Biom Paris lance la première brosse éco-conçue

Publié dans le numéro 3656 par

 

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L’ambition de Sandra Legel : poursuivre le développement de son activité dans l’Oise.

Comment faire évoluer de façon intelligente les objets du quotidien ? C’est en partant de ce questionnement que Sandra Legel a décidé de créer sa start-up, Biom Paris. L’idée est simple mais il fallait y penser : la jeune dirigeante s’est lancée dans la création de produits écologiques et innovants, avec entre autres ambitions celle d’installer une unité R & D dans la région.

Sa start-up, Sandra Legel en a rêvé de nombreuses années. Son projet se concrétise l’an dernier, et c’est au sein d’un incubateur parisien, Paris Pionnières, que la mère de famille de 46 ans qui habite avec sa famille à Lamorlaye, décide de s’installer. Biom Paris est né d’un constat simple : « Nous utilisons au quotidien une multitude d’objets électroniques qui n’ont pas connu d’évolutions depuis de nombreuses années, et si innovations il y a, elles ne sont pas forcément des plus efficaces, explique Sandra Legel. Sans compter que derrière 99% d’entre elles, on trouve souvent des hommes. »

Une première

Et quoi de plus quotidien qu’une brosse pour toilettes… l’idée peut prêter à sourire mais c’est très sérieusement que la créatrice et son équipe d’une dizaine d’indépendants (designers, ingénieurs, graphistes…) s’est penchée sur la question pour mettre au point un produit éco-conçu. Pour ce faire, elle a pu compter sur une première levée de fonds de 120 000 euros via la plateforme Ulule, la seconde étant déjà en préparation. « Ce balai-brosse, baptisé bbb, est une première française, voire mondiale », assure Sandra Legel qui s’est inspirée de la nature pour la forme de sa brosse, en mesure de nettoyer l’ensemble des recoins des toilettes contrairement aux brosses classiques actuellement sur le marché. « Notre réflexion a porté sur la façon de réduire l’impact environnemental du produit, avec des matériaux éco-conçus [ndlr, la bbb est notamment fabriquée à base de canne à sucre et d’élastomère biosourcé] dont le rendement et la durée sont supérieurs aux produits pétrochimiques. C’est la raison pour laquelle l’Ademe nous soutient et nous co-finance », poursuitelle. La commercialisation de la bbb, disponible en plusieurs couleurs, va débuter en mai, sur des sites marchands en France et en Belgique. Biom Paris a aussi lancé un protocole de test avec des groupes hôteliers pour les équiper en brosses, poubelles et dérouleurs.
Développer la recherche en Picardie

Si à ses débuts Sandra Legel trouvait plus logique d’intégrer un incubateur parisien qu’elle quittera en avril prochain, son objectif a toujours été de domicilier sa société en Picardie et de travailler avec des acteurs locaux. Une de ses ambitions pour 2017 : « Trouver des bureaux au sein du Centre d’excellence en biomimétisme (Ceebios) de Senlis pour travailler sur la partie R & D, et relancer l’activité de la brosserie dans l’Oise afin de créer de la richesse au niveau régional. » La dirigeante planche déjà sur d’autres produits « pratico-pratiques », la conception de papier toilettes, un marché qui pèse 8,6 milliards d’euros en Europe, et d’éponges nouvelle génération « pour lutter contre le gaspillage et trouver d’autres façons d’utiliser les éponges. Concernant le marché du papier toilettes, nous nous attaquons à des géants, il nous faut des soutiens », reconnaît Sandra Legel qui a encore besoin de lettres d’intention d’achat pour démontrer le potentiel de chiffre d’affaires réalisable. « Mon leitmotiv, c’est de travailler avec des personnes ayant des idées afin de les concrétiser. Je crois aux valeurs de partage qui émergent depuis quelques années, c’est ce qui se passe le mieux aujourd’hui dans notre monde… »