Immobilier : des disparités dans la région

Publié dans le numéro 3619 par

 

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Le marché de l'ancien a connu une belle progression entre 2014 et 2015, surtout dans le Nord et dans l'Oise

Le Crédit Foncier dévoile ses derniers chiffres sur l’immobilier dans la région. Côté résidentiel, l’année 2016 semble prometteuse sur tout le territoire avec des ventes à la hausse. Côté entreprises, l’écart se creuse entre Lille et Amiens.

Taux d’emprunt historiquement bas, prix stables depuis des mois… Toutes les conditions sont réunies pour que le marché de l’immobilier, qui a beaucoup souffert de la crise économique, reparte à la hausse. Les chiffres du Crédit Foncier, présentés fin avril au siège de la Caisse d’Épargne Picardie, confirment cette tendance. Le marché résidentiel du neuf en Hautsde-France est le seul à afficher une légère baisse : – 6,% pour les logements commencés et – 6,1% pour les permis de construire. « Lille et Valenciennes sont les deux moteurs de construction de logements neufs. Dans l’ancienne Picardie, Amiens et Beauvais sont les deux secteurs qui tirent leur épingle du jeu », note Damien Léger, directeur régional des expertises au Crédit Foncier Immobilier Expertise. Côté ancien, l’activité a nettement progressé entre 2014 et 2015 (+ 15,5% dans le Nord, + 8% dans la Somme) mais affiche de fortes disparités. « Le département du Nord concentre à lui seul 42% de l’activité. L’Oise arrive en seconde position avec 24%. La Somme et l’Aisne sont les moins dynamiques », poursuit Damien Léger. En termes de prix, Lille apparaît comme la locomotive régionale.

Une maison ancienne y coûte en moyenne 227 451 euros contre 183 715 euros pour l’ensemble de la région. Pour les appartements, les secteurs les plus prisés sont le Vieux-Lille, Lille-centre et Vauban-Esquermes. À Amiens, les acquéreurs se tournent vers le centre, Henriville, Sainte-Anne et le sud. Ces secteurs sont aussi les plus coûteux avec des prix variant entre 249 000 et 275 000 euros pour les maisons anciennes.
Lille plus dynamique qu’Amiens Avec 175 564 m2 de bureaux loués ou vendus en 2015, le marché de l’immobilier de bureaux lillois est le deuxième plus dynamique de France juste derrière Lyon. « Cela témoigne de l’attrait de la ville pour les entrepreneurs et investisseurs », se félicite Damien Léger qui cite l’exemple d’opération récentes comme l’installation du Rectorat de l’académie de Lille (5 580 m2) et de SNCF Mobilités (4 000 m2) à Euralille. L’expert décrit un marché « de grandes surfaces » mais émet un bémol sur le stock disponible : « Le neuf est en souffrance avec trop peu de projets et le stock de seconde main est très important. Les données les plus pessimistes évoquent un stock de près de 300 000 m2, dont beaucoup de produits de seconde main peu qualitatifs. » À Amiens, le marché locatif est plutôt réduit. « Il est tourné vers des surfaces petites, inférieures à 150 m2. À noter toutefois la prise à bail d’Eovi MCD Mutuelle (1 340 m2) et de la Caf 80 (680 m2) dans l’immeuble Le 5 en face de l’Esiee. » Le marché de l’investissement lillois se porte bien lui aussi, avec 208,8 millions d’euros investis en 2015* dont 45 millions d’euros pour des locaux de 14 800 m2 acquis par Union Investissement en Vente en état futur d’achèvement (VEFA). Dans l’ancienne capitale picarde, le montant investi pour la même année est inférieur à 50 millions d’euros.

Loretta RIZZUTO