Mercure d’Amiens : au-delà des obligations légales

La SARL Amiénoise d’hôtellerie, qui a en charge la gestion des deux hôtels du centre-ville d’Amiens, le Mercure et All Seasons, mène une politique volontariste dans l’accueil des travailleurs handicapés. Alors que la loi ne lui impose que l’accueil d’une personne, la société a ouvert deux postes.

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Christophe avec son directeur, Cyril Vantard.
Christophe avec son directeur, Cyril Vantard.
Christophe avec son directeur, Cyril Vantard.
Christophe avec son directeur, Cyril Vantard.

Pour Cyril Vantard, directeur de l’Amiénoise d’hôtellerie, le constat est clair : « Le problème du handicap n’est pas incompatible avec l’exécution de certaines tâches. Il suffit juste d’être à l’écoute et de s’adapter aux contraintes. » L’entreprise qu’il dirige avait décidé, dès le départ, d’ouvrir un certain nombre de postes à des travailleurs handicapés. Aujourd’hui, avec deux salariés reconnus travailleurs handicapés sur les quarante-quatre qu’elle emploie, l’entreprise va au-delà de ce que lui impose la loi.
« Certains postes semblent plus ouverts que d’autres à l’accueil de travailleurs handicapés, reconnaît Cyril Vantard. Dans un premier temps, nous avons proposé un poste de plongeur. Comme l’adaptation s’est faite sans grande difficulté, nous avons renouvelé l’expérience pour le recrutement d’un agent de maintenance technique, en ouvrant à des candidats reconnus travailleurs handicapés. »

Profil : touche-à-tout
« Nous recherchions un profil de candidat porté sur le bricolage, touche-à-tout et capable d’intervenir pour des petites pannes, poursuit le directeur de l’Amiénoise d’hôtellerie. Il y avait une difficulté pour trouver des personnes valides qui avaient des compétences classiques dans les métiers du bâtiment. C’était donc une opportunité pour nous. » Christophe, qui occupe désormais le poste, est satisfait de son sort : « Avant d’être reconnu travailleur handicapé, je travaillais dans le bâtiment. J’ai été notamment dessinateur pour le bâtiment. Mon nouveau poste me permet de bouger et de faire des choses différentes. Ce n’est pas routinier et cela me plaît. » Cyril Vantard justifie : « Avant de recruter Christophe, nous avons vu trois ou quatre personnes très intéressées pour travailler dans cet environnement, mais il n’y avait qu’un poste à pourvoir. Il n’y a pas eu besoin d’adapter le poste pour accueillir une personne handicapée. Christophe travaille pour les deux établissements : trois jours au Mercure et deux au All Seasons. »

Un partenariat efficace
L’entreprise d’accueil de Christophe n’a pas souhaité faire une communication spécifique sur son handicap auprès des autres employés. Cela ne se justifiait pas et seuls les chefs de service sont informés. D’ailleurs, Christophe travaille en lien direct avec le directeur des deux établissements. Il faut savoir qu’il y a 102 chambres à l’hôtel Mercure et 47 au All Seasons. En outre, il y a 250 m² de salons et un restaurant.
De son côté, le plongeur travaille sous la responsabilité du chef de cuisine. Mais il a fallu informer ses autres collègues du service restauration pour que ces derniers prennent en compte ses éventuelles difficultés d’adaptation. Toute l’équipe a été sensible et a fait des efforts pour s’adapter, les employés estimant que « tout le monde a sa place dans l’entreprise ».
Cap emploi, qui a en charge l’insertion des personnes handicapées à la recherche d’un emploi, intervient également dans l’accompagnement de ces derniers lorsqu’ils sont en poste.
Cyril Vantard est pleinement satisfait du partenariat instauré avec cet organisme d’insertion : « Les conseillers de Cap emploi sont très à l’écoute et proactifs pour le recrutement lorsqu’on les sollicite. Ils prennent en charge un accompagnement après embauche et l’on fait des efforts mutuels pour l’intégration. Ils ont une grande responsabilisation et sont en phase avec les attentes de l’entreprise. »