Leur expérience a forgé une « Folie Douce »

L’exploitation existe depuis 1984, mais la première cuvée date de 1988. Désormais, le procédé s’est affiné et la « Folie Douce » est dotée d’une quinzaine de cuvées. Marie-Pierre Gruson et Ferdinand Lapersonne, deux Nordistes installés en Thiérache, produisent cette boisson à base de fruits rouges. Malgré leur vécu et leur expérience, cette liqueur n’est pas encore très connue.

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Marie-Pierre Gruson et son mari Ferdinand Lapersonne possède aujourd’hui un verger de fruits rouges de sept hectares.
Marie-Pierre Gruson et son mari Ferdinand Lapersonne possède aujourd’hui un verger de fruits rouges de sept hectares.
Marie-Pierre Gruson et son mari Ferdinand Lapersonne possède aujourd’hui un verger de fruits rouges de sept hectares.
Marie-Pierre Gruson et son mari Ferdinand Lapersonne possède aujourd’hui un verger de fruits rouges de sept hectares.

L’ancienne cave à maroilles remplit à nouveau son office. A l’intérieur, il n’est cependant plus question d’y voir des centaines de fromages en plein affinage, mais des dizaines de bouteilles de « Folie Douce » patientant avant d’être vendues. Marie- Pierre Gruson, créatrice avec son mari, Ferdinand Lapersonne, de cette boisson alcoolisée à base de fruits rouges, dénombre une quinzaine de cuvées. De la cuvée du « Vieux Garçon » alliant la totalité de la récolte de fraises, framboises, cassis, mûres et groseilles à la liqueur de rhubarbe, ils ont multiplié les essais avant de faire de leurs tentatives un produit du terroir reconnu sur l’ensemble du département.
La première cuvée date de 1988. Ces deux Nordistes avaient choisi, quatre ans auparavant, de venir s’installer dans la campagne pour fuir l’urbanisation galopante de la métropole lilloise. Ils se sont donc installés au Nouvion-en-Thiérache. « Nous nous sommes installés sur une exploitation spécialisée dans les fruits rouges », raconte Marie- Pierre Gruson. Une exploitation de sept hectares au total, avec quelques chevaux arabes et quelques moutons. Très vite, le couple décide de se lancer dans l’exploitation des invendus. « Pourquoi n’en trouvions-nous nulle part ? C’est comme cela que l’idée a germé. » En Thiérache, la tradition locale est de réaliser des vins de fruits rouges que chacun distille chez soi. Si le vin de fruits rouges ne devait être à l’origine qu’un à-côté, la « Folie Douce » représente aujourd’hui 70 % du chiffre d’affaires de la ferme.

Des fruits produits au naturel
Pour que la réussite soit aussi complète que possible, les deux agriculteurs ont décidé de transformer le procédé local en utilisant leur liqueur à la place du vin rouge. Avec l’aide d’oenologues, ils ont affiné leur processus de fabrication. « Les fruits sont grossièrement broyés et mis en cuve. Nous rajoutons de l’eau et du sucre. Cela permet d’obtenir une boisson avec environ 15° d’alcool. Pour cette raison, elle s’appelle Folie Douce », précise-t-elle. Les fruits sont produits au naturel. Si le couple n’a pas fait la demande pour être homologué agriculture biologique, aucun produit phytosanitaire n’est répandu dans le verger. Les fruits sont soumis aux aléas des saisons. Le temps de cette année a ainsi gâté entièrement la production de cassis : il leur faudra acheter des invendus pour produire leur boisson.
Aujourd’hui, ils peuvent produire de 12 000 à 13 000 bouteilles par an. « Nous produisons environ 60 % de nos fruits et nous achetons l’autre partie », précise-t-elle. Le caractère principal de la boisson reste le mélange de fruits : « C’est devenu notre spécialité. » La quinzaine de cuvées qui se trouve dans l’ancienne cave à maroilles comprend à la fois des boissons demi-sec et des cuvées plus moelleuses pour contenter tous les palais.