Les maires de la Somme réunis en congrès à Mégacité

Publié dans le numéro 3661 par

 

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La réforme territoriale et les restrictions budgétaires ont occupé une grande place dans les débats et interventions.

L’Association des maires de France (AMF) 80 organisait son congrès annuel à Mégacité le 10 février. Au programme de cette journée studieuse : la traditionnelle assemblée générale ordinaire, des conférences, un débat et plusieurs temps d’échanges. L’événement a rassemblé plus de 300 élus du département.

La journée était à la fois studieuse et conviviale pour les 300 élus présents à Mégacité le 10 février au congrès des maires de la Somme, organisé par l’AMF 80. Cet événement, qui a lieu tous les ans, est l’occasion de dresser un bilan – financier et moral – de l’année écoulée, de débattre sur des sujets d’actualité et d’échanger avec les autres élus du département. Cette année encore, le congrès était surtout marqué par la récente réforme territoriale et la baisse des dotations de l’État, des sujets qui préoccupent beaucoup les maires actuellement, comme l’a rappelé Jean-Claude Billot, président de l’AMF 80, dans son propos introductif : « Nous traversons actuellement une période de turbulences, avec peu de visibilité sur l’avenir. Les nombreuses lois de finances et la multiplication des normes ont complexifié nos tâches. La situation des maires est devenue très inconfortable. »

Bilan et perspectives Dans la matinée, l’AMF 80 a dressé son rapport d’activités, moral et financier. L’association compte deux communes de plus qu’en 2016. « Nous sommes désormais 740 membres contre 739 l’an passé, nous couvrons donc 95% du territoire », s’est félicité Dominique Renaud. Le secrétaire de l’AMF 80 a également évoqué la vie de l’association : « Le conseil aux élus a totalisé 225 questions en 2016, contre 271 en 2015. Les principaux thèmes abordés concernent les indemnités du maire à compter du 1er janvier 2016, les marchés publics et l’entretien des voiries. » L’association a par ailleurs formé les maires sur de nombreux sujets comme l’état civil, la loi Alur, les décharges sauvages ou encore la prévention des risques naturels. La formation fait partie des nombreuses missions de l’AMF 80, tout comme l’information, l’animation de son réseau et le lien qu’elle fait avec les autres élus du territoire et les pouvoirs publics. L’association créée en 1975 a aussi un rôle de conseil. Elle apporte aux maires un service d’information juridique et les oriente vers les administrations compétentes. Chaque trimestre, elle édite le bulletin des maires de la Somme, destiné à les informer sur les différentes actualités du département. Après ce bilan, Jean-Claude Billot a fait part des actions qu’il souhaiterait mener avec son équipe en 2017 : « Il me paraît important de développer les partenariats. Avec l’Ordre des médecins, d’abord. Notre département, très rural, est sujet à la désertification médicale. Or la santé est une priorité. Avec la justice aussi, ce qui permettrait de mieux définir le rôle des élus. » Des actions qui permettraient de renforcer le rôle des maires, que le président de l’AMF 80 qualifie de « garants de la paix sociale de notre pays ».

De nombreuses inquiétudes

Plus tard dans la matinée, André Flajolet, vice-président de l’AMF et président de l’AMF 62, animait une conférence sur les finances locales devant une salle comble : « L’AMF a porté cette préoccupation majeure devant les ministères concernés. Nous continuons les discussions et avons obtenu la création d’un observatoire des finances publiques locales dans la loi NOTRe. » Le maire de Saint-Venant (Pas-de-Calais) a par ailleurs insisté sur le fait que « l’État doit reconnaître les collectivités comme des partenaires et mettre fin à la prolifération et à l’instabilité des normes ». André Flajolet souhaite par ailleurs la création d’un pacte financier visant à garantir la prévisibilité des ressources, qui sera un « véritable carnet de route » pour le mandat 2017-2022. Après cette intervention, les élus se sont massés dans le hall de Mégacité pour aller à la rencontre des nombreux partenaires exposants présents. Parmi eux, la chambre des notaires de la Somme, Enedis, Groupama, le Crédit Agricole ou encore les Horloges Huchez. Les échanges se sont poursuivis au cours du cocktail déjeunatoire qui a précédé le débat sur les nouvelles politiques régionales et départementales en faveur des collectivités territoriales.

Des promesses Les interventions de Laurent Somon, président du conseil départemental et de Xavier Bertrand, président du conseil régional, y étaient très attendues. Le premier a évoqué son souhait d’une « collectivité plus moderne, plus réactive, en état d’investir » et ses projets de développement des sports et loisirs de nature et du numérique. « Je souhaite que la Somme prenne toute sa place dans notre région. Elle est un territoire d’équilibre entre le rural et l’urbain, entre l’Île-de-France et le Nord, entre fleuve et grandes terres », a-t-il ajouté. « Tout ça doit se faire avec les communes. Je peux donc vous assurer de mon engagement à vos côtés », a promis Laurent Somon. De son côté, Xavier Bertrand s’est positionné comme « le maire de la grande région ». « Cette fonction est celle qui m’a le plus marqué durant ma carrière. Quand on est maire, on doit penser aménagement, vision et proximité. Il n’y a pas de petits maires, on est tous maires d’une population », a-t-il résumé. Le président de région a lui aussi évoqué les difficultés financières que rencontrent les édiles, en pointant du doigt le gouvernement : « L’argent ne coulera jamais plus à flots. Si l’État gérait son argent comme vous gérez vos communes, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Et c’est valable pour toutes les couleurs politiques. » Une intervention très appréciée et applaudie par l’assemblée. La journée de travail a été clôturée par le discours de Philippe de Mester, préfet de la Somme, avant un cocktail qui a permis de poursuivre les échanges dans la convivialité.