Un premier Locavor picard ouvre ses portes

Publié dans le numéro 3660 par

 

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À Plachy-Buyon la distribution s’effectuera un jeudi sur deux "Au Comptoir des fleurs", l’entreprise de Charlotte Cotel.

Lancée en février 2014, l’entreprise Locavor.fr propose, via une plateforme Internet, la création de points de distribution de produits locaux. Plachy-Buyon est la première ville picarde à accueillir un relais. 

Moi-même agricultrice, je me fournis directement auprès de producteurs locaux depuis de nombreuses années », explique Brigitte Cotel, à l’initiative, avec sa fille Charlotte, de la création d’un point de distribution Locavor à Plachy-Buyon non loin d’Amiens. « C’est assez facile à monter en fait : il suffit de réunir des producteurs locaux, des membres et de présenter son projet à la plate-forme », ajoute-t-elle. Aujourd’hui, ils sont 17 producteurs à s’être investis dans cette aventure et près de 120 membres.

Acheter local Pour l’inauguration du relais, tous se sont donné rendez-vous exceptionnellement dans la cour de l’école. Autour d’un café et d’une part de gâteau, chacun fait connaissance et vient chercher ses premiers produits, commandés au préalable sur Internet. « Je viens juste d’emménager dans la région. Avant j’habitais Rouen et j’avais pour habitude d’acheter des produits directement auprès de producteurs locaux. Ici, j’ai un peu de mal, pour l’instant, à trouver mes marques en matière de consommation et c’est pour ça que cette initiative m’a intéressée », explique Christelle, venue chercher du cidre, des pommes et d’autres produits. « C’est assez simple et c’est très pratique de venir récupérer tout ce que l’on a commandé au même endroit », ajoute-t-elle. L’ambition affichée de Locavor.fr est d’amener les consommateurs vers une agriculture et un artisanat local de qualité. Pour cela, l’entreprise propose de s’inscrire sur une plate-forme internet, de commander en ligne des produits variés (fruits, légumes, viande, thé, pain…) cultivés ou réalisés localement et de venir ensuite retirer sa commande en point relais. « C’est très facile à utiliser, il n’y a aucune obligation et le fait de payer en ligne enlève l’aspect marchand des relations au moment de venir récupérer sa commande », s’enthousiasme Brigitte Cotel.

Se passer d’intermédiaires Chaque relais est dirigé par un « gérant » qui peut être une entreprise, agricole ou non, ou une association. Se revendiquant la plate-forme « la moins chère du marché », Locavor.fr assure que chaque producteur reçoit plus de 80%
du prix payé par le consommateur, 9% allant au gérant et 7,5% au site Locavor. « Pour nous, ce système est très satisfaisant, c’est bien organisé, et cela nous permet de rencontrer nos clients. Ils peuvent poser toutes les questions qu’ils souhaitent et nous avons la possibilité de donner des conseils, des idées de recettes… Moi, je connais parfaitement mes produits. C’est mon mari qui élève les bêtes, elles sont ensuite abattues à Montdidier et l’on récupère les produits mis sous vide », explique Carole Gobert, installée à La Neuville-Saint-Pierre dans l’Oise. Inscrite sur d’autres platesformes de distribution, elle aime ce type de réseau qui lui permet de vendre directement aux consommateurs en se passant d’intermédiaires. « Pour nous, c’est certain que c’est plus avantageux. Après, je ne pense pas que toute la production puisse se vendre par ce biais-là, souligne-t-elle avant d’ajouter : Mais ça permet quand même aux gens de changer leurs habitudes et de voir autre chose. » Un relaisLocavor devrait ouvrir prochainement ses portes à Amiens.