L’actualité locale vue du Télescope d’Amiens

La presse amiénoise compte un nouveau membre depuis le 1er septembre avec l’arrivée du Télescope d’Amiens. Un nouveau média payant et disponible uniquement sur Internet.

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L’équipe du Télescope au complet.
L’équipe du Télescope au complet.

 

L’équipe du Télescope au complet.
L’équipe du Télescope au complet.

Un journal d’un nouveau genre, 100% a fait son apparition à Amiens : le Télescope d’Amiens. A l’origine de ce nouveau média, une équipe de cinq personnes : quatre journalistes, Fabien Dorémus, Noëlle Guillon, Mathieu Robert, Rémi Sanchez, et un dessinateur, Ludovic Rio. La plupart se sont connus sur les bancs de l’Ecole supérieure du journalisme (ESJ) de Lille. « Nous avons eu des discussions sur une certaine idée du journalisme, explique Fabien Dorémus, gérant du Télescope d’Amiens. Nous avons vu certaines limites dans les rédactions que nous avons côtoyées. Il y a des contraintes de temps, on doit faire plus d’articles, prendre plus de rendez-vous dans la même journée. »
A la une du Télescope d’Amiens le 1er septembre, jour de son lancement, la visite de François Fillon à Amiens, le projet de la Ferme des 1 000 vaches ou encore la fermeture du Simply Market d’Etouvie. Pour lire les articles, il faut s’abonner : 4,99 € par mois, ou 49 € par an. Un choix qui s’explique par la volonté d’indépendance des journalistes, qu’un site gratuit et financé par la publicité ne permettrait pas au niveau local. « La publicité, c’est aléatoire, assure Fabien Dorémus. Même un site comme Rue89 a des difficultés ». Le modèle du Télescope est proche de celui de Médiapart. L’abonné peut consulter les derniers articles publiés et a accès aux archives. Sans abonnement, il n’est possible de lire que le titre et le chapeau. Le site se veut également participatif. Chaque abonné peut laisser des commentaires, proposer des idées de reportages et même publier une tribune libre. « Si ça permet de créer du débat public, on les publiera, quelle que soit l’orientation politique du papier », ajoute Fabien Dorémus. Le Télescope d’Amiens vient également de passer un accord avec un hebdomadaire national, qui fournirait du contenu au site.

Objectif : 2 500 abonnés
Il aura fallu plus d’un an pour que le Télescope d’Amiens voie le jour. C’est en mai 2011 que Fabien Dorémus décide de se lancer, à la fin de son contrat au Courrier picard. « Quand un contrat se termine, soit on en cherche un autre, soit on crée quelque chose de nouveau pour essayer de développer la presse locale », affirme-t-il. L’équipe décide de créer une société coopérative et participative (Scop), avec un capital de 16 500 €. « Nous avons mis entre 1 500 et 2 500 €  chacun », précise Fabien Dorémus. Ils ont également reçu le soutien du club Cigales, une structure de capital-risque solidaire, qui a apporté 5 000 €. « Ils entrent au capital et cinq ans après, ils s’en vont. C’est le deuxième projet qu’ils financent », explique le gérant du Télescope d’Amiens. L’Union régionale des Scop (Urscop) a également aidé les créateurs dans leurs démarches. Sur les cinq membres du Télescope d’Amiens, Fabien Dorémus, Mathieu Robert et Rémi Sanchez sont à plein temps, Ludovic Rio est à temps partiel (70 % au Télescope d’Amiens et 30 % aux éditions Polistyrène). Quant à Noëlle Guillon, elle intervient comme pigiste. L’objectif est d’atteindre les 2 500 abonnés, nécessaire pour pouvoir être payé au Smic. Ils se sont donné deux ans pour atteindre ce chiffre.
Le site, www.letelescope.info, a été créé de A à Z par Oblady, une société amiénoise. « C’est un confort de trouver des gens compétents sur place », assure Mathieu Robert. Le site est consultable sur plusieurs supports : ordinateurs, smartphones et tablettes. Il comprend les six rubriques créées par la rédaction du journal : boulot, démocratie, territoire, santé, éducation, plaisirs. Les journalistes du Télescope ont décidé de se répartir le travail par thématique et non par secteur géographique, comme c’est le cas en général dans la presse écrite locale. « C’est un journaliste/un dossier, explique Mathieu Robert. Quand quelqu’un entame un dossier, il le fait jusqu’au bout. » Ludovic Rio aura lui un rôle particulier : il publiera tous les 15 jours une bande dessinée sur un thème d’actualité. La première raconte la création et le fonctionnement du journal, après avoir notamment accompagné les journalistes en reportage.