Abbeville planche sur son Fisac

Dès le début 2013, Abbeville et sa communauté de communes vont entamer un Fisac (Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce). En préambule, un diagnostic a été présenté devant plus de 80 commerçants. Il est sans appel : les commerçants doivent faire des efforts en matière d’accueil et d’horaires d’ouverture. Les parkings, eux, doivent être mieux signalés.

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Le centre-ville d'Abbeville compte actuellement 534 commerces traditionnels de moins de 300 m2.
Le centre-ville d'Abbeville compte actuellement 534 commerces traditionnels de moins de 300 m2.

 

Le diagnostic présenté est sans concessions.
Le diagnostic présenté est sans concessions.

Afin de préparer l’avenir ensemble, la communauté de communes d’Abbeville et ses commerçants, en partenariat avec l’association de commerçants Sourire (une cinquantaine d’adhérents), la chambre de commerce territoriale Littoral normand- picard et la chambre des métiers vont engager un Fisac. En attendant des directions de travail et sa mise en place prévue pour 2013, le cabinet Cibles et Stratégies a présenté devant plus de 80 commerçants un diagnostic pour le moins réaliste et sans concessions.

534 commerces traditionnels
La zone de chalandise s’étend sur 95 000 habitants mais avec la périphérie, les clients potentiels sont 150 000. Ce sont eux qui progressent le plus ; 95 % des commerces de la communauté de communes se trouvent sur Abbeville. Le centre-ville d’Abbeville compte 534 commerces traditionnels de moins de 300 m2, dont 97 cafés/ bars/restaurants, 86 dédiés à l’équipement de la personne, 82 spécialisés dans les services, 63 en alimentaire… Ont répondu au questionnaire 31 % des commerçants.

« Malgré une surdensité en jardinage et une sous-densité en hifi/électroménager, l’offre est globalement cohérente, en particulier en alimentaire », explique Bruno Menez, du cabinet Cibles et Stratégies.
Linéaire, dense, avec une vraie image urbaine, un espace public qui a été travaillé, réaménagé…, le centreville d’Abbeville est séduisant. Seul bémol, le parvis de Saint-Vulfran et la chaussée Marcadée qui auraient besoin d’un coup de jeune. Les commerces doivent faire aussi des efforts pour l’accessibilité des personnes handicapées : 26 % seulement sont équipés. Le centre-ville bénéficie de 1 399 places de parking. Mais l’offre n’est pas suffisamment lisible. Autre point négatif, seuls 17 % des commerçants sont adhérents à l’association de commerçants Sourire. Ce qui fort dommageable pour, notamment, la mise en place d’animations.

Communiquer autrement
Sa montée en puissance sera l’une des ambitions du Fisac. Bruno Menez estime que les commerçants doivent évoluer vers « d’autres moyens de communication comme le one to one, les SMS, le e-mailing…, s’adapter aux attentes de la clientèle touristique, s’appuyer sur les événements de la commune et mettre en place une politique de service et d’accueil ».
Car, côté clients, le bât blesse : 400 ménages, dont 130 d’Abbeville, ont été interrogés. Ainsi, 45 % d’entre eux viennent au moins une fois par semaine faire leurs courses en centre-ville. Ceux habitant le plus loin et les retraités sont les plus réfractaires à y venir, principalement car ils croient qu’il est difficile de s’y garer. Ils préfèrent se rendre en hypermarché ou les zones commerciales Est. Leur avis divergent de celui des touristes. A contrario, les habitants du centre-ville sont réfractaires à se rendre sur ces zones.

Le centre-ville d'Abbeville compte actuellement 534 commerces traditionnels de moins de 300 m2.
Le centre-ville d'Abbeville compte actuellement 534 commerces traditionnels de moins de 300 m2.

Horaires et accueil
Si 69 % des commerçants ont une bonne image du centre-ville, les consommateurs sont 80 % ; 7 % des consommateurs sont très contents, ce qui tend vers une banalisation du centre-ville quand 20 % ne sont pas satisfaits des horaires d’ouvertures : ils estiment que les commerces ouvrent trop tard le matin et pas suffisamment entre 12 heures et 14 heures. Ils sont aussi 20 % à estimer que les commerçants ne sont pas assez accueillants… « Il y a 15 ans, qu’est-ce que ça aurait été, résume Nicolas Dumont, maire PS d’Abbeville et président de la communauté de communes de l’Abbevillois. Nous payons une réputation ancienne. Celui qui a raison, c’est le client. Vous aurez beau lui dire qu’il a tort, il paie, il a raison. »
Pour exemple, 47 % des consommateurs font leurs achats d’équipement à la personne dans le centre-ville, ce qui serait très rare ailleurs. La zone capte 80 % des ventes en jardinage et 90 % en bricolage. Au final, le centreville reste un pôle référent de la zone de chalandise. Il se complète avec la zone commerciale Est et le marché de plein vent. L’étude montre que le marché attire une clientèle différente. Une réflexion va être menée pour favoriser la complémentarité, la synergie entre commerçants sédentaires et non sédentaires. « Vous avez la chance d’avoir un bel appareil commercial, a conclu Bernard Martel, président de la chambre de commerce Littoral normand-picard. On ne s’improvise pas commerçant. On vous demande simplement de bien faire votre métier. »