À Amiens, les travaux du bus électrique commenceront en avril

Publié dans le numéro 3664 par

 

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« Le projet BHNS (Bus à haut niveau de service) entre cette année dans sa phase active », annonce Alain Gest, président d’Amiens Métropole. Les travaux du bus électrique commenceront en avril prochain. Ce projet d’aménagement urbain a pour but d’embellir et de faciliter la circulation dans la ville. Alain Gest prévient : « Nous allons faire des travaux qui vont perturber tout le monde, mais il faut comprendre que les habitants s’y retrouveront après ».

Cent millions d’euros ont été investis pour ces aménagements », explique Alain Gest. Cette somme, subdivisée en trois parties, permettra de réaliser les différentes étapes du réseau de bus électrique. « Nous allons construire un nouveau dépôt, car nous aurons des bus articulés de 18 mètres », assure l’homme politique. « Le dépôt actuel (ndlr : proche de la gare) ne suffira plus,
il sera déplacé à Rivery. Cela représente un coût de 19 millions d’euros », ajoute-t-il. La seconde partie des investissements sera utilisée pour la réalisation des aménagements destinés à favoriser les déplacements des bus. « Le succès du bus tient à la régularité de ses passages, qui seront augmentés sur les trois lignes de BHNS. Un bus passera toutes les huit minutes. » L’attente sera
réduite. « C’est important lorsque l’on ne pense plus à l’horaire. Puis, la deuxième chose, c’est de se déplacer plus rapidement. Des voies aménagées existent déjà, nous allons les compléter », observe Alain Gest. La troisième partie concernera l’achat de 43 bus, essentiellement articulés, de 18 mètres de long. Ces bus offriront davantage de places pour les usagers, nombreux aux heures de pointe.

Des travaux jusqu’en 2018 À partir d’avril, les opérateurs (télécom, services du gaz, de l’eau…) ouvriront les travaux. Car un travail préalable doit être effectué avant de commencer la construction des aménagements. « Les travaux d’aménagement des voies se dérouleront de juin à Noël, avec une pause pendant les fêtes. Puis ils reprendront en début d’année, pour se terminer fin 2018 », explique le président. Cela signifie une période de travaux de 18 mois dans la métropole. « Pas partout et pas en même temps, rassure le député. Nous ferons en sorte que la population soit bien informée via un dispositif de communication mis en place. » Des perturbations seront tout de même à envisager pendant les heures de trafic intense. Les travaux devraient se terminer fin 2018 ou début 2019. « Nous restons prudents, mais nous roulerons dans les nouveaux bus dans cette période », assure Alain Gest.
Aménagements et innovations « C’est un dossier de transport mais aussi d’aménagement urbain, souligne Alain Gest. Des carrefours seront transformés. » Comme ceux de la Citadelle, de la route de Paris, de la place Vogel, l’axe nord-sud : tous subiront des changements. « Par exemple, la trémie de la SNCF sera recouverte et le fonctionnement du carrefour de la route de Paris sera complètement modifié. » Des améliorations seront apportées à la place du Maréchal-Foch, à SaintRoch et sur les boulevards intérieurs. « La ville sera transformée par ce projet, 45 millions d’euros y sont consacrés. » Les bus non polluants et électriques transporteront un voyageur sur deux. « Les BHNS seront intégralement électriques, les bus se rechargeront en fin de parcours, en quelques minutes, et poursuivront leur journée de circulation. »

L’objectif est de remplacer progressivement tous les bus et de satisfaire à une exigence de transport écologique grâce à « un procédé ultra moderne », selon le président. Quatre lignes principales desserviront les quartiers principaux d’Amiens et « tout habitant sera à moins de 400 mètres d’une des quatre lignes », affirme Alain Gest. Avec toujours l’utilisation du réseau secondaire qui se verra légèrement modifié.

100 millions d’euros d’investissements La Région, l’État, ainsi que des aides destinées aux énergies vertes contribuent au financement de ce projet. « Dans le cadre d’un contrat Amiens-Agglomération, nous négocions avec l’État une participation budgétaire. Nous avons aussi d’autres subventions, du fait que nous utilisons des énergies vertes », développe Alain Gest. La contribution des entreprises de plus de onze salariés est aussi non négligeable. « Nous payons les bus avec l’argent
des entreprises via le versement transport. Cette contribution ne sera pas augmentée, mais le prix du billet subira une hausse comme chaque année. Mais le service ne sera plus le même », considère le président d’Amiens Métropole. De même, la Ville espère un plus grand nombre d’utilisateurs. Actuellement seulement 7% des habitants utilisent le bus, ce qui représente 15% du coût du bus financé par les usagers. « Nous voulons plus de passagers dans les bus. Nous allons mettre en place une tarification solidaire, nous voudrions que le budget transport s’équilibre par lui-même. » Ce dispositif prend en compte le quotient familial, ce qui permet une facturation équitable selon Alain Gest. Le BHNS est donc le premier pas vers un mode de transport plus écologique, performant et mieux adapté à la ville. Le projet évoluera à long terme, avec comme objectif de remplacer progressivement tous les bus fonctionnant au diesel par des bus plus écologiques.