La bioéconomie tient son forum à Amiens

Publié dans le numéro 3683 par

 

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Organisée par le Forum mondial de l’économie responsable, cette journée de réflexion amiénoise autour de la bioéconomie a permis à plusieurs acteurs locaux et internationaux d’exposer leurs parcours.

La bioéconomie, terme de plus en plus en vogue, désigne le fait de s’inspirer du vivant pour développer un projet. Un nez de train s’inspirant des formes du martinpêcheur, un vitrage anti-trace reprenant les propriétés de la fleur de lotus sont des exemples d’innovations liées à la bioéconomie. C’est ce thème que le Forum mondial de l’économie responsable, organisé par le réseau Alliance, a souhaité développer à Arras puis à Amiens. « La bioéconomie existe depuis toujours, mais elle est au cœur des révolutions d’aujourd’hui. L’alimentation en est une. Et sur une terre de plus en plus peuplée, nos modes de consommations alimentaires ont évolué et vont bouger », a expliqué Philippe Vasseur, président du Forum mondial de l’économie responsable. Un constat partagé par Christophe Buisset, président de la chambre d’agriculture des Hauts-de-France : « La bioéconomie, qu’elle serve à la production alimentaire ou d’énergie, doit être au cœur de nos préoccupations. L’économie autour du végétal a toujours été un secteur porteur d’avenir. À nous de répondre aux attentes des consommateurs de demain, qui demandent une alimentation sans viande, sans gluten ou sans pesticides… »

Se conformer aux attentes

Pour débuter la première conférence, Guy Lemoine, responsable développement durable au sein d’Advitam (1,2 milliard de chiffre d’affaires sur la production animale, végétale, le machinisme agricole et la distribution verte), a évoqué la mise en place de la démarche durable au sein de l’entreprise. « Il est important de noter que les pratiques d’élevage changent. Les consommateurs veulent une production responsable où le bien-être animal est pris en compte par exemple », note-t-il. Cela passe chez Advitam par plus de place dans les unités d’élevage, une litière de meilleure qualité, mais aussi le recours à l’homéopathie pour soigner les animaux. « Tout cela tend à améliorer la qualité de la viande. Nous avons par exemple développé des produits riches en oméga-3. Cela reste un marché de niche (la filière « Bleu-Blanc-Cœur » représente 1 milliard de CA sur un marché agroalimentaire de 60 milliards), mais nous devons trouver des débouchés pour valoriser ces bonnes pratiques », ajoute-t-il. Chez Roquette, spécialiste de solutions et produits issus de bioraffinerie, on traite chaque année quelque huit millions de tonnes de matières premières, dont 50% seront ensuite à destination de la consommation humaine. « Nous avons mis en place une vraie stratégie en matière de développement durable, en cherchant des méthodes plus respectueuses pour collecter les matières premières, mais aussi en créant un écosystème favorable en Inde, aux USA ou en Europe », souligne Christophe Rupp-Dahlem, directeur des affaires publiques du groupe Roquette. L’objectif est de présenter en 2020 une augmentation de 20% de matières premières écoresponsables. « Cela a un coût, jusqu’à 40% du prix de revient », prévient Christophe Rupp-Dahlem. C’est pourquoi le groupe s’est ouvert à d’autres marchés comme celui des protéines, secteur en pleine croissance et qui répond parfaitement aux nouveaux modes de consommation.

Conquérir de nouveaux marchés

Damien Huysmans, entrepreneur belge, a lui décidé de se frotter à un nouveau marché, celui des insectes, avec The Green Kow Company. « Dans le monde, près de deux millions de personnes mangent quelque 2 000 espèces d’insectes. Pour ce projet, nous voulions faire en sorte que ce type d’aliment, comprenant beaucoup de protéines, soit accessible à tous », expose-t-il. Avec des produits de consommation courante comme de la pâte à tartiner comprenant 10% d’insectes et se vendant en supermarché, Damien Huysmans a souhaité provoquer un premier acte d’achat, puis un second, le plus simplement possible. « Il faut donner une chance à ces aliments qui peuvent facilement rentrer dans les habitudes de tous », affirme-t-il.