L’Atelier encré : le goût des belles choses

Publié dans le numéro 3650 par

 

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Dans son studio letterpress, Marion Stich s’applique à donner vie à ses créations originales.

Avec son Atelier encré, Marion Stich ressuscite l’artisanat de la papeterie à l’aide de vieilles presses en fonte. Sa gamme de carterie comme son service personnalisé de faire-part satisferont celles et ceux qui aiment le luxe des choses simples mais bien faites.

Si son nom fuse comme un boulet de canon, c’est l’opiniâtreté qui caractérise Marion Stich. La jeune Alsacienne, qui a pris racine dans l’Oise voici sept ans, sait que le temps et la patience président toujours à la naissance des belles choses. Tête bien faite, cette diplômée de l’Esad d’Amiens (École supérieure d’art et de design) sentait monter la frustration au milieu des packagings de grandes marques. De son passage dans l’imprimerie, elle concède qu’il lui aura apporté rigueur et connaissances dans la colorimétrie. « Mais je voulais un travail qui me permette de conjuguer bagage technique, savoir-faire et créativité, et puis j’avais envie d’aller à contre-courant de cette société où l’on va à toute allure », explique-t-elle. Alors ce job sur mesure, elle se l’est offert en créant L’Atelier encré. Une carterie à l’ancienne produite sur de vieilles machines en fonte qui gravent avec noblesse lettres et dessins originaux sur papier buvard. Un artisanat à des années-lumière du numérique et de Photoshop, car Marion pédale pour activer ses presses. Ici, le mot papeterie prend tout son sens : le moelleux du papier, les encres captives composent un objet unique qu’on a envie de garder longtemps.

Des presses trouvées sur le Bon Coin

« J’utilise du papier feutre de laine, du papier amoureux à 35% de coton pour que l’encre ne fuse pas, ou encore du papier 100% coton. Je prends peu d’encre pour l’impression, sans bain de solvant. Pour le moment, pas d’encres écolos car celles-ci ne sont pas stables », précise Marion. Il lui aura fallu beaucoup de détermination pour constituer son studio letterpress, sa « fine équipe » comme elle dit, composée de Karl, un massicot teuton acheté en Alsace, Victor, une presse anglaise construite en 1900, et Le Progrès, une presse française à platine datant de 1873. Disposant d’un petit budget, la jeune femme a fini par trouver son bonheur sur Le Bon Coin : « Quelqu’un vendait tout un atelier. » Pour les rénover, elle a dû recourir au système D : « J’ai même appris à produire l’électrolyse pour dérouiller les pièces. » Chaque mois, elle se rend en Alsace où résident ses machines, le temps d’achever la construction de son atelier dans l’Oise.
Du sur-mesure à la carterie

Créé en septembre 2015 et mis entre parenthèses le temps d’accoucher en juin dernier d’un petit garçon, L’Atelier encré maîtrise la quasi-totalité des étapes, de la création à la fabrication. « Je fais juste réaliser le tampon encreur par une entreprise de photogravure. Avec la presse, les clichés rigides permettent d’obtenir cette impression en creux comme autrefois. » Si la technique est ancestrale, Marion Stich se défend d’être passéiste. Ses carnets de croquis en témoignent : tout l’inspire. Et elle adore se mettre à l’écoute des clients pour faire du surmesure : faire-part, invitations, mariages… « Je vends sur A Little Market et Etsy, ainsi qu’à la librairie SaintPierre à Senlis et Entre les lignes à Creil. » Marion dispose aussi de points de vente à Strasbourg et Mulhouse où elle se rendra pour deux marchés de Noël. « Je serai également à la soirée « Sous les étoiles de Senlis » le 9 décembre et au Salon des métiers d’art et d’artisanat de Beauvais. » La jeune maman fourmille de projets, au premier rang desquels figure le rapatriement de ses précieuses machines pour fin 2017. « Je veux augmenter le nombre de points de vente, développer les gammes naissance et faire-part, ainsi que la carterie », conclut-elle.