Des parrains pour l’emploi

Une convention Cap-parrainage vient d’être signée par l’agglomération du Beauvaisis avec le PLIE (plan local pour l’insertion et l’emploi) : une quinzaine d’entreprises locales s’engagent aux côtés de chercheurs d’emploi.

Des industries, comme Décapage emballage métallique à Chauny, voient défiler des groupes dans leurs locaux.
Des industries, comme Décapage emballage métallique à Chauny, voient défiler des groupes dans leurs locaux.

 

Des industries, comme Décapage emballage métallique à Chauny, voient défiler des groupes dans leurs locaux.
Des industries, comme Décapage emballage métallique à Chauny, voient défiler des groupes dans leurs locaux.

Après le forum des agences d’emploi organisé par la Maison de l’emploi et de la formation, l’agglomération du Beauvaisis sollicite un autre levier en faveur de l’emploi : le plan local pour l’insertion et l’emploi (PLIE), présidé par Franck Pia. Depuis 1996, ce dispositif suit, sur proposition de Pôle emploi, des demandeurs d’emploi particulièrement isolés du monde du travail. A ces actions de formation non couvertes par le droit commun, comme le relooking ou l’estime de soi, le PLIE ajoute désormais la possibilité pour ses bénéficiaires de se faire parrainer par un dirigeant : recruteur potentiel, celui-ci saura mieux que quiconque donner à la personne en difficulté les clés de sa réinsertion professionnelle. La communauté d’agglomération a recruté la chargée de mission Souad Dejaegher, dont le poste est financé par le fonds social européen et dont la mission est de rechercher des parrains avec le soutien de Cap-parrainage.

Déjà quinze entreprises
Sur la trentaine d’entreprises du Beauvaisis déjà prospectées, quinze ont immédiatement adhéré au projet : Alpha direct services, Areas, Decamp-Dubos, Eurovia, Intermarché Goincourt, LR services, LVMH fragance brands, Monségu, Oise TP, R&D Nestlé, Sacer Paris Nord-Est, Sade, Screg Nord-Picardie, Sotrapoise et Télécoise, auxquelles il faut ajouter deux groupements d’entreprises, le GIRB (Groupement des industriels de la région de Beauvais) et l’Association des entreprises des Champs-Dolent. Tous leurs représentants présents lors de la signature ont insisté sur l’engagement sociétal et citoyen qui les anime, dans lequel ce dispositif s’inscrit très naturellement. En dénonçant aussi ce paradoxe du marché de l’emploi : « face à nos trois millions de chômeurs, il y a des centaines de milliers d’emplois qui ne trouvent pas preneurs, dans des métiers en tension comme le bâtiment ou l’hôtellerie- restauration », résume Olivier Delmotte, président de Sotrapoise et du GIRB. « Il y a une vraie urgence à revaloriser les métiers manuels », a ajouté la présidente de l’agglo, Caroline Cayeux. Egalement présents, les représentants de Pôle emploi et de la Direccte ont eux aussi confirmé tout l’intérêt de la démarche.

Une nouvelle dynamique
Concrètement, les parrains s’engagent à mettre à la disposition de leur «filleul» leur expérience, leur connaissance du monde du travail et de ses codes, leur réseau relationnel. Ils sont aidés dans leur mission par un guide pratique du parrainage édité par Cap-parrainage, détaillant les étapes de leur accompagnement. Ils rendent compte régulièrement de l’avancée du travail sur l’extranet Cap-parrainage.com. « Les publics que nous suivons étant souvent en perte de confiance, ces rendez-vous réguliers avec des chefs d’entreprise vont les revaloriser, leur redonner une meilleure image d’euxmêmes, voire les amener à découvrir en eux des ressources insoupçonnées », détaille Olivier Quéval de Cap-parrainage. Venus témoigner de leurs attentes, plusieurs futurs filleuls ont confirmé ce besoin de rassurance : Virna, jeune secrétaire comptable italienne, David, ancien vendeur de 41 ans, Ismaël, électricien pendant vingt ans au Kosovo, Laurent, jeune au BTS de vente de produits horticoles, Bruno, cariste… Malgré la disparité de leurs parcours, tous fondent de grands espoirs sur cette aide et sont animés d’une solide motivation. « C’est aussi très enrichissant pour le parrain, qui peut ainsi prendre du recul sur l’exercice de son métier, faire évoluer ses propres méthodes de recrutement en prenant conscience des réflexes pouvant lui interdire l’accès à un potentiel de compétences », souligne Olivier Quéval. Bref, tout le monde y gagne…