Nohvisol, des matériaux alternatifs pour le BTP

Publié dans le numéro 3635 par

 

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Une des étapes de la construction, avec un mur brut à la sortie du décoffrage.

Daniel Mouton lance Nohvisol en juillet 2010, après une riche carrière dans de grands groupes de BTP, notamment Bouygues et Eiffage. Stimulé par les conclusions du Grenelle de l’environnement (réduction énergétique, meilleure isolation et réduction des gaz à effet de serre), il décide d’entreprendre un projet « qui permettrait de construire et concevoir différemment à l’horizon 2020 ».

Novhisol veut apporter une réponse quasi-immédiate au « remplacement des matériaux minéraux tels que le sable ou les cailloux, dans le but de concevoir des bétons à haute performance d’isolation thermique », affirme Daniel Mouton. Son objectif est double : d’une part, réaliser un béton dont les performances d’isolation thermique induiront une réduction de chauffage du bâtiment, avec pour intention de diviser par dix la facture énergétique tout en ayant un impact en cascade sur l’utilisation des CO², et, par sa R&D sur l’utilisation de déchets végétaux et écologiques, se préparer à répondre à la future réglementation thermique européenne (RBR 2020) dont la mise en œuvre est planifiée à l’horizon 2020. En dernier lieu, le recours aux déchets de Nohvisol permettra la construction de bâtiments sans surcouts.
Pour tous types de bâtiments Novhisol s’adresse à toute structure abritant une activité humaine (bureaux, hôpitaux ou logements, etc.). Si la cible principale reste les programmes de constructions conséquents (bailleurs sociaux, bâtiments tertiaires de bureaux et hospitaliers), donc les groupes ayant de grandes capacités de mise en œuvre, l’entreprise cible actuellement les particuliers. Comme l’indique Daniel Mouton, les atouts de Novhisol sont d’usiner des murs de préfabriqués, de concentrer toutes les tâches inhérentes au métier (menuiserie, façade, pose d’échafaudages de chantier) et de réduire drastiquement grâce au contrôle immédiat en usine, les aléas de chantier que sont les malfaçons. L’entreprise est l’unique acteur à s’être positionné sur ce créneau, « les grands groupes délaissant cette solution par choix », assure le gérant. L’entreprise qui bénéficie du soutien économique de la région via l’Agence régionale d’innovation (ARI), ainsi que d’un ensemble d’intervenants tel que l’Ademe, est actuellement présente sur deux projets, dont les acteurs sont principalement samariens et régionaux. Le premier de réseau de sites démonstrateurs, en partenariat avec le pôle Industrie agro-ressource (IAR), vise à mettre en place des structures entre le monde agricole et le bâtiment-construction. Le second projet initié par l’Ademe consiste lui à développer et organiser une filière sur la paille de colza – une ressource végétal et agricole économique qui se renouvelle annuellement, contrairement au forestier (dix ans) – pour une utilisation destinée au bâtiment. À terme, et après la certification, Novhisol qui compte actuellement 16 collaborateurs (après accréditations) souhaite développer une unité de production de 6 000 m²,  tout en gonflant les effectifs jusqu’à 150 salariés pour atteindre son rythme de croisière.