L’Hydroplane, une péniche culturelle itinérante

Publié dans le numéro 3687 par

 

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L’Hydroplane s’est arrêté sur le quai de la Somme début août. Curieux et curieuses ont pu observer, par belle météo, un dirigeable gonflé sur le pont. Cette péniche est une salle de spectacles qui a proposé pendant deux semaines théâtre et concerts à Frise, Camon, Amiens et Capy, avant de reprendre le fleuve du retour pour Lille. Clémence Boulfroy, présidente de l’association Anti-stress et fondatrice du projet a rencontré Picardie la Gazette.

Picardie la Gazette : Qu’est-ce que L’Hydroplane?

Clémence Boulfroy : L’Hydroplane est une péniche de gabarit Freycinet. Ce qui signifie que ce gabarit est utilisable sur le canal de la Somme, car les écluses font 39 mètres de long, elles sont donc adaptées pour accueillir des bateaux de ce type. C’est aussi la taille des anciens bateaux qui circulaient en 1998 pour le commerce. La péniche vient de Lille, elle a été achetée par la compagnie Transport culturel fluvial avec comme objectif de devenir un bateau de spectacles. J’ai rencontré cette compagnie il y a deux ans, lorsqu’il était question d’amorcer notre projet.

P.L.G. : Quel est votre projet ?

C.B. : Je suis présidente de l’association Anti-stress, une association créée il y dix ans, à l’initiative d’un collectif de jeunes péronnais, et notre projet porte sur le canal de la Somme. Nous avons pour ambition de créer un lieu culturel sur une péniche, qui serait ouvert à tous les publics et accueillerait un certain nombre d’activités. Anti-stress invite les artistes a faire des prestations : spectacle, atelier, concert, stage, exposition, temps de rencontres, de créations… Actuellement, l’association utilise la péniche L’Hydroplane, qui appartient de la compagnie Transport culturel fluvial, avant de concrétiser son projet sur son bateau Célestine.

P.L.G. : Comment avez-vous réalisé votre projet ?

C.B. : Pendant deux ans, avec Nicolas Gras, membre du projet, nous avons visité des bateaux qui avaient des ambitions similaires, partout en France. Nous avons également réalisé un diagnostic sur le canal de la Somme en contactant les différents territoires, pour connaître leur capacité d’accueil. Nous avons de même rencontré les collectivités, les institutions, les financeurs potentiels dans l’optique de savoir si notre idée éveillait un certain intérêt. Cela nous a permis de comprendre comment nous pouvions transformer notre péniche Célestine pour qu’elle devienne un ERP (Établissement recevant du public).

P.L.G. : En attendant Célestine, c’est L’Hydroplane qui travaille ?

C.B. : Oui, l’association a eu besoin d’exister et de voir si les publics (campeurs, résidents, pêcheurs, touristes, habitants et gens de passage sur le chemin du halage) étaient réceptifs. Nous voulions voir comment il était possible d’interagir avec cet espace de circulation. Nous avons donc sollicité la compagnie Transport culturel fluvial. La péniche est habitée par l’équipe artistique et plusieurs représentations ont eu lieu à divers endroits. La première séance a eu lieu le 24 juillet à Frise, puis à Camon et à Amiens les 2 et 3 août. Le bateau a terminé sa tournée à Capy. Sur le format spectacle, la péniche peut accueillir une vingtaine de personnes et 85 pour les concerts.

P.L.G. : Et ce gonflable déployé sur la péniche, c’est pour quoi ?

C.B.: L’Hydroplane est surplombé d’un ballon gonflable qui a l’allure d’un dirigeable, c’est un élément de communication mais aussi du spectacle. La trame de la pièce s’appuie sur l’histoire d’une femme qui est passionnée de météorologie et d’aéronautique. Et puis, cela attire les curieux : lorsque nous le gonflons, le public se demande ce que c’est.

P.L.G. : À quand le projet sur la péniche Célestine ?

C.B. : Célestine devrait être prête pour l’automne 2018. Pour le moment, elle est en préparation, elle a besoin d’une rénovation et d’une transformation pour l’accueil du public. Notre projet aura pour ambition d’aller dans les zones blanches, dans lesquelles les institutions, les commerces, les écoles, les bureaux de poste ferment. Nous voulons aller là où il n’y a plus rien, où il y a des besoins, aller là où il a de la beauté ! Nous souhaitons développer des partenariats avec les acteurs locaux, nous espérons créer ensemble. Nous espérons vraiment travailler au service d’un territoire que l’on aime : celui de la Picardie et du canal de la Somme. Se déplacer en péniche, signifie aimer la lenteur, nous adorons ce que cela génère avec le public. Il y a une forme d’illumination qui donne envie de partager, c’est une sorte de rêve. Il y a beaucoup d’enjeux, c’est très physique, mais ça en vaut la peine !