Tereos et DuPontau pays de la bétaïne

A Origny-Sainte-Benoîte, le groupe sucrier français Tereos et le groupe chimiste américain DuPont de Nemours ont inauguré il y a peu une unité de production de bétaïne extraite des vinasses de l’industrie sucrière. La bétaïne est un additif très important de l’alimentation animale dans le monde. Elle valorise beaucoup les coproduits de distillation du sucre. La nouvelle unité a créé 20 emplois à Origny-Sainte-Benoite

L’unité de production de bétaïne d’origine naturelle est un investissement de l’ordre de 30 M€.
L’unité de production de bétaïne d’origine naturelle est un investissement de l’ordre de 30 M€.

 

L’unité de production de bétaïne d’origine naturelle est un investissement de l’ordre de 30 M€.
L’unité de production de bétaïne d’origine naturelle est un investissement de l’ordre de 30 M€.

Rappelons en premier lieu que le groupe Tereos, qui est né à Origny- Sainte-Benoîte dans la sucrerie locale au XXe siècle, est aujourd’hui le quatrième groupe sucrier mondial avec, à son actif, 39 unités, 17 000 salariés et 12 000 agriculteurscoopérateurs. En 2010, Tereos (qui affiche 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires) a prêté une oreille plus qu’attentive à Danisco, le leader mondial des ingrédients alimentaires, des enzymes et des biosciences, lorsque celuici lui a présenté un procédé révolutionnaire d’extraction de la bétaïne contenue dans les vinasses de l’industrie sucrière.
C’est ainsi qu’est né en 2010 le projet de bâtir, à l’endroit même où les vinasses abondent après la distillation des jus de betteraves sucrières, la première grande unité de production de bétaïne. L’unité a commencé à travailler le 17 avril 2012. Elle a été inaugurée le 9 juillet par ses deux groupes investisseurs : Tereos et DuPont.
Car, entretemps, Danisco avait été acheté par le groupe américain DuPont de Nemours, lequel a consolidé le projet bétaïne et signé avec Tereos un contrat de coopération les engageant l’un et l’autre pendant 15 ans pour le développement de l’extraction de la bétaïne selon le procédé de Danisco.

Géré et exploité par Tereos
Tereos et DuPont (mais l’Américain au premier chef) ont investi quelque 30 M€ à Origny-Sainte-Benoîte, dans l’enceinte de la grande sucrerie et distillerie de Tereos. L’unité de bétaïne va donc fonctionner 235 jour par an et 24 heures sur 24. Cette nouvelle ligne de production de bétaïne naturelle a créé sur place 20 emplois.
« Le site d’Origny-Sainte-Benoite est la plus grosse distillerie de betteraves à sucre au monde, prévient Yves Belegaud, le directeur général de Tereos France. Ce site est donc devenu le principal lieu de production de bétaïne d’origine naturelle dans le monde. Il est géré et exploité par Tereos. DuPont, en partenariat avec Novasep Process, a été chargé de fournir la ligne de transformation associant la technologie chromatographique, dont Danisco est le dépositaire, à des étapes d’évaporation et de filtration membranaire afin de produire de la bétaïne naturelle. » Les vinasses, effluents des sucreries et distilleries, contiennent 10 à 15 % de bétaïne naturelle. L’unité de Tereos et DuPont filtre 100 m3 par jour aboutissant à un mélange de bétaïne (45 %) et de glycérol (50 %), soit 14 500 tonnes par an. Ce mélange est ensuite transféré en Finlande où une autre usine en extrait la bétaïne pure (8 000 tonnes par an).

Une nouvelle source de revenus
« La bétaïne d’origine naturelle est utilisée dans une large gamme d’applications sur de nombreux marchés et constitue notamment un additif technique majeur de l’alimentation animale », explique Martin Virot, président de DuPont France. Le groupe américain la commercialise sous la marque Betafinen s’adressant à l’industrie de l’alimentation animale. Car la bétaïne d’origine naturelle « apporte aux industriels une valeur exceptionnelle, améliorant la santé intestinale du bétail et réduisant l’impact négatif du stress dû à la chaleur et les risques de maladies susceptibles de perturber l’équilibre hydrique des animaux. »
Or, on apprend que Danisco, depuis le début des années 1990 pionnier des recherches sur la bétaïne, n’a cessé de démontré ses très grandes propriétés naturelles (comparées à celles de la bétaïne de synthèse). Le marché s’est envolé, l’offre de bétaïne naturelle n’étant pas suffisante pour satisfaire la demande mondiale. L’unité de production mise en service ces derniers temps à Origny- Sainte-Benoîte répond donc aux exigences du marché.
Et Yves Belegaud de constater que « grâce à cette nouvelle unité et aux volumes importants qu’elle fournira, Tereos France pourra développer une nouvelle source de revenus issus de ses coproduits et apporter un bénéfice important aux producteurs de betteraves ».