500 places en boucherie à pourvoir en Hauts-de-France

Publié dans le numéro 3652 par

 

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D’après un décompte du conseil régional, 500 postes de boucher sont actuellement à pourvoir dans la région. Si les formations font en majorité le plein, beaucoup de postes restent encore vides. 

Afin de répondre aux besoins de recrutements, la région a imaginé un cycle organisé en deux temps : d’abord un pré-module en centre de formation et ensuite quatre modules en formation alternante. 120 demandeurs d’emplois venant de Laon, Arras, Tourcoing, Calais et Prouvy ont été identifiés pour suivre cet apprentissage. À Amiens, à l’Iream, la filière boucherie compte cette année 115 apprentis. « Un beau chiffre », d’après Nicolas Vincenzi, responsable du pôle alimentaire. Cependant, pour la première fois, 70 postes restent à pourvoir. « Nous n’arrivons pas à faire se rencontrer l’offre et la demande », explique-t-il. La mobilité des plus jeunes pose un véritable problème. « Nous sommes sur un territoire très rural, ce n’est pas évident pour quelqu’un de 16 ans de se déplacer. Avec les horaires que nécessite le métier, les transports ne collent pas forcément », complète-t-il. En plus du CAP boucher qui s’effectue sur deux ans, l’Iream propose un brevet professionnel et un CAP charcutier traiteur. Beaucoup d’apprentis se forment sur les deux métiers.

Un métier d’avenir

Dans le laboratoire entièrement rénové grâce au soutien de la région il y a un peu plus d’un an, une dizaine d’apprentis s’exerce au désossage. « Cette viande nous est prêtée, elle est préparée ici et renvoyée sous vide pour être vendue », raconte Sébastien Llamas, boucher et enseignant à l’Iream depuis un peu plus d’un an. Chaque mois, des contrôles sanitaires sont effectués et tous les apprentis apprennent dès leur arrivée les règles drastiques d’hygiène. Parmi eux, Wilfried Carle, 34 ans, en reconversion professionnelle, a intégré cette formation en septembre dernier. « Avant j’étais technico-commercial dans l’alimentation animale. L’entreprise a fermé et nous avons tous été licenciés pour raison économique », résume-t-il. Pour lui, la boucherie s’est imposée naturellement. « Je tuais déjà des cochons, ce métier me plaît, je me sens bien », confie-t-il. Pas de surprises donc en intégrant ce CAP qu’il effectue en un an. En stage à l’intermarché de Roye, il sera embauché directement à l’issue de sa formation. « C’est hyper rassurant, mais il faut s’habituer à recommencer une nouvelle vie. Parfois, je dis aux autres de faire ci ou ça, sauf que maintenant, ce n’est plus à moi de donner des directives ».

Avoir la fibre

Si le secteur recrute, la boucherie n’est pas un domaine comme les autres. « On ne vient pas dans ce métier par défaut. Il faut avoir envie », prévient Sébastien Lamas. « En début d’année, on voit tout de suite les apprentis qui ne sont pas faits pour ça. Boucher c’est un métier difficile, où il faut être rigoureux, se plier à des horaires compliqués, où l’on travaille les week-ends et les jours fériés et où les salaires ne suivent pas toujours », ajoute-t-il. En tout début de carrière, un boucher perçoit au minimum, aujourd’hui, un salaire de 1 550 euros net. Une somme qui peut rapidement grimper et atteindre entre 2 500 et 3 000 euros net. « Il faut savoir se vendre et puis, dans le sud d’où je viens, il manque tellement de bouchers que les salaires ont augmenté », assure le professionnel.