installée dans le Soissonnais, à Rozet-Saint-Albin, en 1980. Seize ans plus tard, la société Decelect s’est recentrée sur son activité de conceptrice et de fabricante de composants (connecteurs et cordons).
Son président actuel, Philippe Bonduelle, est entré dans l’entreprise en 1984. Il y fut, à ses débuts, employé au bureau d’études. Il racheta Deselect en 1998 en un temps où elle périclitait.
« Nous avons réorienté la société sur les composants SVDI (sécurité, voix, données, images) les connecteurs et les cordons », explique-t-il. Depuis 1998, Decelect a multiplié le chiffre d’affaires de sa réorientation par trois et ses effectifs par deux. Et s’il est bien un objet très présent dans tous les foyers français, c’est bien la prise de téléphone de France Telecom. Peu de Picards savent que cette prise, qui passe pour un objet quotidien sans grande importante, est fabriquée en très grand nombre par l’entreprise Decelect. C’est une production de quelque 800 000 exemplaires par an.
Decelect s’est installée dans ses locaux neufs de la zone d’activité Jacob Delafon restaurée (aux frontières de Soissons et de Crouy) voici quatre ans. Elle y emploie 35 salariés sur 1 600 m² d’ateliers et de bureaux, dont un bureau d’études et un atelier de fibres optiques. L’entreprise possède de plus à Rozet-Saint-Albin (non loin de Neuilly-Saint- Front) un centre logistique de 2 500 m² qui emploie 8 personnes.

Des coffrets de communication
Que fait à Crouy, sur le parc des entreprises, Decelect qui a réalisé l’an passé 8 M€ de chiffres d’affaires ? De l’injection de plastique avec des presses de 35 à 90 tonnes, de la découpe (contacts), de l’assemblage, du câblage, mais aussi du surmoulage et du façonnage de câbles. Elle réalise aussi des tests de continuité, de courts circuits, de performances, de claquage et d’isolation.
Actuellement, Decelect fabrique beaucoup de coffrets de communication domestique, une production évaluée ces temps-ci à 30 000 coffrets par an. Et le catalogue de l’entreprise affiche 1 300 références : prises, cordons, filtres ADSL, fibres optiques, etc.
L’entreprise possède deux filiales (des usines en joint-venture) : l’une est située à Nabeul, en Tunisie, et fait de l’assemblage en moyennes séries ; l’autre en Chine, à Shenzhen (notamment filtres ADSL et cordons RJ 45). Decelect rassemble ses produits à Soissons pour les contrôler, les assembler, les tester et les expédier. « Plus de 95 % des pièces que nous fabriquons sont pour le marché français » précise Philippe Bonduelle. Les clients de Decelect sont Schneider, Hager, Casanova, IBM, mais aussi les distributeurs tels que Rexel, Sonepar, Alliance com, Radiospares.

Dynamic entreprises
« Notre projet de développement, c’est de fabriquer complètement des data centers. Nous faisions déjà le câblage de ce type d’équipement très performant. Pour nous, c’est un projet très important avec des embauches à la clef. » En tablant sur le développement de la fabrication optimale de data centers, Decelect, veut exporter beaucoup plus qu’elle ne le fait aujourd’hui, c’est-à-dire 5 % du chiffre d’affaires. L’entreprise doit embaucher un cadre à l’exportation pour entrer de plain-pied au Brésil et conforter sa présence en Chine.
De plus, elle participe à l’opération Dynamic entreprises en Picardie, qui est un programme de neuf mois « s’appuyant sur une méthodologie claire et structurée pour des résultats concrets et mesurables ». Une équipe d’experts accompagne et oriente ainsi la PME dans sa recherche de performance. Soutenu par les CCI, le dispositif est financé à 80 % par l’Europe, l’Etat et la région Picardie, ce qui représente un coût final pour la PME d’environ 5 000 €.