Jobs d’été : la course est lancée

Publié dans le numéro 3619 par

 

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Plus d’un projet de recrutement sur deux (53,6%) dans la restauration en NordPas-de-Calais-Picardie est un projet d’emploi saisonnier.

Chaque année, avant l’été, les étudiants viennent frapper à la porte des entreprises qui elles doivent faire face à des absences, une augmentation de la demande ou une activité saisonnière. Pour trouver la perle rare, mieux vaut s’y prendre dès maintenant. 

On connaît un pic des demandes en ce moment. » Fathia Chehiret, responsable du recrutement au Parc Astérix, situé à Plailly dans l’Oise, fait référence aux curriculums vitae des étudiants qui s’entassent en vue de la période estivale. Le mois d’avril annonce le début des grandes manœuvres pour les étudiants et saisonniers en vue de décrocher un contrat pour l’été. La Picardie n’y échappe pas. Près de 17 407 projets d’emplois saisonniers sont prévus sur les trois départements au cours de l’année 2016 selon l’enquête Besoins en main d’œuvre réalisée par Pôle emploi avec le concours du Crédoc. Cependant, il faut différencier le contrat saisonnier – qui est lié à une activité appelée à se répéter chaque année indépendamment de la volonté de l’employeur et pouvant ne pas comporter de date précise d’échéance –, et le simple contrat à durée déterminé en rapport à un surcroît d’activité ou un remplacement.

Quand la renommée fait le travail « Sur les jobs d’été notre notoriété fait que nous avons beaucoup de candidats, car ils savent que le Parc Astérix
va avoir un pic d’activité l’été », se réjouit Fathia Chehiret. En 2015, la responsable recrutement a vu arriver près de 25 000 profils différents en versions mail, papier et sur le site Internet de recrutement du parc d’attractions. « Cela reste des postes assez simples à pourvoir, mais je pense qu’en terme de volumétrie c’est plus compliqué pour les petites structures », poursuit Fathia Chehiret. Lorsque la renommée n’est pas au rendez-vous, c’est par le système le plus simple que cela fonctionne. « Les gens travaillent d’une année sur l’autre par le bouche à oreille et réussissent à constituer leurs équipes, décrypte Christophe Pernet, président du Groupement des employeurs de main d’œuvre au sein du Syndicat général des vignerons. Après, cela dépend des périodes, mais on va être sollicité par des étudiants. Lorsque nous vendangeons début septembre, c’est le cas », poursuit-il. Cependant, les entreprises peuvent se retourner lorsque cela ne fonctionne plus.

Les relais sur le terrain « Ça commence à arriver », rapporte Jennifer Leroy, assistante relations entreprises au sein du campus Compétence et Développement à Amiens, à propos des annonces déposées par les entrepreneurs en vue des remplacements d’été. Ce campus d’étudiants n’est pas le seul à pouvoir relayer les besoins en main d’œuvre. « Cela fait 22 ans, que l’on organise le salon Journée jobs d’été dans toute la Picardie. Depuis 5-6 ans, la fréquentation est en hausse. Cette année, nous l’avons même étendu au Nord-Pas-deCalais suite aux demandes d’entrepreneurs de Valenciennes et de Lille », détaille Sonia Hennouni, chargée emploi au Centre régional d’information jeunesse (Crij) à Amiens. Ce type d’événement, comme ceux organisés par les Missions locales, sont un moyen de préparer en amont son recrutement pour un entrepreneur. Pour les besoins de dernière minute, il y a toujours la solution intérim. « On essaye de se constituer un vivier d’étudiants avant chaque été afin de pourvoir à ce type de demande mais elles sont ponctuelles et ciblées sur des postes peu qualifiés », explique Ingrid Guichard, directrice de l’agence Adecco PME à Amiens. Pôle emploi est également un recours, mais la direction picarde met en évidence le nombre restreint d’étudiants de part le fait que ce ne sont pas des demandeurs d’emploi inscrits.

À la recherche de main d’œuvre Dans le sud de l’Aisne, comme dans le reste du vignoble champenois, le besoin en main d’œuvre est fort. Cela
représente près de 120 000 personnes par an réparties sur 35 000 hectares. Ces emplois de courte durée localisés loin des grands centres de vie rencontrent parfois des difficultés pour être pourvus. « Depuis deux ans, il n’y a plus d’avantage à postuler pour ce type de contrat. On se retrouve avec des étrangers venus de Hongrie, Roumanie et d’Europe de l’Est. Ce n’est pas encore le cas dans les petites maisons mais cela tend à s’amplifier », révèle Didier Kohler, vice-président du Syndicat général des vignerons pour le département de l’Aisne.
Cela fait près d’une dizaine d’année que le phénomène se développe dans les vignes champenoises, selon Didier Kholer. Les problèmes de fiscalité sont en cause. Avec cette méthode, les charges sociales sont payées dans les pays d’origine. Pour rappel, les jeunes de 18-34 ans étaient près d’un quart en France (23%) à avoir l’intention de décrocher un job d’été en juin 2015 selon un sondage BVA pour 20 minutes et Leboncoin. Beaucoup trouverons leur bonheur, sans pour autant connaître des pics de demande.

Alexandre BARLOT