A l’hôtel des chercheurs verts

A Barenton-Bugny, dans l’enceinte de NaturAgora, l’Association pour le développement de la recherche et de l’enseignement sur l’environnement (Adrée) met gratuitement quatre chambres à la disposition de chercheurs et d’étudiants en géographie et environnement. C’est un dispositif d’hébergement rural très rare en Picardie qui permet aux chercheurs et aux étudiants de participer directement à la vie des territoires axonais.

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Les chercheurs de l’Adrée suivent les programmes de protection de l’environnement dans l’Aisne.
Les chercheurs de l’Adrée suivent les programmes de protection de l’environnement dans l’Aisne.

 

Les étudiants en environnement viennent à l’Adrée de toutes les universités françaises.
Les étudiants en environnement viennent à l’Adrée de toutes les universités françaises.

Anaïs Perragin, 22 ans, est étudiante en master dynamique des milieux naturels et anthropisés (qui viennent de l’homme) à l’université de Reims-Champagne. Ce matin-là, elle travaille dans la bibliothèque de l’Adrée (Association pour le développement de la recherche et de l’enseignement sur l’environnement) dont les bureaux et le laboratoire occupent un large espace de NaturAgora à Barenton-Bugny (siège notamment de la Fédération départementale des chasseurs de l’Aisne). L’étudiante y affine ses études sur le plan local d’urbanisme (PLU) de Suzy, village situé à l’orée de la forêt de Saint- Gobain, qu’elle est chargée d’élaborer avec les élus locaux.
Anaïs a achevé à l’Adrée un stage professionnel de huit semaines qui a compté pour beaucoup dans la validation de son diplôme universitaire. A côté d’elle a travaillé Marie Lebarque, 22 ans, de l’université de Rouen, étudiante en master eau, sol, environnement et biodiversité (ESEB). Elle était alors stagiaire de la Fédération des chasseurs de l’Aisne, voisine de l’Adrée. Sa mission a été de dresser le bilan du schéma départemental cynégétique et d’établir une charte de gestion des zones humides pour les communes de l’Aisne

L’Aisne, territoire des thésards
Ces étudiantes, encadrées par les quatre salariés de l’Adrée, ont travaillé ici sans le souci de l’hébergement. Dans ses locaux, l’Adrée a fait aménager un hôtel de quatre chambres (avec salle de bains) que dessert une cuisine commune. « C’est gratuit, c’est confortable et très fonctionnel, confiait simplement Marie. La cuisine est très bien équipée. Sans cet hôtel, se loger ici, dans le Laonnois, aurait été un grave problème pour des étudiants qui n’ont pas beaucoup de moyens financiers. »
A l’Adrée, grâce à cet hôtel intra-muros dont les réservations pour l’année prochaine sont déjà pleines, s’est constituée une véritable communauté scientifique. Clémence Coulmy, géographe de l’université de Paris IV-Sorbonne, y a mis la dernière main à sa soutenance de thèse. Elle a travaillé sur la gestion des cours d’eau de l’Aisne avec l’Union des syndicats d’aménagement et de gestion des milieux aquatiques installé à Chivy-les- Etouvelles (près de Laon). Pareillement en ce qui concerne Régis Béziat, étudiant géographe de la Sorbonne, qui a préparé pour l’Adrée le projet 20 000 lieues sous les mares (formation des élus axonais à la gestion des zones humides).
« Soutenir les universitaires qui font des recherches en environnement, c’est une des activités importantes de l’Adrée, expliquait voici peu Jérôme Canivet, son directeur. Notre hôtel permet justement de densifier nos relations avec les universités françaises. Cette année, toutes nos chambres sont occupées. Et leurs occupants viennent de Paris, de Normandie, de Lorraine ou de la région Centre. »

Les chercheurs de l’Adrée suivent les programmes de protection de l’environnement dans l’Aisne.
Les chercheurs de l’Adrée suivent les programmes de protection de l’environnement dans l’Aisne.

Rapports entre nature et société
Rappelons que l’Adrée a été créée voici 30 ans par l’enseignement supérieur (ENS), la recherche (CNRS) et le conseil général de l’Aisne. L’association accueille des chercheurs venus d’horizons variés. Ses domaines de recherche sont l’analyse fine du paysage, ses composantes physiques (paramètres bioclimatiques, géomorphologiques, pédologiques) et ses dimensions historiques (approche paléo-environnementale). L’Adrée étudie aussi des rapports entre nature et société (programmes de protection, gestion de milieux naturels).
L’Adrée est présidée par Stéphane Desruelles, maître de conférences en géographie de l’université de Picardie Jules-Verne. L’association a proposé cette année une quinzaine de stages à des étudiants de niveaux BTS, licence et master. L’Adrée (un budget annuel de 130 000 €) est financée notamment par le conseil général de l’Aisne, les agences de l’eau et ses prestations de services aux collectivités (études diverses des milieux naturels, cartographie, accueils des publics scolaires, etc.).