Un îlot de produits bio

Ancienne salariée de la finance, Françoise Poirel joue depuis sept ans la carte du bio à Crépy-en-Valois.

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La responsable de L’Ilot nature du Valois aimerait pouvoir agrandir son magasin.
La responsable de L’Ilot nature du Valois aimerait pouvoir agrandir son magasin.

Aquarante ans, Françoise Poirel a changé brusquement de trajectoire professionnelle. Après Paris et la finance, elle faisait le grand saut dans le monde bio en ouvrant une boutique à Crépy-en-Valois. Si les débuts ont été encourageants, L’Ilot nature du Valois a fait les frais de la crise. « J’ai perdu une partie de ma clientèle, j’ai gardé les purs et durs », admet la commerçante, un brin fataliste. Ce n’est pas faute d’essayer d’inverser la tendance, mais rien n’y fait : « Il est très difficile de gagner des clients ».
Dans ce commerce d’appoint, Françoise Poirel a toujours un conseil à emballer, avec sa foi de convertie prête à donner le change. Ce magasin, c’était l’aboutissement d’un projet longuement mûri, qui puise ses racines dans l’intimité familiale. « Il y a une quinzaine d’années, on a décidé de se nourrir et de se soigner avec du bio, dans la limite du raisonnable bien évidemment. »
Ouvert du mardi au samedi, L’Ilot nature du Valois doit faire face à une grosse concurrence, en particulier des grandes surfaces qui en pincent aussi pour la culture du 100 % naturel. Si beaucoup de ses produits alimentaires arrivent de la plateforme de Rungis, la responsable essaie aussi de promouvoir les fournisseurs locaux, comme ces deux boulangers qui l’alimentent en pain deux fois par semaine. Depuis quelque temps, un autre projet a germé dans sa tête : agrandir son commerce. D’abord en bonne voie, ce dernier est finalement tombé à l’eau. Pas de quoi toutefois démotiver la gérante, qui songe aussi à s’associer pour « redonner une dynamique » à son enseigne. A-t-elle des regrets ? « Jamais je ne retournerai dans la finance où j’étais pieds et poings liés. » Son indépendance a aussi été une reconversion.