Une Américaine vit son rêve à Amiens

Publié dans le numéro 3681 par

 

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Elisabeth Bergez-Smith est originaire de Lafayette en Louisiane. Arrivée à Amiens, il y a 17 ans, l’Américaine ouvre durant l’été 2008 l’école Les Petits Bilingues où, dès leur plus jeune âge, les enfants y apprennent leurs premiers mots d’anglais tout en s’amusant. Depuis, la chef d’entreprise au bel accent ne se verrait pas vivre ailleurs.

Elisabeth Bergez-Smith vit avec sa double culture son envie d’entreprendre et elle réussit

Elisabeth Bergez-Smith s’entend souvent dire qu’elle est la plus amiénoise des Américaines. Et cela lui convient tant elle se sent aussi bien Fran- çaise qu’anglo-saxonne. Même si en poche elle n’a que le passeport américain, toute sa vie est à l’heure picarde. « Bien sûr que mes racines sont en Louisiane où j’aime retourner en vacances voir ma famille et mes amis. Mais je me considère aussi comme Française, même si je rechigne à faire certains papiers du fait de la lourdeur administrative française. Mais par exemple pour voter ce serait bien que je m’y mette un jour », s’amuse celle qui a en revanche mis tout en oeuvre il y a quelques années pour créer son entreprise et mettre son expérience au profit des enfants et des adultes désireux d’apprendre l’Anglais ou de se perfectionner dans la langue de Shakespeare. Avec sa langue maternelle comme atout elle choisit en 2008 d’ouvrir une première antenne de la franchise les Petits Bilingues en plein coeur d’Amiens, place au Feurre. On le sait, l’Anglais est l’une des langues les plus pratiquées dans le monde et celle des affaires sur le plan international. De plus en plus de parents inscrivent leurs enfants à ces cours, ce qui représente pour eux un investissement important pour leur avenir. Leur donner l’occasion d’apprendre l’anglais dès leur plus jeune âge, c’est envisager pour eux la réussite quelle que soit leur orientation professionnelle future.

Une méthode qui fait ses preuves

La méthode des Petits Bilingues : pas de forcing, ni d’évaluation, les jeunes picards s’amusent tout en apprenant. Les assistantes triées sur le volet veillent à la prononciation des enfants qui accumulent au fil des stages pas mal de vocabulaire. Elisabeth Bergez-Smith a étudié le Français aux États-Unis pour ensuite pouvoir l’enseigner à ses compatriotes. « En arrivant en France, j’ai inversé la tendance en enseignant l’Anglais d’abord aux adultes dans le cadre de la formation continue. L’apprentissage des langues fait partie de mon quotidien depuis toujours », raconte Elisabeth Bergez-Smith qui a dû tout de même observer un temps d’adaptation à la culture française et notamment en matière d’emploi. « Je trouve qu’ici, et ce quoi qu’on en dise, le sentiment de précarité professionnelle est beaucoup plus mal vécu qu’aux USA où l’idée de perdre et retrouver un travail se fait facilement et positivement. L’idée de rebondir plusieurs fois ne nous inquiète pas, la mobilité non plus. J’observe que les Français sont nombreux à préférer rester dans un travail moins passionnant mais qui apporte de la sécurité. Moi j’ai davantage besoin de satisfaction dans mon job, de challenges aussi. Est-ce dans les gênes américains cela? », s’interroge l’Amiénoise dont la culture anglo-saxonne semble ressortir davantage sur le plan professionnel.

Elisabeth, l’autre Dora

Elisabeth Bergez-Smith a émigré en France en 1988, pour les beaux yeux d’un frenchy de la Somme… « Je l’ai suivi un peu partout en France pour le travail, à Poitiers, à Paris, en Vendée, à Deauville et c’est à Amiens que j’ai voulu me poser. J’ai réfléchi à mon projet professionnel et j’ai d’abord été bloquée par un problème de reconnaissance de diplômes américains en France. J’avoue que cela m’a un peu dégoûtée. Mais j’ai dépassé cela, motivée par mon esprit d’entreprendre, le fameux défi à relever. En enseignant l’Anglais aux adultes pendant plus de 20 ans, j’ai vu les difficultés qu’ils rencontraient pour s’exprimer à l’oral. En comparaison, j’ai vu mes deux filles grandir en apprenant les deux langues des parents avec une facilité déconcertante. Ces deux expériences m’ont démontré que l’apprentissage d’une langue doit se faire de façon naturelle et agréable », explique Elisabeth Bergez-Smith qui est vite séduite par l’approche amusante et décontractée de la marque Les Petits Bilignues, créée en 1992 par le dirigeant d’une entreprise de formation linguistique.

Après l’agence d’Amiens, elle ouvre celle de Saint-Quentin en 2009 et de Beauvais en 2015. En tout une quinzaine d’animatrices y travaillent, exclusivement des natives à l’accent parfait qui invitent les enfants dès 3 ans à découvrir et à se familiariser avec les sonorités anglaises. Les petits assimilent et reproduisent des sons, construisent des phrases et découvrent la culture anglosaxonne. « Notre objectif est de leur transmettre aussi la culture des différents pays anglo-saxons. De plus, l’Anglais c’est comme l’informatique, c’est un outil très utile de nos jours », avance la chef d’entreprise qui s’adresse aussi aux adultes en entreprise en face à face ou par petits groupes. Prochain projet : créer une nanny agency, à savoir proposer des nounous anglophones pour accompagner les enfants en Anglais dans leur vie quotidienne. Elisabeth Bergez-Smith aurait pu choisir d’aller vivre aux États-Unis, mais c’est à Amiens qu’elle décida de poser ses valises. « Pour moi c’était la ville idéale pour fonder une famille, se faire des amis, bref construire une vie. Amiens a la bonne taille, pas de problèmes de circulation et une scène culturelle riche. Quand je retourne aux États-Unis, je ne sens plus à 100% américaine », souligne-elle. Elle n’en oublie pas pour autant ses racines cajun et acadienne qui se manifestent à la table familiale autour de délicieux gombos et jambalayas. « Ah oui il y a une autre chose que j’apprécie beaucoup en France, conclut-elle. C’est qu’ici on prend le temps de partager ensemble de vrais repas ».