Rasoirs BIC : un tiers de la production mondiale assuré dans l’Oise

Publié dans le numéro 3596 par

 

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Une des machines d’assemblage.

Une des machines d’assemblage.

En 1953, le baron Bich produisait plus de 250 000 stylos Bic jetables par jour. En 1958, après avoir acquis la compagnie américaine Waterman, les ventes passent à 330 millions de stylos par an. Bic est le plus grand vendeur de stylos à bille au monde et se positionne parmi les leaders des produits de papeterie en rachetant Comté. En 1972, Marcel Bich reprend le fondement du jetable et se lance dans la production de briquets jetables, à Redon, (Ille-et- Vilaine), pour en devenir le leader mondial avec 50% du marché. C’est en 1973 que BIC rasoirs s’implante sur le site de Longueuil-Sainte-Marie, son fondateur ayant une propriété à quelques kilomètres de là. C’est la seule usine de rasoirs BIC en France. En 1975, il se lance dans le rasoir jetable. À l’époque, la superficie de l’usine de Longueuil était de 12 000 m2 , répartis en trois bâtiments. L’usine est certifiée ISO et Ohsas. La fabrication concerne exclusivement les rasoirs, avec les lames, le moulage des pièces plastique, l’assemblage, l’emballage et le conditionnement pour l’expédition. 200 salariés confectionnent les différents modèles. Aujourd’hui, le site comprend 20 000 m2 d’entrepôts.

Nouvelle extension en 2016
Anne Léger, directrice du site, fait la visite et explique : « C’est un produit qui doit toujours être réinventé. Nous devons trouver des matériaux toujours plus performants. Nos clients sont exigeants : ils veulent un rasage de près, rapide en exécution et sans risques de coupures. Savez-vous que le fil de la lame est l’objet le plus petit fabriqué par l’homme ? Nos machines – nous avons 400 presses, dont les moules ont été développés en interne – tournent 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Tout est calibré, millimétré, car ce produit d’hygiène quotidienne ne supporte aucune imprécision. Même si le produit est simple, le process est complexe. L’acier est chauffé à 1 100 degrés, puis affûté avec une précision chirurgicale. Le fil de la lame est alors 3 000 fois plus fin qu’un cheveu et est grossi 50 000 fois afin d’être certain de sa perfection ! Le contrôle qualité s’exerce à plus de vingt reprises. Les restes des matériaux les plus utilisés sont recyclés. » Il y a également un contrôle des machines de production toutes les deux heures. Numéro 2 mondial du rasoir, BIC doit composer avec une concurrence acharnée. Pour y pallier, l’usine doit accroître sa production de lames pour alimenter l’entreprise BIC implantée à Athènes où il y a le centre de R&D. La construction d’une extension des bâtiments est d’ailleurs prévue dès 2016, pour une inauguration en 2017. 6 millions d’euros ont déjà été investis pour moderniser le site. Cet agrandissement permettra l’embauche de personnel. Anne Léger se désole cependant de « ne pas trouver sur le marché du travail de personnel ayant des compétences techniques. Nous sommes en perpétuelle recherche d’ingénieurs mécaniciens, entre autres métiers ».

3,5 millions de rasoirs jetables chaque jour
Près de 90% de cette production est destinée à l’export. Les deux autres usines de production sont en Grèce et au Brésil. Le Kenya assemble les pièces, reçues en vrac, de ces deux pays. Le rasoir jetable BIC est commercialisé dans plus de 160 pays ; 10 millions de pièces sont vendues chaque jour. La vente des premiers rasoirs avait commencé dans les bureaux de tabac. Bic a 25 usines dans le monde, réparties sur les cinq continents. Le chiffre d’affaires de la production de rasoirs augmentera de 5% en 2015.