Emploi et réseaux sociaux, la formule gagnante ?

Publié dans le numéro 3595 par

 

Vous devez être connectés pour visualiser cet article

Plus d’un Français sur trois (34,5%) déclare utiliser les réseaux sociaux pour chercher du travail durant l’année 2014.

Plus d’un Français sur trois (34,5%) déclare utiliser les réseaux sociaux pour chercher du travail durant l’année 2014.

Plus de 50 millions d’inscrits sur Linkedin dans le monde, un cap symbolique qui vient d’être franchi par ce réseau social professionnel américain lancé… en 2003 ! Ce colossal réseau permet de connecter entreprises et individus mais dans quel but ? Ce type de média constitue une vitrine pour les structures mais aussi un outil de repérage pour de potentiels candidats.

En 2013, 8% des sociétés de dix personnes ou plus implantées en France utilisent les médias sociaux dans leur processus de recrutement de personnel selon une enquête de l’Insee datant de juin 2015. Par comparaison, dans l’Union européenne, 9% des sociétés de dix personnes ou plus y ont recours.

Qui mobilisent les réseaux sociaux ?
Fait notable, les sociétés françaises citent le motif de recrutement du personnel sur ces médias davantage qu’ailleurs : 38% contre 30% dans l’UE en 2013. Mais derrière cette donnée se cachent des réalités différentes suivant les secteurs. La part des entreprises mobilisant les réseaux sociaux pour recruter varie grandement, atteignant 32% dans le domaine de l’information et de la communication, 14% dans celui des activités spécialisées scientifiques et techniques ainsi que 12% dans l’hébergement et la restauration. Parallèlement, les sociétés de l’industrie, de la construction et des transports font assez rarement usage des médias sociaux pour engager du personnel (3%).

En 2013, cet outil spécifique reste plus fréquemment utilisé par les grandes entreprises : elles sont 24% parmi les sociétés de 250 personnes ou plus. Parallèlement, 30% des personnes à la recherche d’un emploi mobilisent les réseaux sociaux dans leurs démarches, notamment les plus jeunes et les plus diplômés. En effet, en 2013, 14% des actifs âgés de 20 à 39 ans utilisent un réseau professionnel contre 7% chez les personnes de 50 ans ou plus.

Un marché en pleine explosion
Plus récemment, de nouvelles données révèlent que la pratique de recruter via les réseaux sociaux se développe. D’après une enquête menée par l’Usine Nouvelle auprès de 110 entreprises en novembre 2014, 82% des employeurs déclaraient utiliser les réseaux sociaux professionnels pour recruter, et 40,6% les réseaux sociaux généralistes. De plus, une étude Randstad publiée en mai 2015 et réalisée fin 2014 auprès de 12 000 personnes révèle plus d’un Français sur trois (34,5%) déclare utiliser les réseaux sociaux pour chercher du travail. Les réseaux cités comme les plus utilisés sont Facebook (55,9%), Linkedin (41,5%), Viadeo (34,4%), et Twitter (16,4%).

Ces derniers ont saisis l’importance de ce marché. Sur Twitter, une simple recherche du mot-clé “#job” fait apparaître jusqu’à trente offres d’emploi par minute. De son côté réseau de Mark Zuckerberg a lancé sa propre déclinaison « at work » en janvier dernier. Une tendance incontournable, même pour les acteurs de l’emploi en ligne comme Monster qui se positionne davantage depuis 2015 sur les réseaux sociaux : lancement de « Twitter cards » qui permet au recruteur de diffuser automatiquement ses offres faites sur le site également sur leur compte Twitter, l’opération « #Recrutezmoi » pour qu’employeurs et candidats se retrouvent autour d’un même hashtag dans un temps limité, sans oublier sa présence plus forte sur Facebook. Mais malgré un engouement réel pour ces réseaux, il ne faut pas éclipser les nouveaux usages qu’implique.

Un usage spécifique
Côté recruteurs, les réseaux sociaux permettent de lancer des campagnes d’embauches ciblées, chaque média ayant un usage particulier, par exemple Twitter pour repérer des profils digitaux, Facebook afin de communiquer sur ses valeurs et encore attirer les candidats juniors. Aujourd’hui, ce qu’on appelle l’empreinte digitale est devenue un critère de sélection. C’est pourquoi le candidat ne doit pas limiter sa présence à sa simple inscription sur Linkedin ou Twitter mais y être actif et se démarquer.

Outil de veille performants, les réseaux sociaux ont leur propres codes qu’il faut respecter pour rentabiliser sa présence et son investissement, car il s’agit d’un outil très chronophage pour le candidat. Ne pas  multiplier les relances et travailler par mots clés, en particulier dans son profil, devant être complet et sans faute, pour qu’ils puissent être trouvé par le recruteur. Décrocher un emploi via les réseaux s’avère souvent complexe, cependant l’outil constitue un passage obligé.

Réseaux sociaux, un outil complémentaire et une source d’informations

« La finalité des réseaux, c’est de se faire connaître », affirme Julien Gueguen.

« La finalité des réseaux, c’est de se faire connaître », affirme Julien Gueguen.

Consultant en charge des relations entreprises auprès de l’Apec, Julien Gueguen perçoit les réseaux sociaux d’abord comme un complément des outils classiques. « Ils permettent de diffuser des offres d’emplois, chercher des candidats et surtout de promouvoir sa marque employeur », explique t-il. Car si les réseaux sociaux font connaître les entreprises, ils constituent une source d’informations pour les candidats, près d’un sur deux peut renoncer à postuler en cas d’échos négatifs sur le Web. « Il est important pour une entreprise d’être présente sur les réseaux sociaux, mais de manière structurée en alimentant sa page, en ayant une image cohérente, etc. », souligne Julien Gueguen. Contrairement à une annonce papier et pour un budget moindre, ils permettent de toucher un maximum de personnes et de mieux cibler les candidats. Évoluant avec leur époque, les RH doivent intégrer cet outil selon l’expert, qui présentera le 10 décembre à Amiens un atelier intitulé : développer ses atouts employeurs sur le Web.

ANDRH Oise, au service de la profession
L’Association nationale des directeurs des ressources humaines a été fondée en 1947 avec pour ambition de se focaliser sur la place l’homme dans l’entreprise, en prenant en considération les objectifs de l’organisation et ceux des personnes. Dans l’Oise, le groupe rassemble plus de 80 professionnels des ressources humaines, allant de DRH confirmés à des jeunes de la fonction ou même des étudiants RH, présents dans l’ensemble du département. Présidé par Alain Raulo, intervenant à l’ESC Compiègne, le groupe réfléchit sur les grandes mutations de la profession par des échanges et des conférences. L’ANDRH a par exemple organisé cet été la conférence : « Réseaux sociaux et recrutement : évolution ou révolution ? » en partenariat avec SAP, leader des applications en entreprise. Les réseaux sociaux font ainsi figure de mutation incontournable de la profession y compris pour cet organisme, qui s’efforce de penser ce changement dans les RH.