Un savoir-faire traditionnel au service de la création

Publié dans le numéro 3681 par

 

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La société spécialisée en ferronnerie compte poursuivre son développement.

En 2002, Xavier Dessenne, auparavant ouvrier en ferronnerie dans une entreprise pendant près de 15 ans, se lance avec son frère Jérôme, lui-même ferronnier, à Bohain-en-Vermandois. Il est séduit à l’idée de concevoir des pour une clientèle à la recherche de produits particuliers.

Xavier Dessenne et ses deux frères Jérôme et Damien sont des spécialistes de la serrurerie fine et de le ferronnerie d’art. « C’est un métier dans lequel on apprend et on innove au quotidien, surtout en s’adaptant aux nouvelles normes thermiques, etc. Le métier s’est simplifié dans la manipulation, mais la demande, les matériaux et les techniques de travail évoluent en permanence », précise-til. En somme, un métier de créativité constante dans lequel il faut constamment proposer de nouvelles choses. Ensemble, ils travaillent trois matières : l’acier, l’inox et le laiton.

Un métier tout en précision

La société conçoit « principalement des verrières, des fenêtres en acier, des escaliers sur mesure, des portes d’entrée, qui ont un certain style. On opère sur le côté esthétique », souligne Xavier Dessenne. De plus, l’artisan exécute des travaux de ferronnerie, un complément de la serrurerie fine : « Ce sont des décors formés à chaud pour s’appliquer sur une porte. » Il est plus aisé de répondre à la demande plus forte en provenance de Russie, des États-Unis ou du Moyen-Orient : « On est un petit atelier, on travaille avec des partenaires pour aller vers l’étranger. » Le gérant réalise en moyenne un seul ouvrage de ferronnerie par an (3% de l’activité). En effet, « pour concevoir 1 mètre de rampe, il faut compter 80 heures de labeur ». De ce fait, entre 50 et 800 heures sont nécessaires à la conception d’un ouvrage, un travail considérable.

Le client veut se faire plaisir

En 2016, le chiffre d’affaires s’élevait à 1,3 million d’euros. En moyenne, la SARL conçoit une centaine d’ouvrages par an. Près de 80% de l’activité se font à Paris, les 20% restants proviennent principalement de Picardie. Les particuliers (80% des clients), notamment les seniors (+50 ans), sont la cible de la société. Généralement, ce sont des personnes qui souhaitent se faire plaisir, donc « à moins de disposer d’un héritage conséquent, les ouvrages conçus demandent un budget ». La société compte également parmi ses clients des collectivités, des mairies et des entreprises.

La concurrence en provenance d’Espagne, du Portugal, d’Italie ou de Pologne est féroce. En effet, elle n’applique pas les mêmes tarifs que la SARL Dessenne. L’entreprise tire cependant son épingle du jeu grâce au service fourni et à sa flexibilité de production. « Notre priorité est de satisfaire la demande du client par la qualité, le conseil et l’accompagnement. » L’autre obstacle dans le métier est la difficile transmission du savoirfaire, car « le métier s’apprend sur de nombreuses années. Pour commencer à être compétent, il faut compter dix ans d’expérience. Les jeunes doivent être très motivés ». Pour pallier ce problème de qualification, Xavier Dessenne mise sur la modernisation de ses outils pour proposer de nouvelles méthodes de travail. Néanmoins, il souhaite étoffer son entreprise, qui compte 12 salariés, avec l’embauche d’un employé pour intégrer le bureau d’études. « On veut développer l’entreprise en poursuivant dans la qualité de nos produits et non la quantité. »