Musique: les festivals d’été, une bonne affaire ?

Les festivals d’été ont rapporté 12 millions d’euros en droits d’auteur en 2011. C’est la première fois que la Sacem présente ces recettes. La pratique semble une source de revenus pour les organisateurs de ces évènements , et pour les territoires qui les hébergent, comme en témoigne l’exemple du festival des Vieilles charrues, en Bretagne.

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Cette année, pour la première fois, la Sacem, (société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique), a publié une évaluation des recettes liées aux festivals musicaux, dans son étude Indicateurs du spectacle vivant en 2011, focus sur les festivals, présentée le 26 avril dernier, à l’occasion du Printemps de Bourges. Les tournées, qui représentent 34 % des droits récoltés par la Sacem, affichent une baisse de leurs recettes pour la deuxième année consécutive. L’association suit donc les festivals, qui lui ont permis de récolter, en 2011, 12 millions d’euros de droits d’auteur. C’est un peu plus de 15 % des recettes liées au spectacle vivant. Mais, contrairement aux tournées, cette manne pourrait grandir. En effet, ces événements connaissent un développement de leur fréquentation.

Foule de festivals
En 2011, c’est le festival des Vieilles charrues, de Carhaix, en Bretagne, qui a attiré le plus de public, avec 212 000 visiteurs payants. Loin derrière, Solidays, à Paris, en a rassemblé 155 000, la Folle journée de Nantes 135 000 et le Main Square Festival d’Arras (Pas-de-Calais), 100 000. Parmi les quelque 850 festivals musicaux organisés en France, un sur trois met à l’honneur les musiques actuelles comme le pop-rock, l’électro, le rap, le reggae… 20 % le jazz et les musiques du monde, 15 % la musique classique et 10 % la chanson. Les manifestations pluri-disciplinaires, qui mélangent théâtre, danse, cirque, arts de rue, et musique ne constituent que 5 % des évènements.
Au total, le budget cumulé des vingt festivals les plus fréquentés pèse 82 millions d’euros. Le moins cher a coûté 2,5 millions. Et c’est le festival lyrique d’Aix-en-Provence qui remporte la palme du plus coûteux, avec son budget de 19 millions d’euros. C’est aussi dans cette région, la Provence-Alpes-Côte d’Azur, que la Sacem a recensé le plus grand nombre de manifestations (145). Suivent, loin derrière, Rhône-Alpes (87) et l’Ile-de- France (62). Le phénomène a également une saisonnalité forte : les deux tiers des festivals se déroulent l’été, avec un pic au mois de juillet, qui en compte 274. Mais l’automne et le printemps ne sont pas oubliés, avec respectivement 138 et 126 événements.

Manne locale
Au final, la Sacem estime qu’il existe une corrélation entre le déroulement de festivals et le tourisme : les trois régions qui comptent le plus de festivals sont également celles qui sont les plus visitées par les touristes. Reste à savoir si c’est le festival qui attire le tourisme, ou l’inverse… Quoi qu’il en soit, « les festivals ont un impact beaucoup plus important pour les économies locales : ils durent plusieurs jours, génèrent de l’hébergement et de la restauration, se déroulent généralement en plein air et essaiment dans la ville, alors que les tournées ont lieu souvent en vase clos, dans des Zénith, salles de spectacle, ou stades », explique dans le quotidien économique, Les Echos du 25 avril dernier, Claire Giraudin, alors déléguée aux relations extérieures et à l’analyse stratégique de la Sacem. Par ailleurs, une étude régulièrement menée pour le compte de l’association organisatrice du festival des Vieilles charrues, sur ses impacts économiques et sociaux, confirme cette hypothèse. D’après l’étude, en 2011, 4,3 millions d’euros ont été injectés directement dans l’économie locale, et presque deux fois plus pour les effets indirects. Cette même année, l’association a dépensé 12,6 millions d’euros. Toutefois, moins de 3 millions demeurent sur place, le reste étant pour l’essentiel constitué de cachets d’artistes. L’association compte 35 emplois permanents, et 65 supplémentaires sont générés dans les commerces locaux, durant l’évènement. Le festival a bien grandi. Mais déjà, en 2001, l’étude estimait que les festivaliers avaient dépensé 2,2 millions d’ euros en nourriture, répartis entre les différents stands du festival, les marchands ambulants, la grande distribution et les commerces carhaisiens (et alentours).