Vers un rapprochement de l’Esiee et de l’Esiame

Publié dans le numéro 3692 par

 

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Les écoles d’ingénieurs d’Amiens et de Valenciennes réfléchissent à une fusion. Cette « super-école » pourrait devenir le 7e Institut national des sciences appliquées (INSA).

Nous avons eu une première réunion de travail vendredi dernier avec la direction de Valenciennes. Le 20 septembre, l’INSA décidera si ce projet peut intégrer le réseau national. Nous sommes vraiment au tout début du processus », explique Jérôme Fortin, directeur de l’Esiee depuis 3 ans. Avec 530 élèves cette année – soit une hausse de 44% depuis 2014 – l’école d’ingénieurs se porte bien. Mais dans un environnement très concurrentiel, l’heure est au regroupement. « Le rapprochement avec Valenciennes nous permettrait d’atteindre le chiffre de 1 500 élèves [l’objectif est de 2 000 à l’horizon 2020], ce qui est l’un des critères pour rejoindre le réseau INSA », ajoute-t-il. Evoqué dès 2013, ce projet a été officiellement lancé en juillet lors d’une conférence de presse organisée à la CCI Amiens Picardie, structure à laquelle est rattachée l’Esiee. Amiens et Valenciennes doivent préciser le modèle de cette future école d’ici la fin de l’année.

Une fusion en projet

Si la formule a déjà été éprouvée avec la création de l’INSA Centre Val de Loire en 2014, le chantier nordiste s’annonce immense. Tout commencera par un changement de statut. L’Ensiame devra se détacher de l’université et l’Esiee, actuellement école privée associative, se transformera en institut public, comme tous les INSA. « Cela pose de nombreuses questions, il y aura nécessairement une phase transitive », note Jérôme Fortin. Un projet ambitieux qui passera également par une montée en gamme, une perspective réjouissante pour une école qui souffre d’un déficit d’image. « Aujourd’hui nous avons un problème d’orientation. 80% des bacheliers S du territoire s’orientent vers la Paces. Nous avons une pyramide inversée avec peu d’élèves en première année mais de bons chiffres ensuite. Pourtant, la qualité de l’enseignement est reconnue et l’ensemble des 5e années trouvent un emploi », poursuit-il. Sur un plan pédagogique, rien n’a encore été évoqué, mais les formations proposées à l’Esiee, qui compte 4 filières (génie électrique et développement durable, génie énergétique du bâtiment, génie réseaux informatiques et télécommunications et génie systèmes de production) sont parfaitement complémentaires de celles dispensées à l’Ensiame.

Attractivité du territoire « J’ai pour habitude de dire que j’ai deux clients, les élèves et les industriels. Nous sommes ancrés dans le territoire, mon objectif commun avec Thierry Lacout, président de l’Esiee, est de former des ingénieurs opérationnels qui viendront ensuite renforcer le tissu économique local », assure Jérôme Fortin. En dehors de ce projet de fusion, l’école affiche une belle dynamique avec le développement de l’alternance – 170 contrats signés cette année, dont 40% en cycle d’ingénieur – et une mutation des enseignements, notamment en mécatronique pour répondre aux besoins de demain.