Whirlpool, toujours à la recherche d’un repreneur

Publié dans le numéro 3672 par

 

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La fermeture de Whirlpool fait toujours parler d’elle. Après le passage des deux candidats des élections présidentielles, une forte médiatisation, et des mobilisations des syndicaux, où en est la situation ?

Depuis une dizaine de jours, les salariés de Whirlpool brûlent des pneus à l'entrée de l'usine, signe de leur mécontentement

En février, le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, Xavier Bertrand, le président de la région, le maire d’Amiens, Brigitte Fouré, et Alain Gest, président d’Amiens Métropole se sont engagés à ce que le site Whirlpool trouve un acquéreur d’ici juin 2018, et cela sans licenciements en 2017. Dans le cadre de la loi Florange, Whirlpool et Prima recherchent aussi des repreneurs.

Le 28 avril dernier, une réunion s’est déroulée à la préfecture de la Somme à Amiens, en présence des dirigeants de Whirlpool et de Prima, des repré- sentants du personnel, d’organismes chargés d’accompagner la recherche de repreneurs (BPI, Business France et NFI). Comme le soulignait le président d’Amiens Métropole lors d’un point presse : « Nous voulons qu’il y ait de l’activité, nous voulons réindustrialiser – nous continuons de travailler dans la confidentialité, nous avons montré à l’intersyndicale qu’il y avait des solutions – le site permet parfaitement d’avoir plusieurs opérations de reprise – un, ou plusieurs projets peuvent s’additionner. Si le travail ne sera pas identique, les crédits formations serviront pour former les ouvriers », assure Alain Gest. En effet, deux possibilités semblent se dessiner pour les salariés de Whirlpool. La première est d’avoir un repreneur qui rachèterait l’ensemble du lieu, la deuxième solution, serait qu’un acquéreur reprenne qu’une partie du site. Le reste serait alors complété avec d’autres secteurs activités.

Des dossiers en étude

Depuis février, 711 entreprises ont été contactées en France mais aussi à l’international via Business France. Avec trente-sept contacts « utiles » et 14 manifestations d’intérêt dont deux dossiers font l’objet d’une instruction avancée dans des domaines industriels différents. « Nous pouvons arriver à un niveau d’emploi conséquent –, il y a aussi un projet de reprise pour le sous-traitant Prima – c’est donc la démonstration que c’est possible », assure Alain Gest. Mais la surmédiatisation peut représenter un frein selon le président d’Amiens Métropole. « Il n’y a que trois acteurs qui s’occupent du dossier : le gouvernement, la région et la ville d’Amiens, avec Brigitte Fouré et moi-même. Personne d’autre n’est mandaté sur cette affaire. » Celui-ci dénonce ce qui s’est passé les semaines dernières : « Ça été un bouillonnement médiatique, je considère que cela ne sert pas les intérêts de Whirlpool – l’image de la zone industrielle lors des manifestions peut faire peur aux futurs investisseurs – ce qui m’intéresse, c’est de réindustrialiser, et la pérennité de la future entreprise. »

Une réunion entre les mandataires se déroulera après le 26 mai, date de clô- ture des dépôts des candidatures pour acquérir le site. Actuellement, deux dossiers sont en étude, et des pneus brûlent depuis une dizaine de jours devant l’entrée de Whirlpool, en signe de contestation. En attendant la future réindustrialisation, l’un des salariés confie : « Tout a été dit, on s’est fait avoir, nous allons faire confiance mais nous sommes en droit de douter, les paroles des politiciens, nous les connaissons depuis des années. »