Opération’elle ou comment gérer la formation professionnelle

Depuis 2004, une loi encadre la formation professionnelle : les salariés ont ainsi des droits et les chefs d’entreprise des devoirs. Sophie Blustenne fête les cinq ans de son entreprise, Opération’elle, qui ne fait que s’accroître. La raison est qu’elle se charge de former les chefs d’entreprise à la formation professionnelle, surtout sur le côté législatif, mais prend également en main de A à Z la stratégie formation… et même l’optimisation du budget.

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Sophie Blustenne reste dans le créneau qu’elle maîtrise le mieux : la formation professionnelle et le conseil.
Sophie Blustenne reste dans le créneau qu’elle maîtrise le mieux : la formation professionnelle et le conseil.

 

Sophie Blustenne reste dans le créneau qu’elle maîtrise le mieux : la formation professionnelle et le conseil.
Sophie Blustenne reste dans le créneau qu’elle maîtrise le mieux : la formation professionnelle et le conseil.

Voilà cinq ans que Sophie Blustenne fait le tour des PME et TPE picardes (mais aussi du Nord-Pas-de-Calais et d’Ile-de-France) pour leur parler de formation. Formation : tout le monde connaît ce terme mais personne ne s’en sert jamais ; au pire, certains chefs d’entreprise peuvent même le trouver rédhibitoire. Pourtant, depuis 2004 une loi rend la formation possible pour les salariés et même légale. Le point le plus connu est la création d’un droit individuel à la formation, le fameux DIF, de 20 heures par an cumulables sur six ans, mis en oeuvre à l’initiative du salarié avec l’accord de l’employeur sur le choix de la formation. Cependant, les employeurs ont des devoirs. « Mon rôle est de me rendre en entreprise et de former le chef d’entreprise à cette loi sur la formation professionnelle, explique la jeune dirigeante, car il y a de nombreux points et beaucoup les méconnaissent et ignorent surtout les risques et leurs obligations. »
En matière de formation, il faut dire que Sophie Blustenne s’y connaît. Elle a travaillé en tant que conseillère en bilan de compétence au conseil régional de Picardie, puis en organisme paritaire collecteur agréé (OPCA) et chez Proméo. Elle s’est lancée dans entrepreneuriat en 2007 avec son entreprise Opération’elle, commençant par expliquer la formation professionnelle. Puis elle a changé de cap et s’oriente désormais sur le conseil en tant que prestataire.

Stratégie de formation et optimisation du budget
Ainsi, elle intègre l’entreprise en tant que responsable formation et se charge de A à Z de la stratégie formation à adopter, en accord avec le chef d’entreprise et les salariés. Concrètement, elle se charge de mettre en place des outils, de calculer le budget, etc. : toutes les actions que l’entrepreneur n’a pas le temps de faire. Un gain de temps assuré. « Je suis prestataire et je travaille comme une intérimaire dans l’entreprise, j’ai une mission. Je suis un relais de la direction et à l’écoute des salariés », explique Sophie, débordante d’énergie et d’idées. Si des salariés doivent effectuer une formation, elle trouve des consultants et les financements. Car une formation a un coût – les chefs d’entreprise le savent –, mais des aides financières existent. « Mon but est de faire accéder un maximum de salariés à la formation pour le prix le plus bas pour les entreprises. J’optimise le budget des entreprises et leur donne des astuces. Je travaille en partenariat avec l’OPCA pour gagner du temps et ne pas faire leur métier. » La formation professionnelle intéresse de plus en plus les salariés qui se renseignent davantage.
Sophie Blustenne croit en ce qu’elle fait et a mis du temps pour trouver sa voie. Fille de chef d’entreprise, elle avait finalement la fibre entrepreneuriale en elle et n’a pu y échapper. « Je ne trouvais pas ma place dans les organismes et, un jour, j’ai pris mon courage à deux mains, se souvient-elle sans regrets. Puis, en 2009, j’ai failli déposer le bilan mais les entreprises pour lesquelles je travaillais m’ont soutenue. J’ai compris qu’elles voulaient mes compétences… et j’ai mis du temps à l’admettre. J’ai compris que mon truc c’était le temps partagé. » Réactive, compétente et professionnelle, Sophie mise sur sa méthode pour se différencier : « Je suis transparente et je ne viens pas passer une journée pour ne travailler que deux heures. Je suis véritablement dans l’optimisation du temps et du budget de formation et je n’aime pas perdre mon temps… C’est mon tempérament ! »