Les Rencontres régionales de l’économie 2017

Publié dans le numéro 3667 par

 

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Le mieux de l’économie régionale en 2001, constaté par la Banque de France et les entreprises elles-mêmes, devrait se prolonger en 2017 pour peu que les prochaines échéances ne viennent pas entacher leurs prometteuses perspectives.

(de g. à dr.), Sylvie Duchassaing, directrice des études CCIR Hautsde-France, Philippe Hourdain, président de la CCIR Hauts-de-France, Stéphane Latouche, directeur régional de la Banque de France, et David Brusselle, directeur général CCIR Hauts-de-France.

Cela fait quelques années que les Rencontres régionales de l’économie n’avaient pas présenté, « pour une fois, des résultats qui sont peut-être encourageants », à en croire le président de la CCIR Hauts-de-France. C’est en tout cas le message global que l’on peut retenir de la présentation du bilan économique dressé par la succursale lilloise de la Banque de France à partir des données financières de plus de 2 200 entités économiques et des perspectives économiques collectées par la CCI de région à partir des opinions de 4 000 entreprises régionales représentatives du tissu économique. « Le cadre général est plutôt porteur, mais avec une croissance en France un peu au ralenti », a indiqué Stéphane Latouche, directeur régional de la Banque de France, avant de détailler les résultats de l’enquête annuelle Banque de France. La preuve avec ces des secteurs que sont l’industrie et la construction. Industrie : « La bonne nouvelle, c’est que l’indicateur du climat des affaires est passé au 2e trimestre au-dessus de la moyenne de longue période et que tout au long de l’année nous avons pu constaté ce redressement du moral des chefs d’entreprise et des indicateurs régionaux tirés très clairement par l’industrie automobile. » On retiendra le léger redressement des chiffres d’affaires (0,3%) et des exportations (02%, à l’inverse de la tendance nationale), des effectifs toujours ajustés à la baisse (-0,4%), des dépenses d’investissement reparties à la baisse (-0,6%) et une deuxième année d’amélioration de la rentabilité d’exploitation (jugée positive par 43,8% des entreprises). Les secteurs moteurs sont les matériels de transport (CA en progression de 1,9%) et les IAA (+1,2%), alors que les industries électriques et électroniques sont stables et que les autres produits industriels sont en baisse de 0,6%, tirés vers le bas par la chimie et le textile. Contrepartie du recul « préoccupant » de l’investissement, les entreprises ont atteint des taux d’épargne historiquement élevés et déclarent une rentabilité en progression et consolidation. Pour 2017, deux bonnes nouvelles escomptées avec une accélération de la hausse de CA (3,7%) et de la rentabilité, mais aussi deux moins bonnes, avec des effectifs orientés à la baisse (-0,7%), tout comme l’investissement (-2,8%). Construction : « La construction est un secteur qui, nationalement et régionalement, traverse une passe difficile, mais 2016 est clairement l’année du retournement », tant les indicateurs se sont améliorés : -0,4% pour le chiffre d’affaires contre -3,4 en 2015, -2,2% pour les effectifs contre -3,1% et +4,3% pour l’investissement contre -17,9%. Par secteurs, le gros œuvre a tiré son épingle du jeu, CA en hausse de 0,8% après -3,1% en 2015, mais avec des marges inférieures à 2015, alors que le second œuvre s’affiche à -1,1% après -2,8% et les travaux publics, à -0,9% après -5,3%. Les perspectives laissent entrevoir pour 2017 un retournement avec un chiffre d’affaires attendu en hausse de 2,8% et des effectifs stables, alors que l’investissement reculerait de 12,9%. Sans doute toujours l’effet Présidentielles.

Du mieux en 2016 et un optimisme teinté d’attentisme pour 2017

Quel bilan tirent les chefs d’entreprise de 2016 ? « Ils sont plutôt satisfait de l’année écoulée. » Comment voient-ils 2017  ? Leur anticipation est beaucoup plus positive que celle exprimée l’an dernier, à ceci près qu’ils sont aussi très nombreux à ne pas se prononcer… « Quand on demande aux dirigeants d’entreprise de regarder dans le rétroviseur, ils sont plutôt satisfaits de l’année écoulée », analyse Sylvie Duchassaing, directrice des études à la CCIR Hautsde-France, à constater le solde des opinions exprimées (la différence entre les opinions favorables et les opinions défavorables). Cette amélioration se constate aussi sur leur activité : « Il n’y a pas photo, la croissance des chiffres d’affaires est plus soutenue et plus équilibrée (+17% contre +6% en 2015), tirée par les ventes tant en France (+18% contre +13%) qu’à l’étranger (+21% contre -1%), avec une amélioration de leur situation financière tant en trésorerie (+17% contre +5%) qu’en rentabilité (+17% contre +2%). Et cette bonne nouvelle concerne tous les secteurs d’activité, même le commerce de détail (+3% contre -7%), et toutes les entreprises quelle que soit leur taille. » Ce que sera 2017 ? « Nous avons plutôt des signaux positifs, détaille Sylvie Duchassaing, mais des dirigeants attentistes. » Pour autant, la directrice des études de la CCIR met en garde sur « un fait marquant de l’enquête qu’est la grosse incertitude sur l’année en cours à regarder le solde des opinions sur l’investissement. Certes, il s’inscrit clairement à la hausse (+5%), mais le nombre de dirigeants qui ne se prononcent pas est cette année de 37% contre 15% l’an dernier ». Un attentisme qu’expliquent les élections et qui n’interdit pas de voir repartir l’investissement à la hausse au second semestre. S’il se réjouit de cette reprise de la confiance – « certes encore timide, mais une reprise pour la première fois depuis plusieurs années » –  et de l’emploi –  « l’hémorragie s’arrête » –, Philippe Hourdain, président de la CCIR Hauts-deFrance, estime important de porter la réflexion sur le peu d’investissement  : « Au rythme où les technologies évoluent, ne pas investir, c’est se différencier par le bas par rapport à la concurrence étrangère. » Sans oublier d’alerter sur l’inquiétude que représentent les prochaines échéances pour les chefs d’entreprise  : « Certains programmes ne sont pas propices au développement de l’économie. Le coût de l’abandon de l’euro est estimé à 30 milliards d’euros pour la sphère publique et à autant pour la sphère privée. C’est inquiétant. On sent une nervosité très forte au niveau des grands investisseurs internationaux. Il faut être très attentif. La France n’a pas les moyens de s’offrir ce genre de péripéties. »