Le grand canal s’invite aux Jeudis de l’entreprise

Publié dans le numéro 3594 par

 

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Le président de la communauté de communes du Pays Hamois Éric Legrand (à g.) a accueilli le président de la CCI de Péronne Jean-Pierre Leroux.

Le président de la communauté de communes du Pays Hamois Éric Legrand (à g.) a accueilli le président de la CCI de Péronne Jean-Pierre Leroux.

Durant la pause-déjeuner d’un des derniers Jeudis de l’entreprise, près de soixante personnes sont venues écouter Jean-Pierre Leroux, directeur de l’antenne de Péronne de la CCI Amiens-Picardie et référent du canal Seine Nord Europe pour la CCI. Cette réunion était l’occasion pour les chefs d’entreprises du Pays Hamois de connaître les futures retombées économiques autour de la construction du grand canal de 106 km, dont les travaux devraient démarrer en 2017.

Historique

« Ce grand canal, on en parle depuis les années 1960. Les premières études ont été réalisées en 1975. En 2011, Nicolas Sarkozy était venu à Nesle lancer le projet Partenariat privé public, remis en cause en 2012 », a rappelé Jean- Pierre Leroux. Une reconfiguration du projet a été présentée par le député du Nord Rémy Pauvros et validée en 2014 par le Premier ministre Manuel Valls. De 7 milliards d’euros en 2011, par le PPP, le coût du canal SNE a été revu à la baisse. Il est estimé à ce jour à 4,5 milliards d’euros en maîtrise d’ouvrage public. Le financement est réparti entre l’Europe qui participe à 40% – soit 1,8 milliard d’euros, l’État qui met sur la table 22% (1 milliard d’euros), et les collectivités qui participent également à hauteur de 22 avec un emprunt à 15,6% soit 0,7 milliard d’euros. Le directeur de l’antenne de Péronne de la CCI a rappelé que selon la loi Macron du 7 août 2015, la société de projet doit être créée au plus tard le 7 mai 2016, ce qui oblige boucler le projet pour fin 2015.

« Base arrière »

Pour ce chantier hors norme, ce sont 5 000 personnes qui seront directement employées. « Pour approvisionner le chantier, il faudra privilégier les accès en favorisant le recours au mode fluvial dès que la pertinence sera avérée. Le canal sera alimenté par l’Oise », a souligné Jean-Pierre Leroux et d’ajouter : « Le Pays Hamois sera un pôle de soutien des plates-formes multimodales environnantes, celle de Nesle étant la plus proche. Les territoires doivent être prêts pour accueillir les salariés, les bureaux d’études, la maintenance, les logements. Le pays Hamois sera une base arrière. »

Dans l’assemblée, des interrogations ont été soulevées, comme le caractère définitif du projet relancé. Le référent du canal à grand gabarit n’a pas hésité sur la réponse. « Techniquement, il n’y a pas de soucis, politiquement quelques élus remettent en cause le financement. » Quant à l’emploi sur le secteur, Jean Pierre Leroux a annoncé qu’un guichet unique allait être mis en place par Pôle emploi afin de former et de recruter le personnel. « La mise en service du canal est attendue pour 2023. Il faudra ensuite penser à l’après-canal », a conclu le président de la CCI.