Nouveaux présidents au CROEC et à la CRCC

Publié dans le numéro 3659 par

 

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Pour Pierre Giroux, président du Croec, la communication envers le grand public, les jeunes et les décideurs est primordiale.

Pierre Giroux et Gilles Vatbled ont respectivement été élus à la tête du Conseil régional de l’ordre des experts-comptables (Croec) Picardie Ardennes et de la Compagnie régionale des commissaires aux comptes (CRCC). Les deux hommes reviennent sur leurs parcours et évoquent leurs priorités pour les deux prochaines années. 

Picardie la Gazette : Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ? Pierre Giroux : J’ai 61 ans, je suis diplômé d’expertise comptable depuis 1984, et j’ai crée en 1992 ma société d’expertise comptable et de commissariat aux comptes la SAS Pierre Giroux et associés à Amiens. Actuellement nous sommes trois associés experts-comptables et commissaires aux comptes et huit collaborateurs. J’ai présidé l’Association régionale agrée des professions libérales (Arapl de Picardie), qui compte plus de 4 300 adhérents, de 2008 à 2014 et assuré une fonction de trésorier national pendant deux ans au sein de la conférence des Arapl. Gilles Vatbled : J’ai 62 ans, suis expert-comptable et commissaire aux comptes, installé à Amiens dans un cabinet régional depuis 25 ans. Je n’exerce qu’une activité : celle de commissaire aux comptes. Je suis en parallèle élu depuis six ans à la CRCC. Outre cette fonction, je suis également formateur à la compagnie nationale et membre de celle-ci. Je porte beaucoup d’intérêt à l’impact de la dématérialisation dans l’audit, à la manière dont celleci change notre manière de travailler. Fin décembre, j’ai été élu à la tête de la CRCC.

P.L.G. : Quelles sont vos priorités pour votre mandat ?P.G. : En premier lieu, je souhaite mener à bien mes fonctions régaliennes. C’est-à-dire poursuivre les efforts réalisés en matière de lutte contre l’exercice illégal, poursuivre la communication en direction du public et des décideurs pour faire connaître notre profession et poursuivre la communication envers les jeunes pour favoriser l’attractivité de notre profession. Cela passe par exemple, par « La nuit qui compte » et le « Tournoi de gestion », deux événements qui fonctionnent et séduisent beaucoup et que je souhaite maintenir. Parmi mes priorités, il y a aussi la simplification et la sécurisation de notre exercice professionnel ainsi que l’allègement des contraintes. Je souhaiterais faire de notre profession la vigie en matière de simplification administrative, fiscale et sociale en désignant au sein de notre conseil régional un médiateur à la simplification en charge des problèmes des cabinets et en élaborant un baromètre de la simplification. Je souhaite par ailleurs replacer le jugement du professionnel au cœur de notre démarche de qualité et préparer nos cabinets à la révolution numérique. Il va falloir s’engager dans un vaste plan de formation et d’adaptation de nos cabinets et de nos collaborateurs aux défis du numérique. Ce sera l’un des plus gros défis de 2017/2018. Enfin, je veillerai à la bonne mise en place de la réforme territoriale. Dans deux ans, les Ardennes vont être rattachées à la région Grand Est et la Picardie fusionnera avec le Nord-Pas-de-Calais. Il est donc important de maintenir une proximité géographique avec les élus, les permanents et les confrères, de garder un bon maillage territorial. C’est un grand enjeu et une nécessité pour la Picardie et pour les Ardennes.

G.V. : Je souhaite avant tout me faire le porte-parole de mes confrères auprès des instances nationales pour maintenir le périmètre d’intervention tel qu’il est actuellement. L’une de mes priorités sera aussi de renforcer la communication auprès des instances de formation comme les lycées, les universités, qui sont relatives à l’attraction de notre profession, mais aussi auprès des syndicats et des représentants patronaux et des instances politiques locales. C’est important de le faire car il y a une trop grande méconnaissance de notre travail. Je souhaite par ailleurs renforcer les liens avec les acteurs de la prévention des difficultés des entreprises comme les tribunaux de commerce. C’est essentiel dans ce contexte de crise économique profonde. Nous serons plus efficaces ensemble pour trouver des solutions en amont à ces entreprises. J’essayerai aussi d’être un acteur et un accompagnateur auprès de mes confrères dans la phase de dématérialisation qui a déjà commencé. Je mettrai donc l’accent sur la formation et l’acquisition de nouvelles techniques indispensables à l’évolution de notre métier. Enfin, j’assurerai aussi les missions plus classiques comme la surveillance, le suivi etc.

P.L.G. : Quel message souhaitez-vous adresser aux chefs d’entreprises ? P.G. : L’année 2017 est pleine d’évolutions notamment avec la transition numérique qui va transformer notre organisation et notre culture. Beaucoup de sujets d’inquiétude préoccupent les entreprises : le compte pénibilité, la retenue à la source sur les salaires versés par l’employeur, retenue qui figurera sur le bulletin de paye, les nombreuses contraintes normatives, l’insécurité fiscale et sociale etc. L’expert-comptable
est le partenaire conseil de l’entreprise et des chefs d’entreprises. Je souhaite aux entreprises et aux chefs d’entreprises une excellente année 2017 pleine de réussite, de confiance, et de progrès. G.V. : Nous avons beaucoup à apporter aux chefs d’entreprises. Le commissaire aux comptes intervient en complément de l’expert-comptable. Il est dans une démarche d’analyse des risques en tenant compte de l’environnement de l’entreprise et de son organisation. Cela nous permet d’avoir une connaissance approfondie de son fonctionnement. Nos recommandations sont donc très importantes car elles permettent d’attirer l’attention sur les risques. Sur la fraude par exemple, nous sommes souvent les seuls à aborder ce sujet en amont. Pourtant dans le contexte actuel de crise économique, son nombre ne cesse d’augmenter. Autre risque mesuré par l’expertcomptable, celui de la cybercriminalité qui s’accentue avec le boom du numérique. Notre bon sens et notre faculté d’analyse nous permettent d’être en alerte sur ces questions, indispensables au bon fonctionnement d’une entreprise. Les échanges entre les commissaires aux comptes et les chefs d’entreprises sont par ailleurs essentiels sur les sujets naturels comme leur stratégie, leur environnement, le contrôle interne etc.