CEFF, un modèle de Scop

Publié dans le numéro 3632 par

 

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Philippe Millon est le directeur général de CEFF.

Fondée en 1978, l’entreprise Courants électriques forts et faibles (CEFF) poursuit son ascension.

Le capital appartient aux salariés. Ce sont eux qui désignent par élection les membres du conseil d’administration qui à son tour, désigne président et directeur général. Tout le monde peut se présenter : personnels de chantier, techniciens d’études, responsables d’affaires, etc. Les salariés sont embauchés pour occuper un poste et au bout de deux ans ils se présentent comme actionnaires sociétaires. Chaque mois, ils reversent 4% de leur salaire au capital, jusqu’à atteindre 50% de leur salaire annuel au bout de dix ans. Le partage du profit est le suivant : chaque année, 70% du résultat de l’entreprise est distribué en participation, 15% en dividendes et 15% en réserve impartageable qui va contribuer à consolider les fonds propres et assurer la pérennité de la société », explique Philippe Millon, son directeur général. Les co-entrepreneurs sont rémunérés pour leur travail et leur apport en capital, mais à leur départ de l’entreprise ou à leur retraite celui-ci leur est remboursé sans plus-value. Les Hauts-de-France comptent 135 Scop, employant 5 850 personnes, de tous secteurs d’activité. Une Scop, c’est une société coopérative de forme SA, SARL ou SAS dont les salariés sont les associés majoritaires, détenant au moins 51% du capital social et 65% des droits de vote. Si tous les salariés ne sont pas associés, tous ont vocation à le devenir. Elle travaille aujourd’hui avec une soixantaine de clients de l’industrie et du tertiaire intervenant dans les domaines de l’aéronautique, de la chimie, de l’industrie pharmaceutique, de la cosmétique, de l’agroalimentaire. Celle-ci a fait des choix déterminants à sa création.

Progression constante La réussite de CEFF s’explique par la formation permanente du personnel. Celle-ci est en moyenne de quatre fois l’obligation légale. Un des objectifs est de diminuer le nombre d’accidents et leur gravité. L’entreprise a donc développé des audits afin d’améliorer en permanence la prévention : respect des règles législatives, lutte contre les addictions, intégration des consignes de sécurité dans toutes les phases de réalisation des prestations. L’entreprise a obtenu de nombreuses certifications.Son cœur de métier – la distribution électrique, les courants faibles, l’électricité industrielle et les automatismes– l’a conduite, après la vallée de l’Oise, à se développer en région parisienne, chez les grands donneurs d’ordre. Philippe Millon parle de l’avenir : « Nous avons comme axe de développement l’ouverture d’une agence en Normandie, près du Havre. Nous avons racheté des entreprises, comme EMIP à Nesle et tout récemment TITC à Ham, afin d’avoir une offre globale à proposer à notre clientèle que nous souhaitons enrichir dans d’autres secteurs d’activité. Nous évoluons en permanence. » CEEF emploie 140 personnes, réalise en 2015 un chiffre d’affaires de 18 millions d’euros. Elle va renforcer son bureau d’études avec des embauches. Dans cette entreprise, tout est partagé : argent, risques et efforts.