Chambre de commerce et d’industrie territorialede l’Oise : bilan et perspectives…

Elu président de la CCIT de l’Oise en février 2011, Philippe Enjolras a présenté son bilan de près d’un an et demi d’activité. Avec des dossiers structurants et des projets ambitieux.

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Quelques jours après son assemblée générale, le président Philippe Enjolras (à d.), a fait un tour d’horizon complet des activités de la chambre de commerce et d’industrie de l’Oise.
Quelques jours après son assemblée générale, le président Philippe Enjolras (à d.), a fait un tour d’horizon complet des activités de la chambre de commerce et d’industrie de l’Oise.
Quelques jours après son assemblée générale, le président Philippe Enjolras (à d.), a fait un tour d’horizon complet des activités de la chambre de commerce et d’industrie de l’Oise.
Quelques jours après son assemblée générale, le président Philippe Enjolras (à d.), a fait un tour d’horizon complet des activités de la chambre de commerce et d’industrie de l’Oise.

Seize mois après sa prise de fonction à la présidence de la chambre de commerce et d’industrie de l’Oise, Philippe Enjolras va toujours droit au but. Juste avant la trêve estivale, ce fonceur a voulu présenter un « arrêt sur images » des dossiers qui mobilisent autant les élus que les services, et leur nouveau directeur général, Laurent Delavenne (voir cicontre).

Priorité au fluvial
« Ce n’est pas l’incertitude sur le canal Seine-Nord Europe qui nous empêchera de faire ce qu’on a à faire en matière d’activité fluviale », assène le président, pleinement engagé dans le développement des infrastructures portuaires de la CCIT. La chambre consulaire est aujourd’hui en charge de deux délégations de service public, l’une pour le port de Creil, l’autre pour celui de Nogent-sur-Oise. Mais les projets de restructuration de la ville et de la communauté d’agglomération de Creil vont entraîner la disparition de cette zone portuaire… au bénéfice de sa voisine de Nogent. Des efforts considérables de redynamisation du port de Nogent ont déjà débuté, avec des travaux de signalisation au sol, d’amélioration de l’accès, de remise en état électrique… Des achats de terrains sont en cours pour créer une zone de manutention et de stocks tampon. De plus en plus séduites par les avantages économiques et environnementaux du fluvial, les entreprises n’ont pas tardé à manifester leur intérêt. « Sous un an, on devrait atteindre plus de 300 000 tonnes d’activité », estime Philippe Enjolras. Et la création de deux autres plates-formes portuaires est prévue : à Saint-Leu d’Esserent, le projet mené en collaboration avec la ville et Voies navigables de France est déjà très avancé. Spécialisée sur les granulats, la plate-forme couvrira dans un premier temps une zone de près de cinq hectares et devrait être mise en service à la fin de l’année. « Evidemment, notre développement sera encore plus fort en cas de concrétisation du canal Seine- Nord, qui n’est en fait rien d’autre que la mise à grand gabarit de l’Oise », conclut le président.

La chambre de commerce et d’industrie de l’Oise investit massivement dans le fluvial, comme ici au port de Nogent-sur-Oise.
La chambre de commerce et d’industrie de l’Oise investit massivement dans le fluvial, comme ici au port de Nogent-sur-Oise.

Réindustrialisation du territoire
Cet effort sur les infrastructures a, entre autres, pour objectif de favoriser la réindustrialisation du territoire, durement affecté par la crise. « Nous devons tout d’abord mettre en avant tous les éléments d’attractivité du département, en matière d’infrastructures mais aussi d’éducation, sur le plan culturel ou touristique, nous devons recenser de façon exhaustive tous les terrains disponibles, les friches permettant des implantations », indique Philippe Enjolras, dont les services préparent pour la fin de l’année un document de prospection avec d’autres collectivités. Par ailleurs, un groupe de travail regroupant des représentants des branches professionnelles, des industriels et des chercheurs a été mis en place. Son rôle : recenser toutes les entreprises ayant totalement ou partiellement délocalisé leur production, et celles qui en ont l’intention, et ce, pour les convaincre de relocaliser ou de surseoir à leur décision. Enfin, un fonds d’investissement vient d’être créé à l’initiative de la CCIT de l’Oise, qui devrait être rejointe par d’autres chambres picardes : « C’est bien le moins que les CCI aident les entreprises dans ces périodes difficiles en leur apportant des financements en fonds propres et en facilitant ainsi la levée de fonds bancaires. »

Commerce en berne et zones éclatées
« Le commerce ne vit pas en ce moment des heures glorieuses : les prix ont tendance à augmenter, les ménages à réduire leurs dépenses, et même la météo n’est pas favorable », déplore le créateur d’une chaîne de boutiques bio. Pour lutter contre la désertification des villages, la CCIT de l’Oise a imaginé un concept, clés en main, de commerce en milieu rural, avec un assortiment type et une centrale d’achats. « Mais nous sommes toujours en recherche d’une commune test », avouet- il. Et en milieu urbain, il prône des commerces de centre-ville favorisés, par exemple par le projet beauvaisien Hammerson, mais s’insurge contre l’éclatement des zones commerciales : « Il faut renforcer les zones existantes au lieu d’en créer d’autres un peu partout qui vivoteront » s’emporte-t-il. Reste que la CCIT de l’Oise contribue efficacement au développement commercial du département, notamment au travers des dispositifs Fisac (fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce). Bien qu’ayant subi quelque retard, le projet d’aménagement d’une zone de quatre hectares près de l’aéroport de Beauvais-Tillé est plus que jamais d’actualité. Outre une pépinière d’entreprises de services, elle accueillera un centre de formation des apprentis pour les métiers aéroportuaires. La construction d’un hôtel-restaurant haut de gamme est actuellement à l’étude : hébergeant les voyageurs en transit, il permettrait aussi aux apprentis en hôtellerie et restauration de faire leurs armes… Car il ne faut pas oublier que la formation est l’une des activités majeures de la chambre de commerce, à Gouvieux pour la filière hôtellerie-restauration et à Nogent-sur-Oise pour les filières optique-lunetterie, ventegestion- banque et automobile. Cette dernière filière va d’ailleurs être déployée, en partenariat avec la branche professionnelle. La surface d’ateliers va être étendue de plus de 1 000 m² et l’ensemble des équipements, bancs d’essai, etc., renouvelé, pour construire un véritable pôle d’excellence. Mais l’excellence, à la CCITO, c’est un défi chaque jour relevé !