Acroterre veut fournir des constructions solides et saines

Acroterre est la rencontre de deux compétences. La SCOP née en 2010 compte aujourd’hui cinq salariés et se situe sur un marché de niches, en fournissant des maisons à ossature bois ou des extensions très basse consommation. L’entreprise ne fournit que des prestations haut de gamme, mais espère démocratiser ce type de construction, en augmentant sa productivité.

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L’atelier leur permet de construire au préalable certaines pièces des futures constructions qui leur sont commandées.
L’atelier leur permet de construire au préalable certaines pièces des futures constructions qui leur sont commandées.

 

L’atelier leur permet de construire au préalable certaines pièces des futures constructions qui leur sont commandées.
L’atelier leur permet de construire au préalable certaines pièces des futures constructions qui leur sont commandées.

L’entreprise est la rencontre de deux compétences. D’un côté, Hervé Piault est issu du milieu universitaire et apporte ses formations en mécanique et architecture. Il s’est allié à Damien Van Ness, un artisan spécialisé dans la rénovation de bâtiment. Les compétences techniques de l’un et les capacités de gestion de projet de l’autre ont fait naître Acroterre. « Nous avons créé l’entreprise en avril 2010 », raconte Hervé Piault. En l’espace de deux ans, ils ont déjà réalisé quatre maisons et une dizaine d’extensions dans toute la région Picardie. Et ont vu la SCOP de cinq salariés se transformer rapidement.

De la rénovation à la construction
« Nous mûrissions le projet depuis un an ou deux. L’idée était de s’associer et de créer une entreprise plus grosse qu’un artisan », poursuit-il. Au début, les deux créateurs souhaitaient avant tout se lancer dans la rénovation de bâtiments en utilisant uniquement des matériaux écologiques. L’objectif est de « rendre le plus de services possibles à la planète ». Ils se sont mis à utiliser des matériaux écologiques, dont du bois et d’autres isolants naturels, mis en oeuvre de façon artisanale sur chantier. Mais, très vite, ils ont compris que faire de la rénovation se révélerait difficile. Ils ont décidé de basculer de la rénovation à la construction neuve, que cela soit des extensions ou des enveloppes de maison. Le plus fiable pour eux résidait dans l’ossature bois. Là encore, l’expérience du terrain leur a demandé un ajustement et un investissement supplémentaire. « Nous sélectionnons les meilleurs matériaux. Mais nous construisons sur le terrain avec peu de moyens. Nous avons décidé de franchir un cap », explique Hervé Piault. En mars 2011, les deux associés décident de louer un atelier de plusieurs centaines de mètres carrés à Lassigny et achètent 120 000 € de machines. « Si nous voulons évoluer, il faut en passer par là. Cela fait baisser le coût de la main-d’oeuvre pour rester raisonnable », continue-t-il. Après l’installation, ils ont totalement investi le champ de la construction neuve et des extensions en ossature bois. Pour réussir à s’implanter, ils ont délaissé le marché des particuliers et s’adressent uniquement aux architectes en proposant la prise en charge du clos couvert, étanche à l’air et aux normes. Ils ont décidé d’aller encore plus loin. « L’offre que nous essayons de proposer, c’est la réglementation thermique à venir », indique-t-il. Pas question de se baser sur la RT 2012 qui entre en vigueur à partir du 1er janvier prochain. Ils visent au minimum la RT 2015 et même la RT 2020 en proposant des bâtiments à très basse consommation pour que leurs clients ne soient pas gênés par d’éventuelles mises aux normes thermiques.

Un premier marché public gagné
Cette volonté a un coût puisque un mètre carré d’une maison construite par leur entreprise coûte entre 1 500 et 1 800 €, contre environ 1 000 € pour un constructeur classique. Tous les matériaux proviennent de France ou de pays frontaliers, sont sans traitement et sont des matériaux renouvelables. « Nous faisons le plus sain possible. Nous ne pensons pas qu’à la solidité de l’ouvrage mais au reste, comme les produits intérieurs ne dégageant pas de composés organiques volatiles nuisibles à la santé des futurs occupants. » Pour l’instant, ils se situent sur un marché haut de gamme, mais ils y ont gagné un premier marché public de 100 000 € pour la communauté de communes du Pays des sources. Ils attendent leur certification PEFC et espèrent, comme depuis deux ans, multiplier leur chiffre d’affaires par 1,5. Cette année, il devrait atteindre près de 600 000 €.