Paris-Beauvais : l’atout économique de la région

Publié dans le numéro 3686 par

 

Vous devez être connectés pour visualiser cet article

L’aéroport de Beauvais est en essor permanent. Nouvelles lignes, nouveaux objectifs, nouveau nom, cet aéroportuaire est devenu, en deux décennies, le plus important de la région.

C’est l’été. Les vacanciers affluent par milliers à l’aéroport de Paris-Beauvais pour embarquer parmi les 66 destinations proposées à l’étranger, à deux exceptions près. Avec ses 4 millions de passagers en 2016 (Lille-Lesquin a enregistré 1,8 millions), l’aéroport isarien est aujourd’hui devenu incontournable pour ses prix des billets défiant toute concurrence. La clé du succès ? Le modèle économique. « Nous avons saisi l’opportunité de ce qu’on appelle le low-cost aérien et la venue de Ryanair, explique Philippe Enjolras, président de la CCIO, le modèle économique repose sur un transit court, 25 minutes, ce qui favorise davantage de trafic, et donc de rendement. Et l’autre pan de ce modèle est le prix avantageux de l’aéroportuaire, dans le but d’avoir le plus de passagers possible tout en faisant une marge avec le parking, la billetterie des navettes de bus et les magasins ». Un modèle décrié par la Cour régional des Comptes mais vite prôné par l’ancien ministre du Transport, Ségolène Royal, qui n’y voyait, selon ses termes, « rien d’illégal ». Avec ce système, Paris-Beauvais a grandi. De nombreuses lignes se sont ouvertes à l’instar de Paris-Beauvais Ajaccio, inaugurée il y a quelques mois. Une autre destination est en cours de négociation : New-York. « Nous serions les plus heureux mais, comme toute ouverture de ligne, le travail est long et la décision ne nous revient pas mais revient aux compagnies », note le président de la CCIO.

De nouveaux objectifs

L’aéroport de Beauvais, présidé par Michel Liot et géré par la société Sageb, a su également s’implanter dans le paysage. Représenté comme le troisième aéroport de Paris, et renommé Paris-Beauvais l’année dernière, il bénéficie d’une situation géographie idéale. « Nous sommes à 70 kilomètres de Paris et cela a contribué indéniablement à sa réussite », confie Philippe Enjolras. Autre facteur de sa réussite, son taux de remplissage : Paris-Beauvais enregistre le taux le plus élevé de remplissage des avions en France car « les avions partent toujours remplis ou à 80% remplis mais jamais en dessous », expliquent le président de la CCIO. Ces données purement économiques ne sont pas le seul argument de cette réussite. L’environnement est un facteur essentiel avec notamment l’installation d’un appareil de mesures de la pollution dans l’aéroportuaire. « Les données montrent que nous sommes une des zones les moins polluées du Beauvaisis, l’idée est de concilier développement économique et respect de l’environnement », confie Philippe Enjolras, à l’heure d’une prise de conscience environnementale collective. La suite ? Développer la clientèle d’affaires contribuant à l’attractivité du territoire et développer davantage le tourisme dans l’Oise et la région grâce à l’aéroport. « Il faut se servir de l’aéroport pour drainer les touristes sur nos territoires », note le président de la CCIO.

Ce développement permanent ne peut que ravir les vacanciers et l’agglomération du Beauvaisis : son ouverture ne fut pas de bon augure aux yeux de tous mais aujourd’hui, il fait l’unanimité.