Lainière de Picardie, un acteur international

Publié dans le numéro 3680 par

 

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Créée en 1903, à Buire-Courcelles à deux pas de Péronne, l’activité de cette entreprise a bien évolué.

Le Directeur général de Lainière de Picardie Gilles Hourlier devant un métier à tricoter.

Cela a commencé par la filature de la laine de chèvre. Depuis 1960, l’entreprise s’est engagée sur une autre voie : l’entoilage thermocollant, c’est-à-dire la fabrication de tissus enduits pour les confectionneurs de vêtements. Ce sont des morceaux de tissus très sophistiqués qui sont introduits entre la doublure et le tissu des cols, des poignets de chemise, des manteaux etc. puis thermocollés. Lainière de Picardie fait partie du groupe Chargeurs, sous l’appellation Chargeurs Fashion Technologies. L’usine de Courcelles, avec ses 180 salariés, est le plus important du groupe qui compte sept autres sites, implantés sur les cinq continents et qui emploient en tout 765 personnes. 40 millions de m² de bobines sortent chaque année et représentent 75% du chiffre d’affaires à l’export. Les deux principaux marchés sont la France et l’Italie, suivis par l’Espagne, tous bien connus pour leurs nombreux créateurs de mode et de fashion mode. Il y a également un atelier spécialisé dans l’entoilage du tissu posé sur les toits ouvrants des voitures.

Technicité des produits

Chaque année, 180 personnes contribuent à la fabrication des 40 millions de m² de produits. Gilles Hourlier, Directeur général de l’usine, détaille la spécificité de l’usine : « Ce sont des produits très techniques – viscose, polyamide, polyester –, destinés à être mis entre le tissu et la doublure. Tout est réalisé dans l’usine, cela va du fil au produit fini. C’est du sur-mesure, en fonction de la demande du client. Pour réaliser un rouleau de cent mètres de long, il faut quatre lignes d’ourdissage qui tournent avec des bobines de 500 à 1 450 fils. Nous avons 110 métiers à tricoter comportant chacun 6 000 à 8 000 aiguilles! Notre cœur de métier est le tricot avec insertion de fils de trame et la pose d’enduit thermocollant. Nous teignons à la demande. Nous avons un contrôle qualité tout au long du process, afin de détecter un éventuel défaut et, bien sûr, le supprimer. »

Formation en interne

Il est très difficile de trouver des teinturiers, des bonnetiers (ceux-ci conduisent et supervisent les métiers à tricoter). Ce sont des professions qui demandent de la méticulosité. Gilles Hourlier précise : « Il y a la possibilité d’évoluer en interne, 3% de la masse salariale est consacrée à la formation. Notre service R&D, implanté dans l’usine, compte sept personnes qui planchent sur les nouveaux textiles et les techniques d’enduction. Le bureau d’études en confection est en lien avec les clients afin de recueillir leurs demandes. » Chaque année, Lainière de Picardie embauche des jeunes en apprentissage et les recrute ensuite. Son activité est un acteur économique prépondérant, car il fait travailler de nombreux sous-traitants locaux et régionaux. Le site, certifié ISO 9001, est labellisé par la préfecture de la Somme pour le recyclage des déchets. Il a le label Oeko-Tex pour les tissus, qui garantit que le textile peut être utilisé pour les bébés et enfants jusqu’à trois ans. 700 000 euros par an sont consacrés à la mise aux normes pour les rejets aqueux, l’innovation dans tous les domaines est le maître-mot de cette très belle entreprise.