Podiums des municipalités, un trophée en or pour Amiens

Publié dans le numéro 3655 par

 

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Les lauréats "argent" et "or" du trophée Attirance, de g. à d., Bernard Mercuzot (Amiens), Pascal L'Herbier (Marcq-en-Baroeul), Jean-Claude Dissaux (Aire-sur-la-Lys), Patrick Delebarre (Bondues), Sébastien Leprêtre (La Madeleine) et Jean-Pierre Leboucher (Aix-en-Provence).

Le 12 décembre dernier, l’Observatoire de dirigeants de l’industrie et des services a remis les trophées 2016 des Podiums des municipalités au siège de la Caisse d’Épargne Nord France Europe. Ces Podiums mettent en exergue, en les comparant suivant leurs indices, les performances cette année de 104 communes de plus de 10 000 habitants de la région Hautsde- France et de 38 villes de plus de 100 000 habitants. Les grands gagnants de cette huitième édition sont Bondues, Marcq-en-Baroeul et Amiens.

Bondues devant Aire-sur-la-Lys et Saint-Amand-les-Eaux pour les communes de 10 000 à 20 000 habitants, Marcqen-Baroeul devant La Madeleine et Douai pour celles de 20 à 100 000 habitants et Amiens devant Aix-en-Provence et Villeurbanne pour les grandes villes, tel est le palmarès 2016 de la huitième édition des Podiums des Municipalités nés en 1992 de la volonté de quelques dirigeants de PME de la région lilloise de connaître le bon usage des impôts et taxes qu’elles versent à leurs communes. Pour la première fois, c’est la Caisse d’Épargne Nord France Europe qui a accueilli en son siège lillois la cérémonie de remise des trophées. Ce fut l’occasion pour Pascal Arnoult, membre de son directoire en charge de la Banque des décideurs de région, donc des marchés spécialisés que  sont l’économie sociale et solidaire, le logement social, les professionnels de l’immobilier, les entreprises et les collectivités, de présenter l’établissement à ses interlocuteurs du jour, les collectivités. Banquier parmi les plus actifs dans le financement des collectivités, sa contribution 2016 à hauteur de 160 millions d’euros en Nord-Pas-de-Calais et Picardie est pourtant moindre puisqu’elle tournait les années passées autour de 250 à 300 millions d’euros. Cela pour trois raisons, a expliqué Pascal Arnoult : la sur-rémunération de l’épargne réglementée en France qui contribue à 60% de ses ressources – à l’origine de l’effondrement de sa marge nette d’intérêt -, les règles de Bâle 3 qui exigent une durée des ressources aussi longue que celle des crédits et, enfin, des marges qui fondent comme neige au soleil et menacent de dégrader substantiellement les comptes de résultat. Autant d’éléments qui peuvent justifier la présence moindre de la CENFE sur ce marché, mais aussi que la baisse des taux ne pourra durer très longtemps sauf à affecter la baisse de la rémunération de l’épargne ou encore que le système bancaire ne pourra plus absorber les créances douteuses et devra revoir fortement sa politique risque si la situation devait perdurer. Tout n’est pas perdu pour les collectivités puisque la fusion des Caisses d’Épargne Nord France Europe et Picardie en une Caisse d’Épargne Hauts-de-France en avril 2017 par les économies d’échelle qu’elle engendrera « donnera un peu de souffle pour continuer d’accompagner  collectivités». Au-delà de ses aspects « financement », cet accompagnement s’est enrichi d’une nouvelle offre à destination des maires « détenteurs d’actifs immobiliers pour [les] aider en matière de valorisations, de cessions d’actifs et de recherche de financement de type PPP ». Logée au Crédit Foncier, cette offre, déjà utilisée par la région, le département du Nord, la MEL, « est accessible à toutes les structures de plus de 10 000 habitants et est à même d’apporter des solutions innovantes ». Ce moment de « publicité » passée, Pascal Arnoult a tenu à saluer le travail engagé par Odis : « Nous avons besoin de structures comme la vôtre qui rapproche, éduque et enseigne. L’entreprise n’a jamais été l’ennemie des collectivités, pas plus que l’inverse n’est vraie. La pensée non clivante doit être portée, c’est une chance pour notre pays. » Si le président d’Odis Serge Cousin a pu se féliciter que l’édition 2016 ait donné lieu à la remise de 76 trophées, preuve d’une bonne participation des collectivités ciblées, avec François Deboosere, fondateur et past président d’Odis, il n’a pu une nouvelle fois que regretter les délais mis par certaines à transmettre les données demandées jusqu’au refus pur et simple de collaboration de quelques-unes, au risque de voir saisie la Commission d’accès aux documents administratifs (13 saisines acceptées cette année). À croire qu’elles n’aient pas compris l’intérêt de ce travail « bénévole et gracieux, sans visées commerciales » à l’inverse de toutes les autres, sensible à l’intérêt d’un comparatif outil d’analyse de la performance et source d’informations. Ce travail n’est possible que grâce à l’intervention d’étudiants stagiaires, douze cette année, émanant d’Ieseg, Sciences Po, Paris Dauphine et Edhec. Là aussi Odis devra s’adapter pour tenir compte de l’évolution de la réglementation sur les stages étudiants : stages de quatre mois, gratification obligatoire… Une fois encore, Odis fait appel à ses partenaires, actuels et futurs, pour assurer la pérennité d’un outil qui a fait ses preuves. La caractéristique principale du travail d’analyse réalisé par Odis et ses stagiaires réside dans la comparaison des communes dans leur environnement communautaire ou bloc communal (métropole, communauté urbaine, groupement d’agglomération ou de communes), à similitude de « compétences exercées », a rappelé François Deboosere, avec un comparatif qui touche aux comportements comptables (fonctionnement et investissement), financiers (endettement) et fiscaux (pression fiscale). En final, en sont dégagés trois indices majeurs de performance, « gestion », « gouvernance » et le troisième de poids limité, « partenariat pédagogique ». C’est du mix de ces trois indices qu’est tiré le super indice « Attirance » dont on peut dire qu’il détermine les collectivités les plus performantes en matière de gestion. Que dire de cette édition 2016 ? François Deboosere a salué la forte implication des communes picardes qui, pour certaines, n’ont pas hésité à renseigner sur plusieurs années, en ajoutant que «pour atteindre le Graal (l’Or de l’attirance…), il faut savoir attendre quelques années…». Il est vrai que dans le top 3 de chaque strate, les mêmes collectivités réapparaissent, pour l’instant, d’une année sur l’autre, à la même place pour Amiens, Marcq-en-Baroeul, La Madeleine, Aix-en-Provence, Douai, en amélioration pour Aire-sur-la-Lys (de la 2e à la 1ère), Bondues (de la 3e à la 1ère) et Villeurbanne (d’une 1ère mention à la 3e place).