Valoriser la chaleur fatale de l’industrie

Publié dans le numéro 3668 par

 

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Comment réduire sa facture énergétique lorsque l’on est une entreprise industrielle ? La chaleur fatale est peut être une solution.

La chaleur fatale. Quésaco ? C’est à cette question que le club de l’environnement de la CCI de l’Aisne et Engie Cofely ont répondu à des entreprises axonaises autour de cette thématique. Sans entrer dans le détail, la chaleur fatale est la manière de récupérer de l’énergie produite et non exploitée par une production industrielle. Lors du fonctionnement d’un procédé de production ou de transformation, l’énergie thermique produite grâce à l’énergie apportée n’est pas utilisée en totalité. Une partie de la chaleur est inévitablement rejetée. L’Ademe et les acteurs de l’énergie comme Engie travaillent sur la manière de récupérer cette chaleur et de la transformer en une énergie. La chaleur fatale représente un enjeu important pour les années à venir et est l’un des secteurs les plus innovants en matière d’efficacité énergétique.

Optimiser la moindre source de chaleur

S’intéresser à la récupération de la chaleur fatale industrielle conduit à intensifier les efforts réalisés, à exploiter les nouvelles potentialités offertes en matière d’innovation et d’économies d’énergie, à participer à la dynamisation industrielle, et ainsi à soutenir la compétitivité des entreprises par le volet majeur que constitue la performance énergétique. Ainsi, des procédés industriels peuvent être mis en synergie : la chaleur récupérée sur un procédé peut servir à en alimenter un autre. Ils peuvent aussi constituer une source d’approvisionnement en chaleur pour un bassin d’activité industrielle, tertiaire ou résidentiel. Cette perspective, est d’autant plus intéressante que l’optimisation énergétique et son rôle crucial dans la lutte contre le réchauffement climatique nécessite une cohérence d’action entre tous les acteurs.

Saint-Quentin en exemple

Les Hauts-de-France sont l’une des régions françaises les plus productrices de chaleur fatale grâce à sa densité d’entreprises industrielles. Dans le cadre de Rev3, les entreprises, les collectivités et les acteurs de l’énergie ont ici une belle opportunité. Engie Cofely le sait. La chaufferie biomasse de Saint-Quentin est un exemple concret. Propriété de la ville, cette chaufferie est gérée par le leader de fourniture d’énergie. Elle alimente les appartements du quartier de l’Europe, la piscine, la polyclinique, des établissements scolaires et des bâtiments publics sur un réseau de 15 km. Pour produire la chaleur nécessaire, l’exploitant utilise des plaquettes de bois et du gaz. Dans son utilisation au quotidien, les techniciens d’Engie Cofely constatent qu’une partie de la chaleur produite s’évacue par les cheminées et que chaque matin, à la même heure, les chaudières sont fortement sollicitées par les habitants. Deux questions se posent : comment utiliser cette chaleur perdue et comment atténuer la demande pour éviter une sollicitation des machines trop brutale ? Engie Cofely a investi dans une cuve de 400 m3 d’eau chauffée par la chaleur produite. L’eau chaude est utilisée lorsque les habitants du quartier de l’Europe sollicitent le réseau le matin. Les chaudières biomasses prendront ensuite le relais sans à-coups et sans brutalité préservant ainsi le matériel et réalisant des économies. La chaleur fatale c’est aussi simple que cela. Des entreprises axonaises s’intéressent à cette technique.