Programme local de santépour Abbeville

La capitale du Ponthieu vient de se doter de son programme local de santé. Un programme ambitieux, présenté comme une alternative aux difficultés rencontrées au quotidien par la population et devant permettre de répondre aux besoins de santé en étroite collaboration avec les professionnels de santé.

Il y avait du monde dans la salle.
Il y avait du monde dans la salle.

 

Il y avait du monde dans la salle.
Il y avait du monde dans la salle.

Il y avait foule à la mairie d’Abbeville à l’occasion de la signature du programme local de santé. Celui-ci va durer trois ans et permettra d’amplifier l’efficacité des politiques de santé, de renforcer les actions identifiées comme prioritaires, de favoriser la concertation, la coordination et l’émergence de collaborations nouvelles entre les différents acteurs locaux de la santé publique.

Sacrifices au quotidien
Il doit aussi favoriser le repérage des personnes fragiles, démunies, isolées et aider les aînés à bien ou mieux vivre. Trois axes ont été validés lors du comité de pilotage du 21 juin : ateliers santé-ville (pas ou peu d’échanges de pratiques, manque de coordination, de travail en partenariat sur la ville, impliquer les habitants dans les actions…) accès aux soins et à la prévention (taux de mortalité important pour les maladies liées à l’alcool et au tabac, forte mortalité par cancer du sein et colorectal, taux élevé de mortalité par suicide) et la nutrition (mauvais équilibre alimentaire, pas ou peu d’exercice physique, des usagers qui ne veulent pas ou ne savent pas cuisiner les produits frais).
Dans ce cadre, un diagnostic territorial sera mené au second semestre cette année sur deux quartiers spécifiques : les Argillières et l’Espérance. « Devant la crise économique que nous vivons depuis 2008 et à laquelle doivent faire face les Abbevillois, ceux-ci sont amenés, par obligation, à devoir faire des choix, des sacrifices au quotidien, explique Nicolas Dumont, le maire. Se soigner, par exemple, ne constitue plus une priorité pour nombre d’entre eux. »

Déficit
Et Nicolas Dumont de faire un constat : « Notre ville souffre d’un déficit en matière de santé publique, que ce soit chez les jeunes, les personnes en précarité ou les seniors. Depuis trois ans, les actions que nous menons concourent fortement à combler ce déficit et à réduire les inégalités et les disparités. Il y dix-huit mois, nous nous sommes inscrits à un programme local en nous appuyant sur le volet santé du contrat urbain de cohésion sociale. L’accès à la santé est un droit primordial qui ne doit pas être un luxe, tous les citoyens y ont droit sans exception. »
Le programme local de santé est le fruit du travail réalisé par les services de la ville, en lien avec ceux de l’Etat, de l’agence régionale de santé, du conseil général de la Somme, de la caisse primaire d’assurance maladie et du centre hospitalier d’Abbeville. Xavier Haboury délégué Somme de l’agence régionale de santé, souligne les deux points forts du PLS : l’approche territoriale et la participation de la population elle-même pour réduire les inégalités.
Besoins des familles, habitants relais, travail en réseau, consultations pour les nourrissons, ouverture rue du Général-Leclerc d’une Maison des adolescents, développement des actions pour les personnes âgées… Pascal Demarthe, vice-président du conseil général, réaffirme combien la santé est un « bien précieux. Rester en bonne santé le plus longtemps possible est une priorité du conseil général ». Pour sa part, Philippe Dieudonné, sous-préfet d’Abbeville, salue « une démarche bienvenue qui semble être unanimement appréciée ».