Amiens Métropole : un tourisme en berne

C’est non sans regrets que Jacques Goffinon, conseiller délégué spécial d’Amiens Métropole au tourisme et président de l’office de tourisme d’Amiens, a dévoilé le bilan touristique estival de la mi-saison de la métropole. Il affiche une baisse générale tant en termes de fréquentation des sites touristiques que dans l’hôtellerie et la restauration. Temps pluvieux, baisse du pouvoir d’achat, moins de départs en vacances… : autant d’arguments qui ont découragé les touristes et qui n’ont pas épargné Amiens Métropole pour la deuxième année consécutive.

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C'est la restauration qui souffre le plus du mauvais et de la baisse de fréquentation.
C'est la restauration qui souffre le plus du mauvais et de la baisse de fréquentation.

 

C'est la restauration qui souffre le plus du mauvais et de la baisse de fréquentation.
C'est la restauration qui souffre le plus du mauvais et de la baisse de fréquentation.

Les touristes sont tous pareils : ils sortent uniquement quand il fait beau et le soleil est pour tous la condition sine qua non de vacances réussies et, surtout, le critère des sorties. A la mi-saison, c’est bien là le problème du tourisme d’Amiens Métropole, surtout concernant le mois de juillet. « Nous n’avons pas eu du beau temps, explique Jacques Goffinon. Mais, malgré tout, nous avons eu beaucoup de fréquentations durant les mois d’avril, mai et juin. Nous limitons la casse par rapport à ce que nous avions prévu et aussi par rapport à la côte picarde. » Car Amiens reste la destination par excellence du « tourisme urbain » et les attentes sont différentes : les touristes viennent pour visiter. Mais depuis la mi-juillet, et visiblement en août, le tourisme s’améliore.

La restauration subit
Malgré tout, les touristes ont fréquenté les hébergements de la métropole de la même façon et à même hauteur que l’année dernière. L’hébergement n’est jamais bien touché car Amiens Métropole organise aussi une multitude d’événements professionnels tels que les congrès. L’hébergement en hôtellerie a donc augmenté (+5,80 %) avec 19,87 % de clientèle étrangère. Cette année, le nombre de nuitées a lui aussi augmenté (+6,27 %), surtout les nuitées étrangères (+11,68 %). Cependant, le camping n’a pas été le mode d’hébergement choisi par les touristes et affiche une baisse conséquente (- 12 %), essentiellement dû à la mauvaise météo.
Autre élément qui ne suit pas la même évolution, la restauration. Celle-ci a été la plus concernée par la baisse de fréquentation des touristes (-20 %), notamment pour les restaurants qui accueillent essentiellement en terrasse.

Des projets
Le mauvais temps n’est pas le seul responsable : « Le pouvoir d’achat des Français » est également en cause, constate le président de l’office de tourisme. « Il ne faut pas oublier que l’été est un tourisme familial », rappelle-t-il. Cependant, la pluie a profité quelque peu à la ville. Le musée de Picardie a ainsi attiré beaucoup de touristes cette année (+25,86 %), ce qui n’est pas le cas pour les hortillonnages (-3,75 %), les bateaux de Saint-Leu (-24,78 %) ou la maison Jules-Verne (-8,72 %). La fréquentation de ces sites, qui sont les incontournables du tourisme amiénois, se ressent du triste été picard.
Jacques Goffinon ne perd pourtant pas espoir et, selon lui, toutes les actions menées ne sont pas surtout pas à abandonner, à l’instar d’Amiens les Bains. Cette plage artificielle au coeur de la place Gambetta voit son sable disparaître à chaque fois qu’il pleut mais « quand on voit le monde qu’il y a quand il fait beau, on se dit qu’on a bien fait de faire ça ! », fait remarquer l’élu, sans relâche.
Il a même des projets pour développer le tourisme à Amiens Métropole – qui regroupe 33 agglomérations, il ne faut pas l’oublier. Des projets sont en cours dont le but est d’utiliser la notoriété d’Amiens pour mettre en lumière d’autres secteurs et d’autres activités. Par exemple, Jacques Goffinon se penche sur un projet portuaire à Camon où les étangs sont, selon lui, dignes d’être connus. Pour l’heure, il reste encore les résultats du mois d’août, avec une météo plus clémente, pour redonner l’espoir à tous les professionnels du tourisme de la Métropole.