Le député-maire Éric Woerth chez Alain Bourson, le tailleur de pierre

Publié dans le numéro 3626 par

 

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Mieux qu’une visite, du "vrai" terrain pour le député-maire de Chantilly, ici en compagnie d’Alain Bourson

Dans le cadre de l’expérience Vis ma vie permettant à un politique de partager le quotidien d’un entrepreneur le temps d’une journée, le CJD Sud-Oise a organisé la rencontre entre le député-maire de Chantilly et le tailleur de pierre Alain Bourson, dans son entreprise de Gouvieux. Match retour le 27 juin à l’Assemblée nationale.

Lancée en 2014, l’initiative du CJD a fait florès puisque plus de 25 députés ont depuis tenté l’expérience dans toute la France. Malgré un emploi du temps chargé (il avait passé la matinée à l’Assemblée nationale), Éric Woerth a réussi à bloquer un après-midi pour honorer son engagement. Certes, une petite entorse au principe de l’expérience chapeautée par le CJD, mais il a joué le jeu et c’est là l’essentiel. « L’idée, très simple, inspirée de l’émission de télévision, est de créer un pont entre des gens qui ne se connaissent pas : le monde des politiques et celui des entrepreneurs. Les élus sont souvent déconnectés des réalités du terrain, ils ignorent le monde de l’entreprise. Quant aux entrepreneurs, ils ont souvent des préjugés sur le monde politique », confiait Vincent Bretin, président du CJD Sud-Oise. Un point partout donc. Encore qu’Éric Woerth connaissait Alain Bourson. Comment en serait-il autrement ? L’entreprise Bourson & Fils, qui existe depuis 1901 et quatre générations, est une quasi-institution dans la région. Côté carte de visite, on tutoie l’excellence : restauration de monuments historiques, marbrerie décorative, sculpture, aménagement de luxueuses caves à vin, marbrerie funéraire. Si l’entreprise s’est dotée d’outils performants (machines à commandes numériques, laser de copiage, logiciel 3D) pour accompagner sa croissance, elle met en œuvre un savoir-faire séculaire : sa participation à la renaissance de l’Arès Borghèse dans le parc du château de Chantilly ou sa récente livraison de colonnes à l’opéra Garnier peuvent en témoigner.

Les deux pieds (bottés) dans le concret Prudemment équipé de bottes de caoutchouc, le député de la 4e circonscription a bénéficié d’une immersion totale : 1 000 m2 d’ateliers gorgés de blocs de pierre aux allures de ruche assourdissante noyée dans la poussière, sans oublier cette boue claire nappant les abords tel un magma. Bref, du « vrai » terrain. « Cela n’a rien à voir avec une visite en entreprise où l’on ne fait que passer », reconnaissait-il. D’autant que ce jour-là, les circonstances avaient bien fait les choses. Éric Woerth était aux premières loges pour voir cette entreprise de 36 salariés aux prises avec son quotidien : problèmes de mutuelle à la source ou de poste de marbrier à pourvoir en urgence. « Nous n’avons pas réussi à trouver de personne qualifiée, même en intérim », se désolait-on chez les Bourson. Le députémaire a pu également s’essayer à la technique du tracé en 3D sur ordinateur. Très concentré durant l’exercice, l’ancien ministre du Budget a vite retrouvé ses préoccupations une fois son tablier rendu, les manifestations contre la loi El Khomri occupant en effet toutes ses pensées. Dans quelques semaines, Alain Bourson pourra endosser les habits de député tout en jugeant de la pérennité de son travail, car il y a aussi du Bourson & Fils sous les ors du Palais-Bourbon…