Gofly : l’autogyreprêt à prendre son envol

Depuis déjà quatre ans, Eric Lefebvre travaille sur sa machine. Quatre années de recherches et de construction qu’il mène en parallèle de son métier de commercial et de sa vie de famille. Le prototype de sa machine est presque prêt. Les premiers vols tests sont pour dans quelques semaines.

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Eric Lefebvre a signé une convention avec l’association Alter ego fondée par Gérald Héquet.
Eric Lefebvre a signé une convention avec l’association Alter ego fondée par Gérald Héquet.

 

Eric Lefebvre a signé une convention avec l’association Alter ego fondée par Gérald Héquet.
Eric Lefebvre a signé une convention avec l’association Alter ego fondée par Gérald Héquet.

Sa petite entreprise vient de prendre un nouvel élan, propulsée par une convention de partenariat signée avec Alter ego entreprendre. Eric Lefebvre a toujours aimé voler. Il a obtenu son brevet avion en 1999. C’est à la même époque qu’il goûte à l’ULM. Il est d’emblée conquis par la sensation de liberté qu’il ressent aux commandes de la machine et par le côté convivial de la discipline. Comme la plupart, il a acheté sa machine et depuis dix ans ne vole plus que sur ça. Il y a cinq ans, il découvre l’autogyre, un ULM qui a la forme d’hélicoptère. Dans la foulée, il part en vacances. Sur place, il n’a qu’un regret : celui de ne pas avoir sa machine avec lui pour profiter des paysages bretons. La question s’était déjà posée une première fois lors d’un voyage au Maroc. Cette fois-là, il avait affrété une semiremorque pour acheminer la machine. L’idée lui est donc venue d’atteler directement l’engin à sa voiture. De retour, il s’est lancé dans les plans et les calculs en partenariat avec l’UTC pendant deux ans. Il a trouvé la solution pour l’autogyre et le pendulaire. En chemin, il a rencontré l’Agence régionale de l\\\\\\\’innovation (ARI) qui l’a aidé pour le montage de son dossier en vue de l’obtention d’une Prestation technologique réseau (PTR). Cette aide financière lui a permis de financer le dépôt de brevet et de payer une partie du bureau d’études. C’est également en 2009 qu’il a créé son entité juridique, Gofly. Et puis, il s’est lancé dans la construction d’un prototype. A Cambrai d’abord puis l’engin a été ramené sur aérodrome d’Amiens-Glisy pour des questions de logistique et afin de pouvoir avancer plus vite. Son objectif : construire un autogyre simple à emporter partout pour se libérer des contraintes et surtout moitié moins cher que les ULM qui sont actuellement commercialisés.

Un partenariat a créer
Son pari est de construire une machine à moins de 40 000 euros afin de la démocratiser. Il a pour cela choisi de faire confiance à un moteur beaucoup moins onéreux que celui qui fournit d’habitude toute la discipline. D’ici quelques semaines, l’autogyre sera testé. D’abord en roulage sur la piste, puis avec le rotor sur les roues arrière et enfin, progressivement, par sauts de puce comme le faisaient les pionniers de l’aviation afin d’affiner les calculs. Puis la structure sera complètement refaite et Eric Lefebvre s’attaquera à la commercialisation de son engin en faisant des démonstrations sur les terrains de la France entière. Cette phase se fera sous le regard bienveillant de l’association Alter ego, créée en avril 2011 sur le fondement de la recommandation entre professionnels et qui aide certains créateurs à développer leur entreprise et surtout leur réseau. Elle met à leur disposition la compétence de ses membres sous forme de crédit temps conseil. En pleine croissance, Alter ego Amiens réunit déjà une quarantaine d’adhérents qui se recommandent mutuellement en s’échangeant les adresses et les bons plans. « Je suis heureux d’être parrainé par Alter ego, explique Eric Lefebvre, car, dans l’aventure que je mène, on se sent souvent seul et un peu démuni. Quand on m’a proposé de faire partie du réseau, je me suis demandé ce que je pouvais, moi, apporter et puis ils m’ont convaincu. C’est vrai que maintenant, je me sens entouré. »
Reste désormais à trouver une entreprise partenaire qui souhaitera fabriquer les machines. Une recherche dans laquelle Eric Lefebvre s’est une fois encore lancé à fond.