Les Hauts-de-France veulent séduire les entreprises britanniques

Publié dans le numéro 3652 par

 

Vous devez être connectés pour visualiser cet article

Début novembre, le conseil régional, en partenariat avec Nord France Invest, la CCI internationale, Nord France convention et le Comité régional du tourisme lançait une campagne de communication baptisée « Welcome Home » à destination des entreprises britanniques. Xavier Bertrand, président du conseil régional a répondu à nos questions. 

Picardie la Gazette : Outre l’atout géographique de la région, quels points forts peuvent séduire les entreprises installées outre-Manche ? Xavier Bertrand : Nous sommes désormais le territoire européen le plus proche pour eux. En plus de l’aspect géographique, nos partenariats passés peuvent compter, puisque nombre d’entreprises britanniques connaissent déjà les Hautsde-France. Enfin, il y a la tonalité de notre campagne. Nous ne sommes pas sur une stratégie agressive, mais sur du « win-win ». En clair, il s’agit autant de développer le tourisme britannique dans les Hauts-de-France que de montrer aux habitants de la région les atouts de la Grande-Bretagne. Nous voulons augmenter les investissements venus d’outreManche sur notre territoire, renforcer les partenariats économiques avec le Kent, mais aussi avec l’ensemble du Royaume-Uni. Nous sommes par ailleurs, prêts à regarder comment nous pouvons investir de l’autre côté du Channel. J’ai également conscience que nous ne maîtrisons pas suffisamment l’Anglais. Or, si l’on veut travailler davantage avec des entrepreneurs britanniques, c’est indispensable. Nous allons donc mettre en place des écoles de langue et nous sommes prêts à aller plus loin sur les sections franco-britanniques dans les lycées de la région.

P.L.G. : Sur quels services débouche le numéro vert mis en place à l’occasion de la campagne « Welcome Home « ? X.B. : Nous sommes sur un guichet unique, un suivi sur-mesure des entrepreneurs avec de la mise en réseau, de la mise en contact, que ce soit avec des banques, des avocats, des consultants ou des collectivités pour une implantation économique ou familiale. Nous voulons montrer que nous sommes respectueux de la décision des Britanniques, aussi lourde de sens soit-elle, mais que se tourner vers les Hauts-de-France est une décision gagnante, que c’est un territoire pro-business. Cette campagne a été conçue avec les milieux économiques, elle n’est pas politique.

P.L.G. :Peut-elle bénéficier à l’ensemble du territoire ? X.B. :Evidemment ! Il ne s’agit pas uniquement de promouvoir la Métropole de Lille ! Amiens, Arras, Calais par exemple, ont déjà fait part de leur intérêt pour entrer dans cette démarche. En tant que région, nous proposons quelque chose, mais si une communauté d’agglomération ou une métropole veut aller plus loin, elles sont les bienvenues !

P.L.G. : Quels sont les premiers retours? X.B. : Nous avons aujourd’hui déjà des demandes liées au business, des partenariats majoritairement. La grande surprise c’est la sollicitation de contacts indiens qui visiblement étaient sur la logique de s’établir au Royaume-Uni et qui se disent avec le Brexit qu’ils vont regarder l’Europe, la France et donc les Hauts-deFrance. 30% des contacts proviennent d’investisseurs, d’entrepreneurs indiens. Cela veut vraiment dire que nous avons vocation à renforcer l’attractivité de la région vis-à-vis de ce pays.

P.L.G. : Aujourd’hui, « Welcome Home » se décline sous la forme d’un site Internet, d’un clip, mais aussi d’une campagne d’affichage dans le métro londonien et dans les médias. Des sets de table ont même été disposés dans des restaurants de la City. Une suite est-elle prévue? X.B. : Bien sûr ! Nous allons vers une campagne permanente. En plus de l’ouverture prochaine d’un bureau à Londres, où seront organisés un certain nombre d’évènements et où l’on pourra diffuser les arguments en faveur de la région, nous allons lancer une association des entreprises britanniques dans la région. Nous sommes également en train de réfléchir à d’autres personnalités, qui comme James Anderson, pourraient devenir des ambassadeurs des Hauts-de-France.