Une Safer unique pour la région

Publié dans le numéro 3685 par

 

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Conséquence de la fusion des régions, les deux Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) Picardie et Flandres-Artois n’en forment plus qu’une depuis le 19 juin. La « jeune » Safer Hauts-de-France délivre sa feuille de route pour les mois à venir, avec un dossier important : le canal Seine-Nord.

Un conseil d’administration renouvelé. On ne peut pas parler de révolution à la tête de la Safer Hauts-de-France. Sylvain Versluys, ancien président de la Safer de Picardie, devient président de la nouvelle entité. Denis Bollengier, président sortant de la Safer Flandre-Artois, en devient le 1er vice-président et Hubert Bourgois est nommé directeur général délégué. Tous sont impliqués depuis de longue date dans le monde agricole et syndical et dans l’univers du foncier. C’est du côté du conseil d’administration que les changements s’observent. Désormais réparti en trois collèges (organisations professionnelles agricoles, collectivités, autres organismes comme des associations de chasseurs), comme la loi l’exige, le Conseil d’administration est composé de 43 membres (24 administrateurs et 19 censeurs). « La Fédération national nous a beaucoup aidés pendant ces deux ans et demi où nous préparions cette fusion, précise Denis Bollengier, 1er vice-président. Nous avions déjà l’habitude de travailler ensemble. Les deux Safer échangeaient régulièrement, notamment avec un programme commun de formations du personnel. »

Mutualisation des compétences et recrutement de personnel

Contrairement à d’autres structures, la fusion n’a pas eu pour conséquence de supprimer des postes redondants. Et pour cause, certaines entités tournaient en sous-effectif. « La régionalisation nous a permis d’embaucher du personnel, notamment en Picardie où il y a eu des départs en retraite », indique Hubert Bourgois, le directeur général délégué. « La fusion n’est pas là pour optimiser les moyens, mais pour pouvoir apporter plus de services au niveau régional », poursuit-il. Comme la spécialisation cartographique ou le recrutement d’un expert informatique. La nouvelle équipe se félicite d’une meilleure complémentarité des territoires et des savoir-faire. L’actuelle Safer a décidé de garder son siège social à Boves, en Picardie, et de faire de Lille, au 21 bis, rue Jeanne-Maillotte, son siège administratif. Une particularité qui peut étonner mais que justifient les membres. « C’est à la fois politique et social, assure Sylvain Versluys. Cela nous permet d’être au plus près des acteurs agricoles, économiques et associatifs du territoire. Tout mettre à un seul endroit nous aurait éloignés du terrain. » C‘est notamment pour cette raison que les deux antennes picardes de Laon et de Beauvais sont maintenues.

Des enjeux stratégiques redéfinis

Une dizaine de personnes travaille à Boves et une vingtaine, à Lille. « Notre service foncier est transversal. Nos agents fonciers reviennent donc toutes les semaines au siège social pour se rencontrer et échanger », appuie Hubert Bourgois. D’autant plus que les territoires sont très différents : une Picardie avec de très grandes exploitations, plus de 3 300 hectares de vigne et des actions menées davantage sur les cessions et reprises d’installation, et un territoire en Flandres-Artois plutôt concerné par des travaux périurbains. « Nous avions des méthodes de fonctionnement interne différentes, dues en partie à la spécificité des deux territoires, renseigne Hubert Bourgois. Nous allons donc mener, en douceur, un gros travail sur la convergence des procédures. » La Safer, en tant qu’opérateur foncier de l’espace rural et périurbain, mène une mission d’intérêt général au service des politiques publiques et en particulier de l’agriculture régionale. À ce titre, elle œuvre pour limiter l’impact de l’artificialisation des terres et protéger ainsi l’agriculture en région. « Il y a une reprise de l’artificialisation des terres en Nord-Pas-de-Calais, note Hubert Bourgois. Avant 2010, 2 000 hectares étaient voués à l’urbanisation. Ce chiffre est passé à 600/ 700 en 2014, pour repartir à la hausse en 2016 en avoisinant les 900 hectares. »

Les axes prioritaires d’intervention

Cette toute nouvelle Safer aura, ces prochaines années, des dossiers incontournables à gérer. En premier lieu, le projet pharaonique du canal SeineNord. « Nous sommes propriétaire à 90% des 2 500 hectares de terres agricoles concernées par le tracé », précise le directeur général. Les agriculteurs impactés recevront une compensation. « Nous allons prochainement commencer la redistribution des terres », poursuit-il. Autre gros dossier, le renouvellement de générations avec des départs d’ici cinq ans, notamment en Picardie. « Nous avons de sérieuses inquiétudes concernant les zones d’élevage autour de l’Avesnois et du Boulonnais. Il y a des exploitations laitières avec des magnifiques outils de production, amenées peut-être à disparaître faute de repreneurs », alerte la nouvelle équipe à la tête de la Safer Hauts-de-France.