Crise économique : de nouvelles formes d’emploi émergent

Publié dans le numéro 3601 par

 

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Les formes particulières d'emploi forment un maillon essentiel de la flexibilité du marché du travail

Les formes particulières d'emploi forment un maillon essentiel de la flexibilité du marché du travail

Le modèle de l’emploi salarié à temps plein et à durée indéterminée comme norme d’emploi est de moins en moins vrai. Le développement rapide des formes particulières d’emploi dans les années 1980 et 1990 en est le symbole visible. Mais la crise économique débutée en 2008 marque une nouvelle étape, comme le montre une récente étude de l’Insee, réalisée en partenariat avec la Direccte. Celle-ci révèle que la Picardie est particulièrement touchée par le phénomène. Contrats à durée déterminée, missions d’intérim, apprentissage et emplois aidés y sont très présents sur le marché de l’emploi, surtout dans les secteurs de l’industrie, du commerce et de la construction.

Intérim et contrais aidés très présents

Les formes particulières d’emploi représentaient dans la région 14% des heures salariées en 2010. En cause, l’intérim et les contrats aidés, particulièrement développés sur le territoire. « L’intérim est typique de l’industrie, premier secteur impacté par la crise et qui représente 18% de l’emploi salarié dans la région. Cette forme d’emploi est donc significative à Compiègne, dans la Thiérache et le Vimeu où la métallurgie est très présente », note Martial Maillard, chef de projet à l’Insee. Avec un taux de recours à l’Interim de 3,5% contre 2,8% au niveau national, la Picardie se hisse au 4e rang.

Elle gagne encore une place pour ce qui concerne le recours aux emplois aidés. « Ils sont fortement mobilisés dans la région du fait d’un taux de chômage parmi les plus élevés, environ 11,5% à la mi 2015. Les zones les plus concernées sont la Thiérache, Tergnier, Laon et Abbeville », note Martial Maillard.

Des formes d’emplois plus précaires

L’étude de l’Insee révèle par ailleurs que les salariés en forme particulière d’emploi sont moins diplômés et occupent le plus souvent des emplois d’ouvriers, notamment non qualifiés, ou d’employés. « En Picardie, ces emplois concernent 5% des cadres contre 33% d’ouvriers non qualifiés », précise Cédric Tassart, chargé d’études à l’Insee Picardie. Les jeunes sont davantage touchés, avec 40% des salariés en contrat court. Entrecoupés de périodes de chômage, ces emplois courts procurent des revenus annuels moins élevés, qui pèsent à leur tour sur les conditions de vie de ces actifs et freinent l’accès à l’autonomie des plus jeunes.

« En intérim ou en CDD, les salaires annuels nets médians sont globalement inférieurs de moitié à ceux des salariés de même catégorie socio-professionnelle en emploi stable », poursuit le chargé d’études. Enfin, l’étude montre que ces salariés occupent toujours, à 68%, un emploi de la même forme sept mois après. Seuls 4% déclarent être en CDI à temps plein à l’issue de cette période.