L’or rouge de la baie de somme

Publié dans le numéro 3698 par

 

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Dans leur ferme de Romiotte, à Ponthoile, Anne et Henri Poupart cultivent une épice que l’on pense venir d’ailleurs : le safran. Ils lui consacrent un hectare. Cette année, plus de deux kilos ont été récoltés.

Anne Poupart a eu le coup de cœur pour la culture du safran.

Dans un grand bocal, des centaines de pistils de safran sont stockés. Ils ont séché durant de longues minutes dans un four. Subtile, l’épice enrichit les plats sucrés comme salés. Elle aurait aussi des vertus bien-être, antalgiques, anti-tumorales ou encore aphrodisiaques… La très grande majorité du safran mis en vente serait du faux, et pour cause, ses pistils valent de l’or. Il faut compter 35 000 euros le kilo. Cela fait sept ans qu’Anne et Henri Poupart en cultivent en baie de Somme. Le bulbe a besoin de froid pour pousser. Pour la première fois, ils ont atteint les deux kilos récoltés sur leur parcelle d’un hectare. Chaque année, le bulbe se multiplie par trois : « J’ai vu une émission sur le safran et j’ai eu le coup de cœur, se rappelle Anne Poupart. C’est une petite épice, sa couleur est magnifique et le travail est minutieux. Plantés en août, les bulbes donnent en octobre/novembre. Cette année, la saison a été en avance de trois semaines. Un jour, nous avons cueilli 56 000 fleurs ! » Le couple a pu compter sur une dizaine de saisonniers pour l’épauler. Des fleurs s’ouvrent chaque jour. Elles sont comptées avant d’être coupées. Il faut aller vite. Éphémères, elles ne vivent que 24 heures. « C’est magique, confie Anne Poupart, toujours aussi passionnée et avide de conseils. On ne sait jamais ce que l’on va trouver chaque matin ». La qualité de travail du couple a été récompensée en 2015 par une médaille de bronze au salon de l’agriculture.

34 EUROS LE GRAMME

Anne Poupart fait visiter sa safranière sur rendez-vous. Plus de 750 personnes par an, notamment des Belges et des Néerlandais, viennent sur place. L’épice peut être achetée à la ferme. Conditionnée entre 0,1 et 1 gramme, il faut compter 34 euros du gramme. De quoi cuisiner entre 90 et 100 assiettes. Des épiceries fines, en grande majorité dans les Hauts-de-France, et des restaurateurs ont été séduits par son safran. Vinaigre, confits, sirops, confitures ou encore pâtes de fruits au safran sont aussi vendus… « Beaucoup de personnes n’osent pas utiliser le safran », explique t-elle. Sur le site internet www. safrandelabaiedesomme.com, chacun peut retrouver les dates des visites, des conseils culinaires et des nouveautés… Et si l’envie vient d’avoir sa propre safranière, les bulbes peuvent être réservés en mai. Les prix dégressifs commencent à 1 euro le bulbe.