Ifmas, chef de file de la chimie du végétal en Hauts-de-France

Publié dans le numéro 3673 par

 

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Les matériaux doivent être moins polluants tout en étant aussi efficaces. À terme, les industriels espèrent substituer les produits issus des ressources fossiles par ceux d’origines végétales, en particulier pour les plastiques et peintures. En créant des matériaux innovants dans la chimie du végétal, l’Institut français des matériaux agro-sourcés (Ifmas) est à la croisée des développements scientifiques, technologiques et environnementaux, à l’échelle nationale et internationale.

L’Ifmas recrute des post-doctorants et des thésards impliqués aussi auprès de partenaires privés.

Issue du Programme d’investissement d’avenir (PIA) et de la création des Instituts pour la transition énergétique (ITE), la société privée Ifmas voit le jour fin 2012. Sa vocation ? Stimuler la compétitivité française de la filière « chimie du végétal », en proposant des services de recherche et de valorisation. Et plus spécifiquement autour de quatre programmes de recherche : sélection des meilleures variétés végétales, synthèse de nouvelles molécules, développement de matériaux biosourcés et adoption d’une démarche responsable. « Nous proposons des prestations de recherche et développement aux industriels qui veulent mettre sur le marché des produits aux matériaux plus performants mais aussi moins coûteux, que ce soit dans la cosmétique, les emballages ou encore la détergence », explique François Ténégal, directeur de l’institut. Parmi les actionnaires d’Ifmas – 50% publics et 50% privés –, on trouve notamment le fabricant de peintures Mäder (22,40% du capital) et l’industriel régional Roquette (24,97%). Les applications concrètes ne manquent pas : « Un des additifs qui permet de faire sécher les peintures, les siccatifs, contient des métaux lourds et polluants. Nous développons des siccatifs verts qui réduisent le temps de séchage et améliore l’esthétique de la peinture. »

Ou encore, avec des plastiques biosourcés alvéolaires, en collaboration avec l’École des mines de Douai pour répondre aux problématiques d’isolation acoustique et thermique. Aujourd’hui l’expertise d’IFMAS s’étend au monde de la cosmétique, secteur où le taux de pénétration des matériaux biosourcés s’élève à 40%.

« Le 1er janvier 20187, les microbilles présentes en cosmétique, qui, une fois utilisées partent dans les océans, seront interdites. Les industriels recherchent donc activement des procédés biosourcés pour faire face à cette nouvelle réglementation. Pour chaque acteur ce sera un ratio coût-performance. Au plus on limite les étapes, au plus on réduit les coûts. » L’Ifmas envisage donc de se rapprocher du pôle Cosmétic Valley à Chartres pour renforcer son expertise. Depuis le lancement des offres fin 2015, l’Institut a déjà réalisé une cinquantaine de prestations auprès d’une dizaine d’entreprises. Soutenu par l’État depuis 2013 à hauteur de 30 millions d’euros sur cinq ans, l’Ifmas lance chaque année un appel à projets. Le premier, entre mai et septembre 2015, lancé auprès d’entreprises, de laboratoires de recherche et de centres techniques, a été un réel succès. Dix nouveaux projets ont été retenus et ont démarré en 2016 pour un budget total de 5,5 millions d’euros et une participation de l’Ifmas à hauteur de 2,9 millions d’euros.

Bientôt une extension. Entre les différents laboratoires et ses six plateaux techniques, l’Ifmas est installé sur 2 400 m² à la Haute-Borne et ambitionne de nouveaux développements d’ici 2020 avec notamment l’hébergement de starts-up au dernier étage du bâtiment. Mais aussi une extension de 2 000 m² destinée à accueillir des équipements de pointe pour l’équipe scientifique déjà en place (25 personnes) mais aussi pour les industriels partenaires. Une ambition grandissante pour l’Institut qui a bel et bien vocation à rayonner au-delà des Hauts-de-France.