La région aide les pêcheurs

Publié dans le numéro 3645 par

 

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Un fonds d’urgence a été débloqué par la région Hauts-de-France pour aider les pêcheurs dans le besoin. Il est de 250 000 euros. Les pêcheurs à pied de la baie de Somme sont aussi concernés.

Raréfaction du poisson, diminution des quotas, en particulier pour la sole, augmentation du prix du carburant, météo défavorable… La pêche, secteur important des Hauts-de-France avec près 1 000 emplois embarqués, connaît des difficultés depuis 2013. À cela s’ajoute un manque devisibilité sur l’avenir en raison du durcissement de la règlementation européenne et des conséquences du Brexit sur la possibilité de continuer de pêcher dans les eaux britanniques.

Cellule de veille Afin d’aider les professionnels, notamment les artisans fileyeurs de Boulogne-sur-Mer, la région Hauts-de-France a décidé de créer un fonds d’urgence de 250 000 euros. Une cellule de veille est mise en place par la sous-préfecture de Boulogne-sur-Mer. Elle est chargée d’analyser la situation etd’étudier les demandes d’aide des entreprises de pêche, en relation avec la région. Une partie du fonds bénéficiera par ailleurs aux 336 pêcheurs professionnels à pied, sous formed’allègement du montant de leur licence, soit une enveloppe de 50 000 euros. Principalement concentrés dans la baie de Somme, les pêcheurs à pied sont confrontés depuis deux ans à unesurmortalité des coques, avec des volumes divisés par sept en une seule année. Consolation, cetteannée le Comité régional des pêches a accepté la réduction de la taille de capture de la coque en baie de Somme de 30 à 27 millimètres.

Satisfaction Les professionnels de la pêche se disent en majorité satisfaits de ces mesures. « Elles sont importantes, reconnaît Renée Michon, présidente des pêcheurs à pied professionnels des Hautsde-France. C’est toujours ça en moins à débourser, ce n’est pas une somme insignifiante. Nous n’avons démarré la pêche aux coques au Crotoy que le 2 novembre. Les quotas sont de 120 kilos par jour. J’ai demandé une augmentation car les prix, à 2 euros le kilo, sont bas. Nous espérons travailler jusqu’à Noël. »Durant trois semaines, les professionnels ont ramassé des coques à Fort-Mahon. Les quotas étaient de 60 kilos par jour, une misère pour les professionnels pour qui les coques représentent 80% des revenus annuels. Ils complètent avec les moules de bouchot et/ ou les végétaux comme les salicornes. « C’est la première fois que de telles mesures sont prises pour nous, s’étonne Renée Michon. C’est déjà un pas de reconnaître que dans la profession, il y a des difficultés. L’idéal serait vraimentd’avoir de la marchandise et de ne pas avoir à chercher des aides. » Comme tous ses confrères, elle est triste de voir partir les coques vers l’Espagne. « Elles reviennent transformées en France, moins cher que si elles l’étaient en France. Nous sommes étouffés par les normes européennes et françaises », regrette-t-elle tout en nourrissant la possible mise en serviced’une telle usine sur les côtes des Hauts-de-France, un jour…